Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

11 décembre 2008 - 63ème AGNU - Séance plénière - Les diamants, facteur de conflits - Point 11

intervention de M. Philippe Delacroix

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne concernant le point 11 de l’ordre du jour " Les diamants, facteur de conflits ".

L’Union Européenne, qui participe de manière unie au Processus de Kimberley, souhaite tout d’abord rappeler l’importance qu’elle attache à ce processus, qui permet d’agir de manière transparente et coordonnée afin d’enrayer le financement des conflits par les diamants. Il y a un an, à l’occasion du débat annuel sur ’’les diamants, facteur de conflits’’ ; la Communauté Européenne a présenté son rapport de présidence à l’Assemblée Générale et a été remplacée par l’Inde à la présidence du Processus de Kimberley. Aujourd’hui, alors que se termine cette année de présidence indienne, l’Union Européenne note avec satisfaction que le système de certification du processus de Kimberley a évolué en un outil unique et efficace de prévention des conflits et a accompli des progrès significatifs en combattant le fléau des diamants des conflits.

La crédibilité du système de certification du processus de Kimberley dépend avant tout de sa mise en œuvre effective par les participants, l’Union Européenne a le plaisir de noter que des progrès significatifs ont été effectué dans ce domaine. La mise en œuvre de la déclaration de Bruxelles sur les centres de commerce et d’industrie du diamant brut a permis au Processus de Kimberley de soutenir les efforts de pays producteurs et exportateurs visant au renforcement des contrôles : ce redoublement des efforts a permis d’effectuer des saisies importantes de diamants illégaux, et montré l’impact du Processus de Kimberley.

De plus, le Processus de Kimberley a lui-même été renforcé. En particulier, le lancement d’une deuxième série de missions d’évaluation a été lancé, notamment dans les pays centres de commerce et d’industrie du diamant brut que sont Israël et les Emirats Arabes Unis, mais également dans des pays touchés par des conflits comme la République Centrafricaine, le Libéria et la Côte d’Ivoire. La Communauté Européenne, en tant que présidente du Groupe de Travail chargé du suivi du processus, se félicite de l’engagement continu des participants sujets aux évaluations du Processus de Kimberley. Nous sommes heureux d’annoncer que la Communauté Européenne, en tant que plus grande entité commerciale au monde, est totalement engagée dans cet exercice et recevra une mission d’évaluation en février 2009.

Le caractère inclusive du Processus de Kimberley s’est également accru en 2008, celui-ci réunissant 75 pays, parmi lesquels les 27 Etats Membres de l’Union Européenne. La Communauté Européenne, en tant que présidente du Comité de sélection, est donc fière d’avoir soutenu l’accession du Mexique en 2008 au statut de Participant au Processus de Kimberley. Les décisions sur le Venezuela ont montré que le processus de Kimberley peut maintenir le dialogue avec des pays qui rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre du système de certification du processus de Kimberley, tout en s’assurant que l’intégrité du processus n’a pas été affectée.

L’Union Européenne considère le Processus de Kimberley comme un mécanisme de dialogue et de résolution technique particulièrement approprié de la question du négoce illicite des diamants bruts. Il ne lui semble donc pas dans l’intérêt des participants à ce processus que les questions traitées par celui-ci soient politisés lors de l’examen de ce point par l’Assemblée Générale. Il nous semble impératif que ce processus reste indépendant et consensuel. C’est dans cet esprit de consensus que l’Union Européenne a contribué de manière constructive à la réunion de New Delhi, ainsi qu’à la négociation du projet de résolution L.52 et a fait des propositions afin que ce texte puisse être adopté par consensus.

Monsieur le Président,

L’Union Européenne considère que le projet de résolution L.52, intitulée "Les diamants, facteur de conflits" qui va nous être présentée pour adoption ne reflète pas fidèlement les débats qui ont eu lieu du 3 au 6 novembre 2008 à New Delhi, et ne prend pas en compte les situations de tous les pays dont la participation au processus de Kimberley a été évoquée lors de cette 6ème réunion du Processus de Kimberley. Nous regrettons en particulier qu’il ne soit pas fait mention des défis persistants auxquels le Zimbabwe fait face dans la mise en œuvre du Processus de Kimberley, alors même que les participants au processus de Kimberley en avaient pris note avec préoccupation.

L’Union Européenne regrette également qu’une mention plus positive n’ait pas pu être faite, comme il est d’usage, à l’élection des nouvelles présidence et vice-présidence du Processus de Kimberley. Pour sa part, et comme c’est l’usage chaque année, l’Union Européenne se félicite que la Namibie et Israël aient été choisies pour assurer la présidence et la vice-présidence du Processus de Kimberley pour 2009.

Monsieur le Président,

Tout en réaffirmant notre soutien au Processus de Kimberley et à sa prise en compte dans le cadre de l’Assemblée Générale, nous avons donc tenu à exprimer ces réserves quant au processus de négociation de cette résolution. Malgré ces réserves, nous espérons que le projet de résolution qui va nous être présenté par la suite pourra être adopté par consensus.

Je vous remercie, Monsieur le Président.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU