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22 octobre 2008 - Elimination de la pauvreté et autres questions liées au développement - Point 53 - Intervention de M. Philippe Delacroix

63ème ASSEMBLEE GENERALE
Débat général de la Deuxième Commission
Elimination de la pauvreté et autres questions liées au développement - Point 53
Intervention prononcée au nom de l’Union Européenne par M. Philippe DELACROIX, Secrétaire général de la Présidence française de l’Union Européenne à New York

Madame la Présidente,

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne.

La Turquie, la Croatie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, ainsi que la République de Moldavie, se rallient à la présente déclaration.

Cette intervention, au titre du point consacré à l’élimination de la pauvreté et autres questions de développement, portera sur la Deuxième décennie pour l’éradication de la pauvreté, la microfinance, et la coopération pour le développement industriel.

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L’élimination de la pauvreté est la condition indispensable de tout développement durable, ce qui exige à la fois une approche adaptée aux besoins spécifiques des pays, mais aussi des solutions globales et coordonnées par toutes les parties prenantes. Les objectifs de développement convenus au niveau international, en particulier les Objectifs du Millénaire pour le Développement, représentent le cadre global de l’action internationale relative à l’élimination de la pauvreté. Les deux réunions de haut niveau organisées en septembre dernier dans le cadre de l’Assemblée générale ont permis aux gouvernements de réaffirmer leur attachement à la réalisation de ces objectifs -réalisation d’autant plus importante puisque de nouveaux obstacles se dressent sur notre route, du fait des crises énergétique, alimentaire et financière, qui risquent de pénaliser particulièrement les plus pauvres.

La pauvreté touche l’ensemble des pays du monde, quel que soit leur niveau de développement économique, y compris l’Union européenne qui n’est pas exempte de phénomènes d’exclusion sociale et de précarité. Ces questions seront au cœur de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en 2010.

L’Union européenne s’est beaucoup investie en faveur de la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement, et en particulier les PMA, et continuera d’agir en ce sens. A travers l’adoption au niveau européen du Consensus pour le Développement en 2005, elle a consolidé son effort collectif. Elle s’est engagée à favoriser, pour mettre en œuvre le Programme d’ Action d’Accra sur l’efficacité de l’aide adopté en septembre dernier, à appuyer le renforcement des dispositifs nationaux, à élargir les partenariats pour l’efficacité de l’aide et à améliorer la gestion axée sur les résultats.

L’Union européenne remercie le Secrétaire général pour son rapport (A/63/190). Comme le souligne le rapport, la mise en place de plans nationaux, articulés autour d’objectifs concrets définis par les pays en développement, a constitué une étape décisive pour donner la priorité à l’élimination de la pauvreté. Le soutien des acteurs multilatéraux pour conforter cette approche, à travers la définition de stratégies coordonnées, a été à cet égard essentielle.

Il est important de conserver une bonne articulation du dispositif lié à la mise en place d’une Deuxième décennie pour l’élimination de la pauvreté avec les mécanismes d’aide existants, notamment en matière de financement du développement. Le Conseil des chefs de secrétariat (CEB) aura vocation à remplir ce rôle de coordination. L’initiative " Unis dans l’action " permettra également de renforcer la cohérence aux niveaux local et central et devrait se poursuivre à travers un processus pragmatique et graduel. Cette approche pour instaurer une croissance favorable aux pauvres doit être coordonnée et cohérente. Car la pauvreté englobe différentes dimensions, en plus du revenu, tels que l’accès à la santé, les services sociaux et la protection sociale, l’éducation, l’égalité entre les sexes, la lutte contre l’exclusion sociale, et l’absence de voix ou de représentation.

La pauvreté n’est pas seulement un problème économique. En cherchant à éliminer la pauvreté, une attention particulière doit être portée aux droits de l’homme et à la dignité de tous, comme l’a rappelé le Secrétaire général à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Cela suppose de donner aux populations touchées par la pauvreté, dans les pays en développement comme dans les pays développés, les moyens de participer effectivement à la prise de décisions et aux autres activités qui ont des conséquences directes sur leur vie. Alors que nous célébrons cette année le 60ème anniversaire de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il est plus que jamais nécessaire de rappeler que " toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille ". Le lien établi par le Conseil des droits de l’homme, entre " droits de l’homme et extrême pauvreté ", et le récent renouvellement du mandat de l’expert indépendant sur cette question, illustrent bien cette préoccupation de la communauté internationale.

