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6 octobre 2008 - Point 55 - Développement social - Déclaration prononcée au nom de l’Union européenne

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union européenne. Le Sommet mondial du Millénaire de 2005 a constitué une étape essentielle dans la mobilisation de la communauté internationale à tous les niveaux, dans l’orientation de l’Organisation des Nations unies et dans la promotion de la mise en œuvre, par les Etats, des décisions prises en vue d’atteindre la Déclaration du Millénaire, y compris les Objectifs du Millénaire pour le développement et les autres objectifs de développement convenus au niveau international. Ce Sommet du Millénaire, ainsi que plusieurs autres grandes conférences internationales, notamment dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, ont réaffirmé l’importance du développement social et de la recherche du bien-être pour tous. La Déclaration adoptée à l’issue du Sommet mondial sur le développement social, en 1995 à Copenhague, en fut l’inspiratrice avec son Plan d’Action. Treize ans après, beaucoup reste à faire et nous devons poursuivre nos efforts en faveur du développement social, qui demeure une priorité.

Le suivi du Sommet mondial et des conclusions de la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale constituent un cadre d’engagements globaux pour le développement social. La mise en œuvre de ces engagements est indispensable pour tendre, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, au plein emploi et à une meilleure intégration sociale. La prise en compte des enjeux humains et sociaux dans le processus de mondialisation nécessite une meilleure intégration des problématiques sociales dans les politiques économiques nationales.

A cette fin, l’Union européenne encourage la protection et la promotion des droits économiques, sociaux et culturels ainsi que des normes internationales du travail, en développant notamment sa coopération avec les pays en voie de développement. L’Union promeut le travail décent comme un facteur positif pour le développement. La nécessité d’un " contrat social " du 21e siècle est plus que jamais d’actualité. C’est pourquoi l’Union européenne tient à rappeler sa volonté de mettre en œuvre l’ensemble des textes internationaux sur le développement social.

Monsieur le Président, Le vieillissement de la population constitue aujourd’hui un véritable défi pour nos gouvernements et sociétés. Trop de personnes âgées sont encore exclues du système social et marginalisées, aussi bien dans les pays riches que dans les pays en développement. Il appartient donc aux Etats de prendre en compte ce phénomène dans leurs politiques sociales afin d’assurer aux personnes âgées toutes les garanties nécessaires pour leur bien-être. Il en va de leur dignité.

Pour prévenir ces problèmes, nous devons leur assurer des conditions de vie décentes, au travers de politiques adaptées leur permettant de vivre en sécurité et à l’abri du besoin. Nous devons également garantir aux populations âgées l’indépendance par la satisfaction de leurs besoins primaires et par l’accès aux soins. Par ailleurs, l’Union européenne accorde une attention soutenue à la situation des femmes âgées, qui sont particulièrement vulnérables : en effet, elles sont davantage exposées à des risques d’insécurité matérielle et de pauvreté liés au grand âge.

Si le constat du vieillissement de nos populations n’est pas nouveau, il reste beaucoup à faire pour soutenir les personnes âgées dans leur vie quotidienne. Presque dix ans se sont écoulés depuis la proclamation de l’Année internationale des personnes âgées mais nos actions en faveur de ces personnes demeurent insuffisantes. Aussi, l’Union européenne encourage-t-elle la communauté internationale à se mobiliser davantage sur cette question et à redoubler d’efforts pour mieux prendre en compte la situation précaire des populations âgées. Nous invitons également les Etats à mettre en œuvre le Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, sur la base d’une coopération internationale plus étroite.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais également souligner le rôle important des Nations Unies dans la définition des politiques en faveur de la jeunesse au niveau mondial. L’année internationale de la jeunesse des Nations Unies en 1985, les sessions spéciales de l’assemblée générale des Nations unies sur la jeunesse en 1985 et 1995 ainsi que l’adoption du Programme mondial d’action en faveur de la jeunesse ont largement influencé les politiques relatives à la jeunesse mises en œuvre dans de nombreux pays à travers le monde. La réalisation de ce Programme est essentielle au regard de l’évolution actuelle et prévisible de la population mondiale.

Aujourd’hui, un cinquième de la population mondiale a entre 15 et 24 ans. Le bien-être de cette population est essentiel pour l’équilibre et l’avenir de nos sociétés. Nous devons donc poursuivre nos efforts et renforcer les initiatives prises dans le cadre du Programme mondial d’action pour la jeunesse. Nous devons déterminer les priorités de nos politiques nationales en veillant à l’application des points énoncés dans ce programme, tels que l’éducation, l’emploi et l’éradication de la pauvreté.

Monsieur le Président,

L’éducation pour tous, droit fondamental reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels, constitue la clé du développement économique et social. L’éducation pour tous est aussi un engagement de la communauté internationale dans le cadre de la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Elle est la condition préalable essentielle de l’égalité, de la dignité et d’une paix durable. A ce propos, l’Union européenne se félicite des engagements politiques et financiers pris par les différents acteurs de la communauté internationale lors du dernier sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement, à l’occasion duquel ils ont notamment promis de donner 4,5 milliards de dollars en faveur de l’éducation pour tous.

La proclamation de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation en 2003 a permis de réaffirmer que l’alphabétisation se trouve au cœur du droit à l’éducation, en insistant sur la nécessité d’assurer un accès à la lecture et à l’écriture pour tous, filles et garçons, femmes et hommes, dans tous les pays du monde. L’Union européenne soutient les efforts de la communauté internationale en faveur de l’alphabétisation, notamment à l’égard des femmes et des populations marginalisées.

L’Union européenne salue également l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture qui accomplit un travail remarquable en tant que chef de file dans le domaine de l’éducation pour tous et de l’alphabétisation. Pourtant, aujourd’hui encore, quelque 75 millions d’enfants n’ont toujours pas accès à l’éducation et 774 millions d’adultes et de jeunes ne sont pas capables de lire et écrire. De tels chiffres dans un monde moderne sont inacceptables. Nous devons donc continuer à encourager les initiatives de la Décennie pour l’alphabétisation afin d’atteindre notre objectif commun : l’alphabétisation pour tous.

Monsieur le Président,

650 millions de personnes dans le monde sont affectées par un handicap, soit 10% de la population mondiale. Les difficultés liées au handicap sont aggravées par des discriminations de toutes sortes. Malgré l’existence d’instruments juridiques en matière de droits de l’Homme, les personnes handicapées restent aujourd’hui marginalisées de manière intolérable. Aussi, ont-elles souhaité une reconnaissance explicite de leurs droits par la mise en place d’une convention spécifique.

La communauté internationale a répondu positivement à leur souhait en adoptant le 13 décembre 2006 la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Cette Convention réaffirme des droits déjà reconnus en droit international, en précisant ce que ces droits impliquent pour les personnes handicapées. Elle rappelle de manière forte le caractère universel, indivisible, interdépendant et indissociable de tous les droits de l’Homme et libertés fondamentales.

L’Union européenne se félicite de la rapidité avec laquelle cette convention est entrée en vigueur. Cette promptitude est un signe encourageant et témoigne d’une prise de conscience collective sur la situation des personnes handicapées. Toutefois, nous devons garder à l’esprit que le succès de cette convention dépendra surtout de sa mise en œuvre effective sur le terrain.

Je vous remercie.



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