Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

11 avril 2014 - Assemblée générale - Réforme du Conseil de sécurité - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Vous le savez, la France souhaite un élargissement du Conseil de sécurité dans les deux catégories de membres pour permettre une meilleure prise en compte de l’évolution du monde depuis la création de l’Organisation. La France soutient la candidature de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon et souhaite que la présence de pays Africains soit renforcée, notamment à travers l’attribution de sièges permanents. Il est important toutefois de rappeler que tout élargissement, qui par nature augmentera le nombre de sièges au Conseil, devra veiller à préserver l’efficacité et la nature décisionnelle du Conseil.

L’amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité constitue un élément de la réforme. Une plus grande transparence et une meilleure fluidité de l’information sont utiles pour améliorer notre manière de travailler. A cet égard, la révision périodique de la note 507 dédiée aux bonnes pratiques du Conseil a permis de codifier et clarifier nos méthodes de travail.

Le dialogue et l’interaction avec les pays non membres du Conseil sont également nécessaires pour fluidifier l’information. La France partage le sentiment que la publicité des débats doit prévaloir s’agissant des questions d’intérêt général et c’est pour cela qu’elle encourage l’ouverture des réunions du Conseil. La participation de la société civile aux réunions du Conseil en format « Arria » constitue une autre avancée qui a permis une ouverture allant au-delà des seuls États. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Monsieur le Président,

La réforme du Conseil de sécurité, dans tous ses aspects (élargissement, représentation géographique, veto ou méthodes de travail) doit être l’occasion de revoir en profondeur notre manière de fonctionner afin de répondre aux défis du XXIème siècle. Le monde change et la menace a évolué. Le Conseil de sécurité doit aussi s’adapter.

C’est dans cet esprit que la France a lancé une initiative proposant un encadrement volontaire et collectif par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’usage du veto. Il s’agirait pour les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de suspendre volontairement et collectivement l’usage du veto lorsqu’une situation d’atrocités de masses est constatée. Il s’agit donc d’une démarche volontaire n’impliquant pas une révision de la Charte.

Cette initiative est détachée de la réforme globale du Conseil et ne préjuge en rien de la question de l’octroi du veto aux nouveaux membres permanents. Cette initiative n’a pas vocation à être négociée à l’Assemblée générale des Nations unies dans le cadre de ce groupe puisqu’il s’agirait d’un code de conduite reconnu par les cinq membres permanents. Mais cette initiative apporte un éclairage utile au débat sur les méthodes de travail puisqu’elle constitue une réponse aux blocages auxquels fait face le Conseil de sécurité dans certaines circonstances face à l’usage du veto. L’initiative française est une proposition concrète qui permettrait une avancée réelle. Le soutien de l’ensemble des États-membres, ainsi que celui de la société civile, sera important pour aller de l’avant et faire évoluer l’usage du veto vers un esprit plus conforme à celui de la Charte, dont l’objectif premier- je le rappelle- est le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Je vous remercie.

En savoir plus sur la Réforme du Conseil de sécurité des Nations unies.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU