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15 Janvier 2009 - Dixième session extraordinaire d’urgence de l’AGNU - Intervention prononcée par S. E. M. Jean-Maurice Ripert

Mesures illégales prises par Israël à Jérusalem-Est occupée et dans le reste du Territoire palestinien occupé

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

En premier lieu, je souhaite indiquer que mon pays soutient pleinement la déclaration prononcée par le représentant permanent de la République tchèque au nom de l’Union européenne.

- 1. Nous assistons actuellement à Gaza à une nouvelle spirale de violence, comme le Proche Orient en a trop souvent connu. La fin de la trêve entre le Hamas et Israël le 19 décembre dernier s’est traduite par une escalade de l’horreur alimentée par les tirs de roquettes d’une part, et une réponse militaire disproportionnée d’autre part.

De cet affrontement, nous le savons tous ici, il ne peut ressortir aucun gagnant. En revanche, les perdants se dénombrent désormais par centaines alors que les populations civiles sont frappées de plein fouet. La situation économique et humanitaire dans la bande de Gaza était déjà préoccupante, la crise actuelle a rendu la détresse humanitaire des civils intolérable pour la communauté internationale. Les bilans quotidiens des agences humanitaires sont alarmants. La distribution de nourriture est entravée par la fermeture des points de passage et les opérations militaires.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté les bombardements ce matin par l’armée israélienne d’un hôpital, d’un bâtiment de l’UNWRA et d’un immeuble abritant des media internationaux. Israël doit s’abstenir de toute action contraire au droit international humanitaire. Les combats doivent cesser sans délai, afin de préserver la population civile durement touchée et de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

Nous ne pouvons par ailleurs pas ignorer le risque d’extension régionale de la crise, comme en témoignent les tirs de roquettes qui ont frappé Israël à partir du Sud Liban.

Pour réagir à cette escalade de violence, nous observons toutefois à l’heure actuelle une forte mobilisation internationale.

- 2. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, s’est rendu dans la région dès le 5 janvier avec la Troïka européenne pour rencontrer les différents protagonistes.

Réuni à niveau ministériel sous la Présidence de la France, le Conseil de sécurité a adopté, il y a une semaine, la résolution 1860 qui appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, notamment l’arrêt des tirs de roquettes, menant au retrait total des forces israéliennes de Gaza. Il a soutenu l’initiative égyptienne afin de prévenir le trafic d’armes et de munitions et assurer la réouverture durable des points de passage vers Gaza afin de mettre fin à la situation humanitaire et économique dégradée. Mardi matin, le Conseil a tenu des consultations pour écouter le Secrétaire général des Nations Unies avant son départ pour la région : le Secrétaire général a reçu le plein soutien des membres du Conseil afin de favoriser, par ces contacts sur le terrain, la mise en œuvre de la résolution 1860. Ce matin même, le Conseil a tenu des consultations sur les derniers développements de la situation à Gaza.

Sous la Présidence de la France, Le Conseil de sécurité est actif. Il reste saisi de la question et il se prononce clairement. Nous devons nous attacher dans nos travaux à respecter la lettre de l’article 12 de la Charte des Nations Unies. Avant toute chose, notre but commun doit être de soutenir la mise en œuvre immédiate de la résolution 1860 dans toutes ses dispositions.

- 3. Disons les choses clairement : la priorité absolue de la France est l’arrêt immédiat des violences pour mettre fin aux souffrances de toutes les populations civiles.

Telle est l’urgence : les efforts de la communauté internationale doivent tous porter dans cette même direction. Nous exprimons le souhait que cette session d’urgence s’inscrive pleinement dans cette approche et apporte un soutien entier à la mise en œuvre complète de la résolution 1860, notamment à travers l’aboutissement des efforts diplomatiques en cours sur le terrain, en particulier le plan franco-égyptien sur lequel les parties sont en train de s’engager.

L’urgence est également de soutenir les efforts internationaux déployés pour améliorer la situation humanitaire et économique à Gaza, comme le demande la résolution 1860, en soutenant l’action de l’UNRWA et des acteurs humanitaires reconnus et impartiaux.

Lorsque les armes se seront tues et que les bases d’un cessez-le-feu durable auront été posées, il faudra sans délai travailler à la relance du processus de paix engagé à Annapolis il y a un peu plus d’un an. Il n’y a pas d’alternative à la reprise des négociations en vue de la création d’un Etat palestinien viable, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues. La résolution 1850 du Conseil de sécurité a rappelé le caractère irréversible de ce processus. Cette paix doit être fondée sur le principe de l’échange de la terre contre la paix, sur les résolutions du Conseil de sécurité et sur l’initiative arabe de paix, qui constitue une base essentielle d’un règlement global et durable au Proche-Orient.

Je vous remercie Monsieur le Président.



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