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16 juin 2009 - Assemblée générale : mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida et la Déclaration politique sur le VIH/sida - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs,

La France remercie le Secrétaire général des Nations Unies pour la qualité de son rapport. Nous estimons que ce rendez-vous annuel est essentiel pour mesurer les efforts réalisés dans la lutte contre le VIH/sida et maintenir l’attention de la communauté internationale sur cette cause.

Assurer une surveillance de l’épidémie et suivre son évolution est essentiel. Le rapport du Secrétaire général montre combien celle-ci est diverse selon les pays et les régions. La connaissance des profils épidémiques nationaux est indispensable pour mettre en ouvre des stratégies de lutte nationales adéquates.

L’année dernière, nous avions fait le constat des progrès considérables réalisés depuis 2001, avec environ 3 millions de malades ayant accès aux traitements anti-retroviraux.

Cette année encore, nous pouvons nous féliciter des progrès supplémentaires accomplis en matière d’accès aux thérapies anti-retrovirales, et d’accès des femmes aux services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant en particulier.

Ces progrès sont encourageants, et démontrent l’efficacité de l’action des différents partenaires impliqués dans la lutte contre cette pandémie. A cet égard, permettez-moi de souligner le rôle incontournable joué par le Fonds Mondial et UNITAID dans l’accès aux traitements.

Monsieur le Président,

Malgré tous ces progrès, force est de constater que le chemin semble encore long pour atteindre l’objectif d’un accès universel à la prévention, aux traitements, aux soins et aux services d’appui d’ici 2010. La France réaffirme ici son engagement vis à vis de cet objectif qu’elle avait porté au sein du G8.

Au-delà de cet objectif particulier, la lutte contre le SIDA contribue à la réalisation des autres OMD. Cette pandémie est en effet l’un des plus grands freins au développement économique et humain en Afrique.

Encore trop de malades n’ont pas accès aux traitements, encore seulement 33 % des femmes enceintes séropositives bénéficient des services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Ceci est inacceptable quand on sait qu’aujourd’hui les progrès scientifiques permettent d’éviter cette transmission. La France se félicite de l’initiative prise par le Directeur exécutif d’ONUSIDA en vue d’éliminer la transmission d’ici 2015.

La communauté internationale ne doit pas relâcher ses efforts. La France, malgré la crise économique et financière, veillera à respecter ses engagements financiers internationaux dans la lutte contre le VIH/sida et restera aux avant-postes de cette lutte.

L’accès aux traitements ne doit pas obérer l’importance de la prévention à l’intention de tous les groupes dont chacun a ses spécificités : jeunes filles, femmes, migrants, injecteurs de drogues, minorités sexuelles, pour ne citer que les principaux.

Mais la lutte contre le VIH/sida n’est pas uniquement une question de financements. C’est aussi une question d’approche.

Jusqu’à présent, nous nous sommes contentés d’une réponse de crise, aujourd’hui il faut accompagner cette réponse d’une politique à plus long terme. A cet égard, je souhaiterais insister sur deux points en particulier :

1/-Cette politique passe d’abord par le renforcement des systèmes de santé. Aussi la France a-t-elle soutenu l’inclusion d’une dimension renforcement des systèmes de santé dans les programmes financés par le Fonds Mondial, accompagnant ainsi les efforts de l’OMS en la matière. La formation et la fidélisation des personnels, le renforcement des capacités des Etats en matière de santé sont essentiels pour absorber l’action internationale en matière de lutte contre le VIH/sida et pour la santé en général.

En outre, les activités de lutte contre le VIH/sida et ses co-infections ne doivent pas demeurer cloisonnées, car elles peuvent être profitables à d’autres pathologies. C’est la question de l’équité dans l’accès aux soins pour tous.

2/-Cette politique passe ensuite par une action sur les mentalités, à travers une lutte contre les discriminations, une attention accrue envers les groupes vulnérables ou marginalisés : femmes, migrants, minorités sexuelles, usagers de drogues injectables, par des politiques de prévention contre les pratiques à risque. Nous saluons le travail réalisé par ONUSIDA en la matière.

Nous nous félicitons du travail de la task-force sur les restrictions aux voyages des personnes vivant avec le sida et réaffirmons ici la nécessité de lutter contre toute discrimination, stigmatisation et limitation à la libre circulation ou à la résidence des personnes vivant avec le VIH.

Nous nous félicitons également que le thème de la prévention pour les usagers de drogues injectables soit à l’ordre du jour du prochain Conseil d’administration du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida.

Il appartient à ONUSIDA de prendre des initiatives, de donner des orientations dans ces différents domaines. Mais il en va de la responsabilité des Etats eux-mêmes, de prendre toutes les mesures utiles pour éviter la propagation de la pandémie. Etablir des programmes spécifiques à destination des groupes vulnérables, lutter contre toute stigmatisation des personnes vivant avec le VIH en fait pleinement partie.

En décembre 2008, la France a lancé un appel à la dépénalisation universelle de l’homosexualité aux Nations Unies. Cette déclaration a été soutenue par 67 pays, et nous nous félicitons que les Etats-Unis s’y soient récemment ralliés. Aujourd’hui nous réitérons cet appel, à l’intention de tous les pays qui ne l’ont pas encore signée.

Je terminerais en ajoutant que la lute contre le VIH/sida est l’affaire de tous, et celle des malades en particulier. Aussi la France souhaite-t-elle saluer encore une fois le rôle essentiel joué par la société civile et les associations dans ce domaine. Sans elles, la mobilisation de la communauté internationale sur ce sujet n’aurait jamais été aussi forte.

Je vous remercie./.



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