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17 octobre 1997 - Coopération entre l’Organisation des Nations unies et l’Agence de coopération culturelle et technique : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Voici deux ans, l’Assemblée générale adoptait sans vote la résolution 50/3, intitulée "Coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Agence de coopération culturelle et technique".

J’ai l’honneur de présenter à nouveau sous ce point, au nom du groupe francophone de New York, un projet de résolution qui témoigne de ce que la coopération engagée sous les auspices de la résolution 50/3 depuis deux ans a été fructueuse et qu’elle est encore riche de perspectives de développement.

Je précise qu’aux 41 coauteurs du projet de résolution, il convient d’ajouter le Cap-Vert, la Pologne, les Seychelles et la Tunisie.

Les relations engagées en 1978, avec l’octroi à l’Agence de coopération culturelle et technique du statut d’observateur auprès de l’Organisation des Nations Unies, ont connu depuis deux ans un essor remarquable. La voie avait certes été ouverte par plusieurs engagements concrets, en particulier un premier accord de coopération entre l’Agence et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), dès 1976, et avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), en 1990. De même, la participation de l’Agence aux activités de l’Organisation, et réciproquement, ont permis de mieux connaître et d’apprécier les moyens à mettre en oeuvre au service d’intérêts et d’objectifs communs. Il convient aussi de saluer en ce sens l’ouverture à New York, en mai 1995, d’un bureau de l’Agence, qui a largement contribué à ce rapprochement.

C’est ainsi que dès l’adoption de la résolution 50/3, le 16 octobre 1995, un accord-cadre de coopération a été conclu avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le 26 octobre suivant. En octobre 1996, un accord a de même été conclu avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), assorti de plusieurs projets et programmes de développement sur le terrain.

Ces accords ont été depuis complétés par la signature, le 25 juin dernier, entre les Secrétaires généraux de l’ONU et de l’Agence, d’un accord-cadre entre les deux organisations ainsi que, le 8 septembre dernier, d’un accord du même type avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Ces accords sont le signe de perspectives nouvelles et encourageantes. Sur le terrain, les actions entreprises entre l’Agence et l’UNICEF ou le PNUD permettent de créer une synergie des moyens et des hommes, au service du développement.

Il s’agit, entre autres, avec l’UNICEF, d’un programme d’éducation et d’alphabétisation au profit de jeunes filles et jeunes femmes rurales au Bénin, au Burkina Faso, au Sénégal, en Mauritanie et au Viet Nam ; il s’agit de la mise en oeuvre à Djibouti d’un projet d’éducation de base pour les familles déplacées ou démunies ; il s’agit d’un programme d’enseignement primaire au Viet Nam ; d’un programme d’assistance technique en Haïti portant sur la formation de maîtres et de directeurs d’établissements scolaires, ainsi que sur la mise à disposition de ressources et matériels didactiques.

Avec le PNUD, les objectifs de l’accord de coopération visent en particulier le renforcement de l’état de droit, la promotion et la protection des droits de l’homme, l’appui au processus démocratique et à la bonne conduite des affaires publiques, la formation et le renforcement des capacités nationales, ainsi que le développement économique des pays du Sud, y compris l’appui à la création et à la gestion de petites et moyennes entreprises.

Nous ne pouvons donc que nous réjouir de cette complémentarité, à travers une coordination effective, qui apparaît sur le terrain, au bénéfice des populations qui en ont besoin. Ceci contribue à la visibilité et à la crédibilité des promoteurs de ces projets.

Le partenariat entre l’Organisation des Nations Unies et l’Agence a pris une dimension nouvelle avec la signature, le 25 juin dernier, d’un accord de coopération entre le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies et le Secrétaire général de l’Agence, qui élargit cette collaboration à de nouveaux domaines tels que la diplomatie préventive, le maintien et la consolidation de la paix et, en application du paragraphe 4 de la résolution 50/3, à tous les sujets d’intérêt commun dans les domaines politique, économique, social, scientifique et culturel. L’accord porte également sur l’échange d’informations et de documentation.

Enfin, il convient de saluer l’accord le plus récent, conclu avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le 8 septembre dernier, accord qui met l’accent sur les actions à promouvoir conjointement en ce qui concerne le renforcement de l’état de droit, la protection des droits de l’homme, et plus particulièrement des droits de la femme et des droits de l’enfant, la lutte contre le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie. Cet accord concrétise et renforce en fait une collaboration qui s’était engagée depuis plusieurs années déjà, notamment au travers de séminaires de formation, où l’expertise acquise par l’Agence de coopération culturelle et technique pourra être mise largement à profit.

Ces accords n’épuisent cependant pas les formes de coopération développées entre les activités menées respectivement par l’Agence et les Nations Unies, notamment à travers les consultations, concertations et représentations réciproques.

Parmi celles-ci je souhaite souligner l’apport du groupe francophone lors de la préparation de la dix-neuvième session extraordinaire de l’Assemblée générale, consacrée au développement durable, accord qui a permis de réunir un consensus entre des pays aux conditions politiques, géographiques, culturelles ou sociales très diverses, puisque telle est la vocation de la francophonie. Nous espérons que cette expérience positive pourra se répéter à l’occasion de la préparation de la Conférence ministérielle sur l’eau, au printemps prochain à Paris.

Qu’il me soit permis également de relever l’élargissement de cette concertation à l’assistance électorale aux pays francophones, qui a donné lieu à une rencontre très féconde voici quelques semaines.

Toutes les potentialités de partenariat n’ont cependant pas été exploitées. De nouveaux intérêts se sont fait connaître, récemment, au sein des Départements des affaires politiques, des opérations de maintien de la paix et des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l’ONU. Ces perspectives de coopération ouvrent un large champ.

Devant cette Assemblée générale et à la veille du Sommet de Hanoi, qui rassemblera un nombre important des Etats représentés dans cette salle, c’est un très grand motif de satisfaction de souligner la contribution qu’apportent les instances représentant la francophonie, et en particulier son Agence qui prendra d’ailleurs, à Hanoi, le nom d’Agence de la francophonie, aux objectifs poursuivis ici.

Sans doute le succès de cette coopération est-il en partie dû à la rationalisation et à la synergie des ressources qu’elle engendre. Cette coopération évite les doubles emplois inutiles et coûteux.

Mais aussi tel est le dynamisme du multilatéralisme lorsqu’il conjugue un réseau de solidarités au service des mêmes idéaux et lorsqu’il nourrit ainsi les coopérations. La résolution sur la coopération entre l’ONU et l’Agence a porté ses fruits et est encore riche de nouveaux projets.

Nous souhaitons donc que ces promesses puissent se concrétiser dans les deux ans qui viennent. C’est la raison pour laquelle nous remercions tous les Etats Membres de soutenir le projet de résolution qui a été distribué, afin qu’un bilan de ses nouvelles réalisations soit établi dans le rapport que nous invitons le Secrétaire général à nous présenter lors de la cinquante-quatrième session de l’Assemblée générale.



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