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12 juin 2014 - Assemblée générale - Révision de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies - Intervention de M. Alexandre Garcia, sous-directeur des menaces transversales au ministère des Affaires étrangères et du développement international

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous remercier pour l’organisation de cette réunion et de saluer les efforts de l’Ambassadeur Halit Çevik dont l’implication a pleinement contribué au succès de cette quatrième révision de la Stratégie antiterroriste mondiale.

Je voudrais saisir cette occasion pour adresser un message de solidarité à la Turquie après l’enlèvement odieux et inacceptable de ses ressortissants et de ses diplomates en Irak.

La France s’associe au discours prononcé par le représentant de l’Union européenne. Je souhaite ajouter quelques mots en complément.

Le terrorisme reste aujourd’hui une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales et se caractérise, plus que jamais, par sa persistance et sa nature particulièrement évolutive. La communauté internationale se trouve confrontée à un phénomène toujours plus diffus, endogène et violent, comme le montre notamment le processus de l’auto-radicalisation à l’origine de la tuerie de Bruxelles le 24 mai dernier. Il est alimenté par une maîtrise toujours plus efficace des réseaux de communication par les filières terroristes, ce qui leur permet de diffuser largement leur message de haine, de recruter et de former toute une nouvelle génération de terroristes. Nous souhaitons à ce titre dénoncer fermement l’instrumentalisation de la religion dans le seul but de justifier leurs actes. Ce ne sont ni des combattants, ni des « jihadistes », mais bien des criminels.

Dans des régions entières, les groupes terroristes de plus en plus mobiles parviennent à s’implanter et à se développer. En Afrique de l’Ouest, et notamment au Nigéria, les victimes innocentes sont directement menacées par des attaques de grande ampleur, voire à des actes abjects comme l’enlèvement récent de 200 jeunes filles nigérianes. La France s’est d’ailleurs mobilisée avec les Etats de la région et d’autres partenaires lors du sommet de Paris pour la sécurité au Nigéria le 17 mai dernier.

La France, comme de nombreux autres pays, est particulièrement préoccupée par la question des volontaires qui souhaitent rejoindre les groupes terroristes agissant dans les zones de conflit. Ils constituent une menace grandissante pour leur pays d’origine dans l’hypothèse d’un retour, et d’une façon générale pour l’ensemble de la communauté internationale. Nous nous réjouissons que la résolution que nous allons adopter appelle les Etats à coopérer davantage pour enrayer ce phénomène. Elle complète opportunément les mesures que nous avons prises pour mettre à jour notre dispositif anti-terroriste national, notamment notre plan de lutte contre la radicalisation violente et les filières terroristes adopté en avril dernier. Celui-ci a pour principaux objectifs :
d’entraver les déplacements des terroristes principalement vers la Syrie ;
d’assurer la prévention, la réinsertion, le contre-discours et la contrepropagande sur Internet ;
de renforcer les capacités d’action judiciaire contre les filières terroristes.

Monsieur le Président,

La France souhaite en outre rappeler son attachement au rôle essentiel joué par les Nations unies dans la lutte contre le terrorisme. Nous considérons en effet qu’elles restent aujourd’hui, compte tenu des caractéristiques nouvelles du terrorisme, un acteur incontournable pour mobiliser l’ensemble des Etats membres et renforcer sur le long terme leurs capacités et la cohérence de leurs actions.

C’est pourquoi la France apporte son soutien inconditionnel à la promotion et à la mise en œuvre de la stratégie anti-terroriste mondiale des Nations unies. A cet égard, je souhaiterais rappeler qu’il est important de continuer à développer tout particulièrement les efforts sur la mise en œuvre du pilier 4 de la Stratégie, consacré aux droits de l’Homme, par exemple en multipliant les projets, encore trop peu nombreux, liés à cette thématique. La promotion de l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme restent, sur le long terme, la meilleure garantie de l’efficacité de notre combat contre le terrorisme.

Nous portons, par ailleurs, un intérêt particulier aux initiatives multilatérales telles que celles menées par le Forum global contre le terrorisme. C’est en effet une lutte antiterroriste efficace en phase avec les problématiques actuelles et émergentes, et fondée sur une coopération internationale toujours plus étroite que la France s’attache à soutenir.

Dans cette logique, nous nous réjouissons de l’inauguration la semaine prochaine à Malte de l’Institut International pour la Justice et l’Etat de droit, dont la France est membre fondateur. Cet Institut permettra de renforcer les capacités des Etats d’Afrique du Nord, de l’Ouest et de la Corne de l’Afrique en formant une nouvelle génération de fonctionnaires au traitement des affaires de terrorisme.

Monsieur le président,

Il est louable que l’Assemblée générale ait pu, à nouveau, trouver un consensus sur notre Stratégie antiterroriste commune. Il s’agit là d’un heureux rappel du caractère universel de la condamnation du terrorisme, et de la mobilisation sans cesse renouvelée que cette menace justifie.

Soyez assuré, Monsieur le président, que la France reste déterminée à tout faire pour que les Nations unies soient plus fortes pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Je vous remercie.



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