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5 juin 2000 - 23e session extraordinaire - Les femmes en l’an 2000 : Egalité entre les sexes, développement et paix pour le XXI siècle" : Intervention de Mme Nicole Pery, secrétaire d’Etat aux droits des femmes et à la formation professionnelle

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un sincère plaisir que je m’exprime aujourd’hui devant vous ; je tiens en tout premier lieu à saluer le rôle de l’ONU dans la lutte contre les exclusions et discriminations, notamment celles dont les femmes sont victimes.

Au nom du Gouvernement français, je vous assure du plein engagement de la France pour le succès des travaux de cette session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unis en souhaitant que ses travaux marquent une avancée dans les engagements de la communauté internationale en faveur de l’égalité des femmes et des hommes, dans le droit et les faits. Nous souscrivons à l’intervention prononcée par la Présidence portugaise au nom de l’Union européenne. Nous sommes en outre particulièrement attachés à exprimer notre adhésion à la déclaration adoptée en février 2000 à Luxembourg par les gouvernements des Etats membres de la francophonie.

Je souhaite aujourd’hui marquer notre préoccupation face à trois domaines qui conditionnent l’autonomie et l’intégrité des femmes. Je veux parler du plein accès des filles à l’éducation, de l’élimination des violences et de la garantie effective des droits à la santé.

L’éducation est le premier outil de l’égalité, du développement individuel, collectif et durable.

Non seulement le système éducatif doit être accessible aux filles à tous les niveaux, mais la vie scolaire et les enseignements doivent se traduire par une réelle mixité. La mixité cependant ne suffit pas. Encore convient-il que le contenu de l’education et l’orientation scolaire soient non sexistes. En tant que secrétaire d’Etat au droits des femmes, j’ai ainsi récemment signé une convention avec le Ministre de l’éducation qui va dans ce sens.

La lutte contre les violences envers les femmes est la pierre angulaire des combats pour l’égalité. C’est en nommant ces violences et en les condamnant que leurs réalités cesseront d’être niées. La Paix et la cohésion deviennent fragiles là où une société tolère silencieusement les violences au sein du couple, où les violences sexuelles et le viol ne sont pas dénoncés, ni punis.

Il est enfin une violence que je souhaite évoquer avec force parce qu’elle se nourrit des situations de misère et d’exclusion : c’est la traite des femmes et la prostitution. L’être humain n’est pas une marchandise et ne peut donc faire l’objet d’échanges et de commerce. (Vouloir réglementer la prostitution au nom des droits des prostituées, c’est en réalité légitimer la prostitution). Ceci est contraire à l’esprit et à la lettre de la Convention des Nations Unies de 1949 à laquelle nous tenons à réaffirmer notre attachement. Les négociations en cours à Vienne sur le projet de " Protocole sur le trafic des personnes ", additionnel à la Convention des Nations Unies contre la Criminalité Transnationale Organisée, doivent conserver cet esprit.

Le droit pour les femmes à la santé constitue le troisième pilier de leur autonomie.

Elle ne peut se concevoir sans la reconnaissance de droits fondamentaux en matière de sexualité et de procréation. La contraception libre et gratuite et la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, accompagnées d’un suivi médical, contribuent aux politiques de prévention et de dépistage, essentielles en matière de santé publique.

Ces droits renforcent l’efficacité de la lutte contre le SIDA qui doit continuer à mobiliser la solidarité financière de la communauté internationale. La France renouvelle ses engagements sur ce point et sa proposition d’une conférence sous les auspices des Nations Unies entre entreprises pharmaceutiques, pays donateurs et pays en développement afin d’aboutir à un accès à des coûts réduits pour la fourniture aux malades de médicaments.

Réaliser l’égal accès des femmes et des hommes à la prise de décisions est l’un des moyens pour concrétiser la pleine égalité. Cette idée n’était, il y a encore quelques années dans mon pays, qu’un concept connu et défendu par les seules militantes et militants féministes. Une loi sur la parité en politique vient d’être définitivement votée le 3 mai dernier par le Parlement français et sera appliquée dès les élections municipales de 2001. L’application de cette loi va, à très court terme, provoquer une féminisation des assemblées élues, qu’elles soient locales ou nationales. Ce résultat, nous le devons aux mouvements de femmes mais aussi à la volonté du Premier ministre et à l’accord du Président de la République. La participation équilibrée des femmes à la décision politique permettra, nous en sommes convaincus, une rénovation de notre vie politique. Le partage du pouvoir sera moteur d’autres changements dans la vie économique, sociale et culturelle.

Avant de conclure, je souhaiterais évoquer le dernier-né des instruments internationaux pour l’égalité : je parle du protocole facultatif à la convention CEDAW dont la procédure d’approbation doit aboutir dans les jours à venir.

Monsieur le Président, l’égalité des femmes et des hommes concernent tous les pays du monde, toute l’humanité. Les domaines prioritaires définis à Pékin doivent aujourd’hui être non seulement réaffirmés, mais complétés afin d’aller au-delà pour faire face aux nouveaux défis auxquels nous sommes confrontés. De l’égalité, nous le savons, dépendent le développement et la paix.



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