Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

15 octobre 2002 - 57ème session de l’Assemblée générale - Examen du rapport annuel du Conseil de sécurité : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Madame la Présidente,

Je n’ai pas l’intention de passer en revue tous les sujets dont le Conseil de sécurité a traité au cours de la période couverte par le rapport qui est présenté aujourd’hui à l’Assemblée Générale.

Il m’a paru important toutefois de saisir cette occasion pour souligner les progrès accomplis au cours des derniers mois par le Conseil de sécurité, d’une part pour améliorer ses méthodes de travail et, d’autre part, pour accroître la transparence nécessaire de ses travaux et son ouverture. Je commenterai enfin plus spécialement l’action du Conseil de Sécurité sur deux sujets qui figurent dans l’introduction du rapport : les sanctions et la région des grands lacs d’Afrique.

Madame la Présidente,

Les méthodes de travail du Conseil de Sécurité sont en progrès rapide .

Le rapport à l’Assemblée générale pour la période du 16 juin 2001 au 31 juillet 2002 reflète bien cette évolution positive. Grâce aux travaux menés par le groupe de travail sur la documentation et les procédures, sous l’impulsion en particulier de la délégation de Singapour, la présentation du rapport annuel a été sensiblement améliorée comme l’ont relevé de nombreux orateurs. Le rapport qui vous est présenté est désormais plus concis et moins redondant avec d’autres publications des Nations-Unies. Son contenu est donc plus facilement accessible et plus utile.

Surtout, il comporte pour la première fois une introduction sur les questions de fond. C’est le fruit d’une rédaction collective des membres du Conseil, initiée par la délégation britannique, qui présente de façon synthétique les principales actions menées par le Conseil au cours de l’année passée. Sans être tout à fait la partie analytique que beaucoup souhaiteraient voir figurer au rapport annuel, cet ajout va dans le bon sens. Il pourra être encore amélioré l’an prochain. Pour reprendre la remarque de l’Ambassadeur Mahbubani au début de notre débat, le Conseil est donc peut-être encore une institution conservatrice, mais les progrès accomplis depuis sa création sont énormes et il convient de les reconnaître.

Le Conseil de Sécurité a de nouveau démontré au cours de l’année écoulée sa capacité à innover et à progresser dans l’organisation de ses travaux. Plusieurs présidences ont ainsi défini des objectifs mensuels, à la suite de l’initiative prise en ce sens par la délégation française en septembre 2001. De plus, des séances publiques de récapitulation mensuelles ont été plus souvent organisées, afin de faire le bilan des actions menées par le Conseil de sécurité et de recueillir les vues des membres de l’Assemblée générale. Ce début d’une culture d’évaluation de leur action par les membres du Conseil mérite d’être encouragé.

Les membres du Conseil ont poursuivi en 2001-2002 une politique de transparence sur leurs travaux, comme en témoigne le nombre record de réunions publiques au cours de la période considérée, qui ont permis des débats fructueux .

Madame la Présidente,

Plus que leur nombre, c’est la qualité de ces échanges qui importe. Leur interactivité peut encore faire l’objet de progrès. Nos débats publics répondent en tout cas aux attentes légitimes des membres de l’Assemblée d’être régulièrement informés sur les grands sujets de l’heure. A la demande des membres du Conseil, le Secrétariat procède aussi désormais régulièrement à des exposés publics sur la question du Moyen-Orient et sur l’Afghanistan, qui ont occupé une large part des travaux du Conseil depuis la publication du dernier Rapport annuel. Le débat public sur l’Iraq qui va commencer demain va permettre à tous les membres de faire valoir leurs vues sur ce sujet crucial avant toute décision du Conseil de sécurité.

De plus, le Conseil a développé une meilleure action de communication à l’égard des non membres, comme en témoigne l’excellent travail mené par le Comité du Contre Terrorisme et son président Sir jeremy Greenstock, ou encore celui conduit par le groupe de travail ad hoc sur l’Afrique présidé par l’Ambassadeur Koonjul.

Madame la Présidente,

La transparence et l’ouverture du Conseil de Sécurité vont de pair.

