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27 juin 2001 - Session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée au VIH/SIDA - Table ronde sur le financement international : Intervention de M. Charles Josselin, ministre délégué à la Coopération

Les besoins nécessaires à la lutte contre le VIH/SIDA dans le monde sont estimés entre 7 et 10 milliards de dollars par an. C’est considérable, sans commune mesure avec ce que nous dépensons aujourd’hui !

Seule la mobilisation de tous les moyens disponibles mais aussi la volonté de trouver des ressources additionnelles permettront de relever le défi.

Nous sommes tous interpelés, et d’abord les Etats touchés qui doivent se mobiliser et s’impliquer financièrement dans la lutte contre la pandémie. Je tiens à saluer la décision prise par les Chefs d’Etat de l’OUA réunis à Abuja de consacrer 15 % de leur budget national aux dépenses de santé.

La communauté internationale doit les y aider et les institutions financières internationales doivent les encourager. Les dépenses sociales doivent désormais être sanctuarisées. Elles ne sauraient être, comme elles l’étaient hier trop souvent, la variable des programmes d’ajustement structurels.

L’annulation de la dette peut fournir aux pays les plus pauvres les moyens financiers qui leur font cruellement défaut. C’est ainsi que l’annulation de la dette bilatérale contractée auprès de la France donnera lieu à la conclusion de contrats de désendettement-développement qui seront consacrés à la lutte contre la pauvreté : santé et éducation et premier lieu.

Mon Gouvernement s’est ainsi engagé à consacrer 10 % de l’annulation de la dette des pays les plus pauvres à la lutte contre le SIDA, ce qui représentera un milliard d’euros sur les dix prochaines années.

L’aide internationale doit venir massivement soutenir cet engagement financier des pays touchés.

Il peut s’agir de l’aide bilatérale, mais aussi de l’aide multilatérale quelle que soit sa provenance. C’est pourquoi nous plaidons pour qu’une partie de l’AID soit consacrée à la lutte contre le SIDA sous forme de dons et non de prêts.

Cette aide internationale doit venir soutenir prioritairement les systèmes de santé des pays du sud : c’est un des éléments essentiels de la lutte contre le SIDA. C’est pourquoi nous considérons que le fonds européen de développement doit être engagé plus hardiment dans cette voie. Une discussion entre pays ACP et pays européens est bien entendu nécessaire pour préciser les modalités d’une meilleure mobilisation du FED dans la bataille contre le SIDA. Nous proposerons à la future présidence belge de l’Union européenne d’organiser cette discussion. L’Assemblée parlementaire ACP pourrait y contribuer.

Dernier point et non des moindres : la création d’un fonds global pour la santé et contre le SIDA, tel que proposé par le Secrétaire général. Les discussions doivent porter sur la structure, les programmes éligibles et aussi les modalités de mise en oeuvre.

Mon Gouvernement défend la création d’un fonds sui generis, qui ne serait pas un fonds des Nations Unies, mais qui fera une large place à ses agences spécialisées.

Ce fonds ouvert aux financements publics et privés, se fixera comme objectif de lutter contre les trois maladies transmissibles (SIDA, tuberculose et paludisme) en couvrant le traitement et l’accès aux soins comme la prévention. Ce point est essentiel, mon pays plaidant depuis des années pour l’accès aux soins des malades du Sud.

La structure doit être la plus légère possible, en associant bien sûr les pays bénéficiaires et, selon des modalités à définir, les associations de personnes vivant avec le VIH.

Mais le fonds doit surtout pouvoir mobiliser rapidement les financements dont il disposera en utilisant une grande variété d’opérateurs : ONG du Nord et du Sud ou collectivités territoriales ; par la sélection de projets éligibles qui ne devrait pas être limitée à des projets nationaux parrainés par les pays bénéficiaires même si la cohérence avec les schémas scientifiques nationaux doit toujours être recherchée.

Enfin, je rappelle que mon Gouvernement, pour lutter contre le VIH/SIDA, s’est engagé à contribuer à ce fonds à hauteur de 150 millions d’euros.

la question de la perennité des financements nécessaires est posée, car la bataille sera longue./.



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