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18 mars 2009 - Assemblée générale - Accès à l’éducation - Intervention prononcée par M. Jean-Pierre Lacroix, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Dialogue thématique interactif sur "l’accès à l’éducation dans les situations d’urgence, d’après-crise et de transition"

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Garantir l’accès universel à l’éducation à l’horizon 2015 constitue un objectif agréé par la communauté internationale, à la fois dans le cadre de la réalisation du " monde digne des enfants ", que l’Assemblée générale a promis aux enfants du monde en 2002,et dans celui des objectifs du millénaire pour le développement.

Dans cette perspective, la France a fait de l’éducation un secteur de concentration de son aide dans les deux tiers des pays avec lesquels elle signé des documents cadre de partenariat. Au niveau multilatéral, la France contribue également à la réalisation de l’objectif d’éducation pour tous à travers le fonds européen de développement, les fonds de la Banque Mondiale engagés dans ce secteur, ou à travers l’UNESCO. Elle soutient activement l’initiative ’fast-track’ de mise en oeuvre accélérée de l’Education pour tous dans les pays en développement, pour laquelle elle a annoncé le 25 septembre 2008 une contribution supplémentaire de 50 millions d’euros.

Nous savons cependant aujourd’hui que l’absence d’accès à l’éducation dans les conflits armés est responsable à elle seule de la situation dans laquelle se trouvent la moitié des 75 millions d’enfants qui aujourd’hui n’ont toujours pas accès à l’école.

Nous souhaitons rendre hommage aux actions entreprises notamment par l’UNICEF, l’UNESCO et par les ONGs internationales et locales afin de permettre l’accès des enfants à l’éducation dans les situations les plus difficiles, par exemple dans les camps de réfugiés ou de personnes déplacées, ou pour faire en sorte que le retour rapide à un scolarité normale soit intégré dans les efforts d’assistance et de reconstruction suivant des catastrophes naturelles.

Il convient de souligner dans ce contexte l’importance particulière que revêt l’accès libre, sans contraintes et sans discrimination des enfants à l’assistance humanitaire, y compris celle fournie par les acteurs internationaux.

Dans les situations de conflit, la question de l’augmentation des soutiens techniques et financiers aux programmes d’éducation est indissociable de celle de la responsabilisation des parties. Trop souvent, les parties aux conflits armés violent le droit international humanitaire. Par leurs actions, qu’il s’agisse d’attaques contre les écoles, les écoliers ou leurs professeurs, d’opérations de recrutement dans les écoles ou à leurs abords, ou d’utilisation du système éducatif à des fins de propagande et d’incitation à la haine de l’autre, elles réduisent à néant les efforts entrepris pour permettre aux enfants de réaliser leur droit à l’éducation.

La France a soutenu en partenariat avec l’UNICEF le développement des " engagements et principes de Paris sur les enfants associés aux forces et groupes armés ", agréés en Février 2007. Les principes de Paris reconnaissent pleinement le rôle que peut jouer l’éducation, à la fois dans la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans les conflits armés, et dans la réinsertion et la réhabilitation des enfants qui ont été associés aux forces et groupes armés. Ces engagements ont déjà été souscrits par plus de 75 Etats, et nous espérons que l’Assemblée générale, comme le Conseil de Sécurité, continueront à contribuer à leur prise en compte et à leur mise en œuvre par l’ensemble des intervenants.

La France soutient pleinement la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et son engagement avec les parties aux conflits en vue d’une meilleure protection de l’enfance, y compris sur la question du respect des lieux d’éducation comme " zones de paix ". Nous pensons par ailleurs que le mécanisme de rapport et de suivi mis en place par la résolution 1612(2005) du Conseil de Sécurité, qui repose sur des critères objectifs excluant toute sélectivité, constitue un instrument utile pour demander des comptes aux parties aux conflits armés, y compris sur leurs actions à l’encontre du système éducatif et des écoliers.

Enfin, la justice, que ce soit dans le cadre de juridictions nationales, internationales ou mixtes, a un rôle important à jouer pour assurer que ceux qui s’en prennent aux écoles et à l’éducation soient punis. Il est donc essentiel que l’Assemblée générale continue à soutenir les efforts engagés par ces juridictions, et notamment par la Cour pénale internationale, pour que les responsables de violations des droits de l’enfant, soient tenus responsables de leurs actes.

Merci Monsieur le Président.



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