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15 octobre 2008 - Développement de l’Afrique - Lutte contre le paludisme - Intervention de M. Philippe Delacroix

63ème ASSEMBLEE GENERALE
Séance plénière
Débat Général - Intervention prononcée au nom de l’Union Européenne par M. Philippe DELACROIX
Secrétaire général de la Présidence française de l’Union Européenne à New York

Monsieur le Président, Chers délégués, Mesdames et Messieurs,

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne.

La Turquie et l’ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, ainsi que l’Ukraine, la République de Moldavie, l’Arménie, et la Géorgie se rallient à la présente déclaration.

Mon intervention portera à la fois sur les points 57, concernant le NEPAD, et 43, relatif à la lutte contre le paludisme.

Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique : progrès accomplis dans la mise en œuvre et appui international [point 57]

Comme cela a été souligné à l’occasion de la réunion de haut niveau sur les besoins de développement en Afrique qui a abouti à l’adoption d’une déclaration politique le 22 septembre dernier, de nombreux progrès ont été réalisés par l’Afrique, tant dans son organisation institutionnelle avec le développement de l’Union Africaine, que dans le domaine économique. Pour autant, les défis que le continent doit relever demeurent particulièrement importants. Le NEPAD, dont l’ambition est de donner une feuille de route vers la renaissance de l’Afrique, constitue à nos yeux un outil essentiel et nous nous sommes tous engagés à contribuer activement à sa mise en œuvre, dans toutes ses dimensions.

L’Union européenne salue le rythme des revues du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Le suivi de la mise en œuvre des plans d’action élaborés suite à ces évaluations est d’une importance majeure. Il sera au cœur du Partenariat UE-UA sur la gouvernance démocratique et les droits de l’homme. L’égalité des droits doit permettre aux femmes de participer pleinement à tous les aspects de la vie économique, sociale et politique. L’Union européenne soutient à cet égard les efforts actuellement deployés par l’Union Africaine pour protéger les droits des femmes, et note les propositions présentées par l’Equipe spéciale pour l’égalité des sexes du NEPAD, visant à apporter un certain nombre de modifications au Mécanisme d’évaluation intra-africaine.

Le NEPAD a également vocation à conforter son action, à travers les initiatives d’intégration régionales, pour promouvoir le développement économique et social de l’Afrique, parallèlement à la sécurité et à la bonne gouvernance.

L’UE a noté les progrès, soulignés par le rapport du Secrétaire général, qui ont été réalisés dans de nombreux domaines, au plan national et régional avec l’appui de la communauté internationale : infrastructures, agriculture, santé, éducation, formation, environnement, technologies de l’information et de la communication, sciences et techniques, égalité des sexes, participation de la société civile, mécanisme d’évaluation intra-africaine. L’UE restera fermement engagée dans la mise en œuvre du NEPAD, dans un esprit de partenariat.

Monsieur le Président,

L’UE appuie les efforts en cours pour le renforcement de la coopération entre le NEPAD et l’UA. La coopération inter-institutions paraît importante entre les organisations régionales, la Commission de l’UA et le NEPAD. L’UE relève avec un grand intérêt l’action engagée en ce sens par M. Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine, le 10 juin dernier à Addis Abeba en vue d’une meilleure intégration entre l’UA et le NEPAD et appuie les travaux engagés. Les crises actuelles et le changement climatique rendent particulièrement nécessaire cette cohérence d’action entre le NEPAD et l’Union africaine.

Enfin, l’Union européenne encourage le NEPAD à renforcer ses efforts en faveur de la lutte contre le VIH/SIDA.

L’Union européenne est engagée pleinement et sans ambiguïté aux côtés du continent africain, comme en témoignent l’adoption de la stratégie commune UE/Afrique à Lisbonne en décembre 2007 -stratégie dont la réalisation se poursuit activement aujourd’hui dans tous les domaines.

L’Union européenne est le premier partenaire de développement de l’Afrique : 62 % des aides bilatérales allouées sur le plan régional par l’Union Européenne sont allées à l’Afrique. L’UE a réaffirmé qu’elle tiendrait les engagements qu’elle a pris à l’égard du continent.

