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6 avril 2005 - ECOSOC - Suite à donner aux textes issus du Sommet du Millénaire : Intervention de M. Michel Duclos, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Application et suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées par les Nations Unies dans les domaines économique et social et dans les domaines connexes ; Suite à donner aux textes issus du Sommet du Millénaire : rapport du Secrétaire général (A/59/2005)

Monsieur le Président,

Je voudrais avant tout vous rendre hommage pour la finesse avec laquelle vous avez jusqu’à présent conduit le processus de préparation du Sommet de New York. Vous avez su parfaitement combiner l’ouverture et la transparence nécessaires avec l’autorité qui nous permet d’avancer de manière cohérente. Nous approuvons pleinement la feuille de route que vous avez établie pour les prochains mois : elle constitue la seule méthode à même de nous mener, sous votre direction et avec l’aide des facilitateurs, au meilleur résultat possible en septembre. Il va de soi que notre confiance vous est acquise.

Je voudrais également transmettre au Secrétaire général, ainsi qu’à ses collaborateurs, nos plus sincères remerciements. Le rapport qu’il nous a présenté le 21 mars dernier est remarquable. Il s’agit sans aucun doute de l’un des documents importants de l’histoire de notre Organisation. Il nous fournit la vision d’ensemble et les propositions indispensables à la réussite du Sommet. La France compte, comme toujours, sur le leadership du Secrétaire général pour les porter. Nous nous réjouissons également de la désignation de quatre envoyés spéciaux d’envergure.

Avant de commenter le rapport plus en détail, je voudrais ici insister sur la responsabilité qui revient, dans la période décisive qui s’ouvre aujourd’hui. Nous connaissons bien les enjeux cruciaux du développement, de la sécurité collective et de la dignité humaine. Nous savons également combien une coopération multilatérale renouvelée est plus que jamais indispensable pour relever ces défis, avec, au centre, des Nations Unies reconnues, mobilisées, efficaces. Ne nous trompons donc pas sur les conséquences sérieuses d’un échec septembre : je pense notamment à la dynamique créée par les Objectifs du Millénaire, ou à la crédibilité de notre Organisation bien sûr. Nous devons nous placer à la hauteur de l’enjeu.

L’Ambassadeur du Luxembourg a présenté les éléments généraux de la position de l’Union européenne sur le rapport du Secrétaire général. La France les partage pleinement. Nous aurons l’occasion d’y revenir durant les débats thématiques. Il me paraît cependant important de souligner notre approche globale du rapport et quelques sujets particuliers.

Nous devons reconnaître et saluer le fait que le Secrétaire général est parvenu à nous présenter des propositions qui sont pertinentes, cohérentes, et à la fois ambitieuses et réalisables.

- d’abord la pertinence des sujets abordés par le Secrétaire général : le Panel de haut-niveau a travaillé pendant un an sur la sécurité collective, le Projet du Millénaire a rassemblé des centaines de chercheurs sur le développement, nous en avons débattu longuement à l’Assemblée au début de l’année ;

De cet ensemble d’idées et d’analyses, je crois que le rapport a su retenir les questions essentielles qui appellent une décision des Chefs d’Etat et de gouvernement.

- ensuite, l’équilibre de ces thèmes : là-aussi, les messages me semblent avoir été bien entendus. Je pense d’abord au développement, qui est désormais à la place qui lui revient - la première - tout en conservant l’ambition du rapport Sachs. Quelques questions importantes, considérées jusqu’alors comme un peu orphelines, comme les droits de l’Homme, l’environnement ou l’action humanitaire, sont maintenant bien traitées. De la même manière, certains des organes centraux de l’Organisation, qui risquaient d’être négligés - je pense en particulier à l’Ecosoc - sont beaucoup mieux pris en compte. En bref, le rapport a trouvé le bon équilibre entre toutes ces préoccupations légitimes ;

- enfin, la clarté des propositions : nous cédons trop souvent à la tentation des formules molles qui ne sont jamais mises en œuvre. Il faut donc saluer, je crois, le choix du Secrétaire Général de proposer des mesures concrètes, qui soient à la fois ambitieuses et réalisables.