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Madame la présidente,

Des mécanismes tels que la microfinance ont fait leur preuve dans la lutte contre la pauvreté. Comme le présente le rapport du Secrétaire général sur le rôle du microcrédit et de la microfinance dans l’élimination de la pauvreté (A/63/159), le développement de ce secteur a largement contribué à l’amélioration de la situation d’une centaine de millions de pauvres dans le monde.

Sous certaines conditions, la microfinance stimule la croissance économique et améliore les conditions de vie des plus pauvres, notamment des femmes. Celles-ci sont, grâce aux opportunités que leur offre la microfinance, de plus en plus nombreuses à participer activement à l’économie. L’accès aux services financiers d’épargne, de crédit, de transfert et d’assurance permet de réduire la vulnérabilité des populations les plus pauvres. Pourtant, plus de deux milliards de personnes aux faibles revenus sont dépourvues d’accès à des services financiers formels.

Il faut réduire ce nombre. C’est pourquoi l’Union Européenne a soutenu fermement la création en 2006 du Groupe de conseillers des Nations Unies sur les secteurs financiers accessibles à tous (’’UN Advisors Group on Inclusive Financial Sectors’’), dont les travaux ont permis de définir les nouvelles perspectives et opportunités offertes par la microfinance. En Juin 2008, le Groupe de conseillers a présenté des recommandations contenant des messages clés aux gouvernements, aux régulateurs, au secteur privé et aux partenaires de développement afin de guider leurs efforts pour la mise en place de secteurs financiers inclusifs. La Déclaration politique adoptée lors de la Réunion de haut niveau sur les besoins en développement de l’Afrique en septembre dernier souligne l’importance de renforcer les secteurs financiers nationaux comme sources de capital, en élargissant l’accès aux services financiers.

L’Union européenne a intégré la microfinance dans ses politiques de développement. Elle a mis en place en janvier 2005, un partenariat avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, un Programme-cadre axé sur le renforcement des capacités des acteurs et des institutions, le cofinancement des programmes de notation des institutions de microfinance et le financement des systèmes d’information. L’Union européenne s’attache aussi à promouvoir avec ce programme la création de normes financières et d’information visant à renforcer la transparence des institutions de microfinance et l’amélioration des cadres réglementaires et politiques relatifs à la microfinance. Enfin, ce programme favorise l’utilisation de bonnes pratiques reconnues dans le monde entier, et encourage l’apprentissage Sud-Sud.

Le renforcement de la microfinance suppose de favoriser les solutions innovantes qui émergent aujourd’hui dans le domaine de la finance inclusive, en appuyant les actions innovantes d’opérateurs spécialisés, tout en soutenant les institutions de microfinance dans la diversification de leur offre de services financiers. Ces nouveaux services s’intègrent dans la dynamique de la lutte contre la pauvreté, qu’ils s’agissent de produits de microassurance-santé ou de crédits adaptés au cycle de production agricole.

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Enfin, l’Union européenne remercie le Secrétaire-général pour son rapport sur la coopération pour le développement industriel (A/63/309), qui appelle à la mise en œuvre de stratégies appropriées de développement industriel. L’Union européenne rappelle son soutien à la priorité donnée par l’ONUDI à la réduction de la pauvreté par le biais d’activités productives favorisant l’utilisation plus efficace et plus propre de l’énergie dans l’industrie. Cet accent doit être complémentaire des efforts en faveur du développement rural et agricole. L’Union européenne salue les efforts déployés par l’ONUDI pour adapter ses structures. L’UE soutient l’approche intégrée du développement centrée sur le partenariat et encourage l’ONUDI à collaborer étroitement avec des organisations et organismes du système des Nations Unies. L’UE salue également la coopération de l’ONUDI avec le NEPAD dans le cadre de son programme de coopération technique au bénéfice des pays africains et l’UA en faveur de la mise en œuvre de son plan d’action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique.

Je vous remercie./.



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