Comme le souligne le document final du Sommet mondial de 2005, le développement, les droits de l’homme, la paix et la sécurité sont inextricablement liés et indissociables. La recherche de la paix sur le continent africain constitue donc également l’une des priorités de l’UE, comme en témoigne son engagement pour aider à la prévention et la résolution des conflits, au maintien de la paix et à la reconstruction. En 2005-2007, dans le cadre de la facilité de la paix pour l’Afrique, 250 millions d’euros ont été transférés pour l’appui à l’architecture africaine de paix et sécurité et l’UE a promis 300 millions d’euros supplémentaires pour la période 2008-2010. Elle est présente également pour venir en aide à l’Afrique par son opération EUFOR.

L’adoption récente de la résolution sur les causes des conflits et la promotion d’une paix durable et du développement durable en Afrique a permis des avancées. L’UE demeure engagée pour traiter les causes des conflits et contribuer à une paix durable en Afrique.

2001-2010 : Décennie pour faire reculer le paludisme dans les pays en développement, particulièrement en Afrique [point 43

Je voudrais à présent axer mes observations sur la Décennie pour faire reculer le paludisme.

A l’heure actuelle, la paludisme touche encore 40% de la population mondiale. L’Afrique est particulièrement concernée, puisque sur 105 pays touchés dans le monde par ce fléau, 45 se situent sur ce continent. Il s’agit d’abord d’une tragédie humaine, à l’origine de plus de 800 000 morts par an, dont 91% en Afrique. C’est d’ailleurs la principale cause de mortalité des jeunes enfants en Afrique subsaharienne.

Mais les conséquences de cette épidémie vont bien au delà : il s’agit d’un handicap pour le développement et l’équilibre du continent. On estime qu’en Afrique, le paludisme est à l’origine d’une perte annuelle pour le PIB de l’ordre de 12 milliards de dollars. La lutte contre le paludisme doit donc être considérée comme une urgence mondiale en vue de vaincre la pauvreté.

Le rapport transmis par le Secrétaire général est porteur d’espoir, car il souligne des progrès dans l’éradication de la maladie : certains pays ou certaines régions ont enregistré un net recul du paludisme, parfois jusqu’à 50%. Il s’agit notamment de l’Erythrée, du Rwanda, de l’ Afrique du Sud, de la Namibie, du Swaziland, de Zanzibar.

C’est la preuve qu’une action associant à la fois des mesures de lutte anti-vectorielle, en particulier à travers l’emploi de moustiquaires imprégnées, et le recours aux traitements est efficace, et produit des résultats visibles et durables.

L’UE est consciente des obstacles logistiques, mais surtout économiques, auxquels sont souvent confrontés les pays lorsqu’ils mettent en oeuvre ces mesures. Elle soutient fortement les actions du Fonds Mondial de lutte contre le sida la tuberculose et le paludisme, et d’UNITAID qui ont permis des progrès considérables en matière d’accès aux moustiquaires imprégnées de longue durée et aux traitements ACT. Les pays de l’UE et la Commission représentent en effet 60% des ressources du Fonds Mondial.

L’UE tient également à saluer le rôle du Partenariat " Roll Back Malaria ", indispensable à la coordination de l’action internationale contre le paludisme.

Monsieur le Président,

L’UE est pleinement engagée dans la lutte contre ce fléau qu’est le paludisme. Elledéterminée à poursuivre sa mobilisation. Les résultats observés dans certains pays démontrent que l’éradication de la pandémie est à notre portée. Nous pouvons atteindre l’Objectif 6 du Millénaire, à savoir maîtriser le paludisme et inverser la tendance actuelle d’ici 2015. Pour cela, la mobilisation doit être globale, et rassembler les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et la société civile. Nous devons poursuivre nos efforts. Les populations vulnérables doivent être le centre de toute notre attention : femmes enceintes et enfants en particulier dont dépendra l’avenir du continent.

Monsieur le Président, je vous remercie.



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