Le Conseil de Sécurité a poursuivi, en application de la résolution 1353, des consultations fréquentes avec les pays contributeurs de troupes, inaugurées sous la présidence française en septembre 2001. Le renforcement de cette coopération est tout à fait souhaitable. Il faut que ces rencontres soient davantage l’occasion d’un dialogue nourri entre les membres du Conseil et les pays qui contribuent aux opérations de maintien de la paix des Nations-Unies.

Le Conseil s’ouvre davantage aussi sur la société civile, comme en témoignent les réunions tenues en formule " Arria " à la demande d’ONG et de représentants de groupes concernés par les conflits dont il traite. Ces rencontres informelles sont particulièrement utiles pour compléter l’information des membres du Conseil sur des sujets essentiels.

Cette ouverture accrue devrait aussi se traduire dans la composition même du Conseil de Sécurité. Comme le ministre français des Affaires étrangères, M. Dominique de Villepin, l’a rappelé dans son intervention, le 12 septembre dernier, devant l’Assemblée générale, la France est favorable à ce que soit confortée la représentativité du Conseil de sécurité en élargissant sa composition dans les deux catégories de membres, permanents et non permanents. La France soutient notamment les aspirations de l’Allemagne, du Japon et de l’Inde comme membres permanents.

Cet élargissement souhaitable du Conseil de sécurité doit bénéficier à des Etats développés mais également permettre une meilleure représentation des Etats en développement. Il convient, tout à la fois, de tenir compte de l’émergence de nouvelles puissances et de permettre au Conseil de sécurité de continuer à jouer le rôle qui est le sien en application de la Chartre.

Madame la Présidente,

Le bilan de l’action du Conseil en 2001-2002 est globalement positif.

Les membres de notre Assemblée peuvent se réjouir des progrès et qui ont été réalisés dans bien des domaines : la lutte contre le terrorisme en premier lieu depuis l’adoption de la résolution 1373, mais aussi en Afghanistan sous la conduite du Représentant Spécial du Secrétaire Général, au Sierra-Leone et en Ethiopie-Erythrée. Timor Leste a rejoint notre organisation après son accession à l’indépendance. Dans toutes ces réussites, le Conseil de sécurité a exercé pleinement les responsabilités qui sont les siennes .

Bien sûr, les progrès ont été plus lents dans d’autres secteurs. Je voudrais notamment insister sur la nécessité de continuer à progresser sur la question des sanctions. Le Conseil de Sécurité a su faire évoluer l’outil à sa disposition. Les sanctions édictées par le Conseil sont aujourd’hui mieux ciblées, la notion de leur durée limitée dans le temps a été introduite et leurs conséquences sur le plan humanitaire sont mieux prises en compte. Leur meilleur suivi a permis de lever les dernières sanctions qui pesaient sur la République fédérale de Yougoslavie et celles imposées au Soudan en septembre 2001.

Mais nous devons continuer à affiner ce moyen d’action pour le rendre plus efficace et moins dommageable pour les populations des pays concernés.

Enfin, M. le Président, je voudrais terminer mon propos en insistant sur l’utilité des missions du Conseil de Sécurité dans les régions affectées par les conflits dont il doit traiter. Comme l’a souligné l’Ambassadeur Belinga Eboutou dans sa présentation du rapport annuel, l’Afrique continue d’occuper une large part des travaux du Conseil de sécurité. Ayant eu l’honneur de mener en mai cette année la mission du Conseil dans la région des Grands Lacs d’Afrique, j’ai pu constater à nouveau l’utilité pour les membres du Conseil de contacts directs avec toutes les parties concernées.

Le Conseil doit saisir toutes les occasions d’entendre les parties, mais aussi de leur transmettre, inlassablement, ses messages, car ils finissent par avoir des effets. De fait, depuis la rédaction du rapport du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale, nombre des demandes du Conseil ont été entendues : contacts directs des chefs d’Etat, début du retrait des forces étrangères de la RDC et du désarmement des groupes armés, dialogue interne. C’est l’engagement continu de la Communauté internationale, et en particulier du Conseil de sécurité, à New York et sur le terrain, qui finit enfin par porter ses fruits. La France, comme l’a dit l’Ambassadeur Greenstock, en collaboration étroite avec la Grande-Bretagne, continuera de travailler avec tous les membres du Conseil de sécurité pour que l’Afrique demeure au centre de ses préoccupations.

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU