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8 octobre 2008 - Assemblée générale sur le Kosovo - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Le 17 février 2008, l’Assemblée du Kosovo a déclaré l’indépendance de la République du Kosovo.

Cette déclaration d’indépendance a marqué l’achèvement d’une séquence historique particulière, qui est celle de l’éclatement violent de l’ex-Yougoslavie au cours des années 1990, suivi d’une longue période d’administration internationale sous l’égide de l’ONU. Elle est aussi le résultat du processus de définition du Statut du Kosovo, qui était prévu par la résolution 1244 du Conseil de sécurité. La perspective européenne commune qui s’offre au Kosovo et à la Serbie constitue également un caractère spécifique de la situation.

L’indépendance du Kosovo constitue donc un cas sui generis, qui ne remet pas en question les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale qui fondent les relations internationales.

Dans ces conditions, la France a, dès le 18 février, décidé de reconnaître le nouvel Etat, comme l’ont fait depuis 22 des 27 Etats membres de l’UE. Depuis l’entrée en vigueur de la Constitution, le 15 juin dernier, la République du Kosovo dispose en outre d’un cadre juridique conforme aux normes et valeurs européennes et offrant un cadre protecteur à toutes les communautés qui vivent au Kosovo.

Dans ce contexte, la France a marqué son désaccord avec le projet de résolution serbe relatif à la saisine de la Cour internationale de Justice sur la légalité de la déclaration d’indépendance du Kosovo. La France apporte son plein soutien à la Cour, organe judiciaire principal des Nations Unies. Mais la demande d’avis consultatif proposée par la Serbie ne nous apparaît ni utile, car la situation du Kosovo indépendant, reconnu par 48 Etats souverains, nous paraît dépourvue d’incertitude juridique, ni opportune, car elle ne contribue pas au nécessaire apaisement des tensions et risque de compliquer la perspective européenne des Balkans occidentaux.

Elle s’abstiendra lors du vote qui va suivre.

Monsieur le Président,

Afin de dépasser les divisions héritées du passé, l’Europe a proposé aux peuples des Balkans occidentaux un avenir commun dans le cadre de l’Union Européenne. La France reste guidée par cet objectif essentiel, qui doit constituer la priorité de tous.

Nous demeurons en particulier déterminés à aider la Serbie à inscrire son avenir dans une perspective européenne. Une Serbie pleinement intégrée dans la famille des nations européennes est en effet importante pour la stabilité de la région. La France réitère à cet égard sa conviction que la Serbie peut accélérer ses progrès sur la voie de son rapprochement avec l’Europe. Elle rappelle également que l’UE a également exprimé sa disposition à apporter son concours au développement économique et politique du Kosovo en lui offrant une perspective européenne claire.

La France souhaite enfin souligner la détermination constamment exprimée par l’Union européenne à jouer un rôle de premier plan dans le renforcement de la stabilité dans la région, notamment à travers le déploiement de la mission EULEX dans l’ensemble du Kosovo. A cet égard, la France encourage le Gouvernement serbe à développer une approche constructive vis-à-vis des efforts engagés par l’Union européenne pour contribuer à la paix et à la stabilité des Balkans occidentaux./.



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