Naturellement, nous aurons besoin de précisions, d’ajustements ou de compléments. Certaines des propositions appellent d’ailleurs par elles-mêmes des développements et la France fera pour sa part, avec l’Union européenne, des suggestions. Mais nous devons en même temps, tout au long de ces discussions, ne pas perdre de vue l’essentiel.

Monsieur le Président,

Je voudrais aujourd’hui simplement mentionner quelques exemples importants :

Le financement du développement me paraît constituer une dimension essentielle de l’équilibre d’ensemble. Les engagements que nous prendrons détermineront très largement la réalisation ou non des Objectifs du Millénaire. Il faut donc tout faire pour suivre la voie tracée par le Secrétaire général : un calendrier précis d’augmentation de l’APD vers les 0,7 %, une amélioration radicale de la qualité de l’aide, l’assurance d’une dette viable, des ressources innovantes indispensables à la couverture des besoins. Sur ce dernier point, la France, avec d’autres, travaillera à préciser les propositions du Secrétaire général, que nous soutenons pleinement. Au-delà des décisions de principe, nous devons en particulier préparer le lancement de projets-pilotes, comme un prélèvement sur les transports aériens au bénéfice de la lutte contre le SIDA.

La lutte contre le terrorisme appelle des réponses sans ambiguïté. Il faut pouvoir le nommer et le combattre ensemble. La stratégie présentée par le Secrétaire général à Madrid fournit les fondements de cette action commune. Nous devons être prêts à nous les approprier. L’adoption il y a quelques jours de la convention contre le terrorisme nucléaire montre que la volonté de surmonter nos différences est là. Nous devons continuer à aller de l’avant.

La consolidation de la paix dans les pays meurtris par les conflits est aujourd’hui à notre portée. La communauté internationale en a maintenant l’expérience, qui est malheureusement trop souvent celle des échecs du passé, et les instruments techniques. Mais il nous manque un lieu pour mobiliser et coordonner l’action de tous les acteurs impliqués. La mise en place d’une Commission de consolidation de la paix fait désormais partie, me semble-t-il, des résultats attendus au Sommet. Le mandat et les fonctions proposés par le Secrétaire général nous paraissent judicieux et en ligne avec l’orientation générale de nos premiers débats sur ce sujet. J’espère que nous approchons d’une solution.

Les droits de l’Homme forment évidemment une part essentielle de l’activité des Nations Unies. La Commission des droits de l’Homme a joué un rôle fondamental dans la mise en place du corpus de normes, de politiques et d’instruments élaborés en commun depuis des dizaines d’années. Nous devons cependant reconnaître qu’elle rencontre désormais des difficultés. Afin de la rendre plus légitime, crédible et efficace, la France souscrit à l’idée d’un rehaussement de son statut, complémentaire d’un renforcement du Haut-Commissaire. De nombreux pays se sont exprimés sur ce point. Bien entendu, les modalités doivent bien sûr être examinées avec soin, en ayant à l’esprit que les droits de l’homme sont universels et qu’à ce titre tous les Etats, et la société civile, doivent être impliqués d’une manière ou d’une autre dans les débats de l’ONU sur les droits de l’Homme. C’est l’un des sujets sur lesquels, M. le Président, une réflexion particulière pourrait s’engager.

Les propositions concernant les agences sont très importantes pour la capacité de notre Organisation à répondre aux enjeux du développement, de l’action humanitaire, de l’environnement. Pour certaines d’entre elles, il apparaît chaque jour plus clairement qu’une réforme ambitieuse, à même d’assurer la cohérence de leurs activités, est devenue une condition de leur survie à moyen-terme. Le Sommet nous fournit l’occasion unique d’une impulsion dans ce sens.

Pour finir, un mot sur les organes principaux : les propositions sur la revitalisation de l’Assemblée générale et sur l’Ecosoc sont naturellement bienvenues. Nous en soutenons l’orientation générale, même si elles méritent quelques précisions. S’agissant du Conseil de sécurité, la position de la France est bien connue.

Monsieur le Président,

Comme vous nous l’avez indiqué, nous entrons dans la deuxième phase des travaux menant au Sommet. Cette phase est décisive. Le Secrétaire général nous a fourni la base cohérente que nous lui avions demandée, indispensable à la préparation des décisions que nous soumettrons aux Chefs d’Etat et de gouvernement. Nous devons être maintenant mobilisés pour réussir.

Je vous remercie./.



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