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1er octobre 2001 - Point 166 : Mesures visant à éliminer le terrorisme internation : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Ma délégation s’associe pleinement à l’intervention prononcée, ce matin, par le Représentant permanent de la Belgique, au nom des Etats membres de l’Union Européenne et des pays d’Europe Centrale et Orientale associés .

Je souhaiterais cependant rappeler la position française sur quelques points essentiels.

Le 11 septembre, tous les Français ont vécu, en direct, l’horreur des attentats monstrueux de New York et Washington. Ce jour là, ils se sont tous sentis américains par solidarité instinctive avec un peuple ami et allié, dont ils ressentaient et partageaient le traumatisme. Mais aussi parcequ’ils mesuraient que si l’Amérique pouvait être frappée au coeur de sa puissance, c’était le monde entier qui était menacé.

Le Président Jacques Chirac, premier Chef d’Etat étranger à être reçu par le Président Georges Bush, puis à se rendre à New York sur le site de la catastrophe, a marqué la pleine solidarité du peuple français avec le peuple américain et sa totale condamnation de cet "épouvantable attentat qui a, à la fois, choqué et révolté le monde entier".

Il a réaffirmé la détermination sans faille de la France, pays victime à de nombreuses reprises d’actes de terrorisme, à participer à la lutte contre ce fléau "qui doit aujourd’hui prendre une ampleur et une priorité nouvelles".

Les attentats du 11 septembre marqueront durablement et profondément la vie et l’action de la Communauté internationale.

Une action déterminée de l’ensemble de nos nations s’impose. La stratégie à mettre en oeuvre doit être globale et multiforme. Chaque pays devra y contribuer activement. Comme l’a dit le Président Jacques Chirac, ici même le 19 septembre, "Ce n’est pas le combat d’un seul pays, c’est le combat de l’ensemble de la communauté internationale attachée aux Droits de l’Homme et à la dignité humaine."

Par sa composition universelle et les compétences que lui confie sa Charte, l’Organisation des Nations Unies est l’enceinte où doivent se rassembler les énergies, où doivent s’élaborer les différents éléments d’une réponse coordonnée de nos Etats, dans le respect des buts et principes énoncés par la Charte.

Le jour même des attentats et le lendemain, le Secrétaire général, notre Assemblée, le Conseil de sécurité par sa résolution 1368 ont marqué leur détermination à s’engager, unis, dans ce combat.

Vendredi 28 septembre au soir, le Conseil de Sécurité a adopté, à l’unanimité, sa résolution 1373. Une résolution qui fera date. Par son caractère global et obligatoire, cette résolution marque la voie nouvelle et ambitieuse dans laquelle le Conseil s’est résolument engagé pour contribuer à l’éradication d’actes qui, tels ceux du 11 septembre, constituent une menace contre la paix et la sécurité internationales. C’est au Conseil de Sécurité qu’il appartiendra, le cas échéant, conformément aux responsabilités et prérogatives que lui confère la Charte, de prendre les mesures nécessaires pour assurer le respect des obligations énoncées par cette résolution. Le Conseil s’est doté, à cet effet, d’un mécanisme de suivi de la mise en oeuvre de cette résolution qui illustre sa détermination à agir pour assurer le respect, par tous les Etats, des mesures décidées, notamment pour lutter contre le financement du terrorisme. Le Conseil souligne ainsi sa volonté d’inscrire son action dans la durée.

Notre Assemblée générale, comme en témoignent sa résolution 56/1 du 12 septembre et notre débat d’aujourd’hui, est, elle aussi, déterminée à apporter toute sa contribution à la lutte contre le terrorisme. Elle doit, pour ce faire, mobiliser tous les mécanismes dont elle dispose, en concertation étroite avec le Conseil de sécurité. Il lui revient également, dans le cadre de sa 6ème Commission, d’achever, dès cette session, la négociation des deux projets de convention portant sur le terrorisme dont elle est saisie : le projet de convention contre le terrorisme nucléaire présenté par la Russie, et le projet de convention globale contre le terrorisme présenté par l’Inde.

Le précédent de la Convention, d’origine française, sur la suppression du financement du terrorisme, adoptée en décembre 1999 au terme d’une seule année de négociation, démontre que, si nous avons réellement la volonté d’agir, nous pouvons, ensemble, aboutir rapidement, en dépit du caractère complexe et sensible des sujets traités. La France, avec ses partenaires de l’Union Européenne, ne ménagera aucun effort pour contribuer à l’adoption rapide de ces deux conventions par notre Assemblée./.



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