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14 avril 2014 - Couverture Sanitaire Universelle : Comment la mettre en œuvre et l’évaluer - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Etudes de cas et enseignements

Mesdames et Messieurs,

La France estime que la Couverture sanitaire universelle doit être l’objectif de santé dans l’agenda du développement après 2015. Pourquoi cela ?

Premièrement, il nous faut tirer les leçons du passé : nous devons aller au-delà de l’approche verticale des Objectifs du millénaire pour le développement. La France, comme vous le savez, est profondément engagée sur la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme ainsi que la mortalité maternelle et infantile. Ces questions doivent rester des priorités de nos objectifs de développement. Mais nous ne serons pas capables d’atteindre ces objectifs si nous ne prenons pas en compte les obstacles à une action durable :

— Des systèmes de santé trop faibles ;
— Une appropriation insuffisante par les pays ;
— De fortes inégalités dans l’accès à des services de santé de qualité.

Deuxièmement, pourquoi la CSU devrait-elle être un objectif et non une cible ? Parce que la CSU - contrairement à des cibles concurrentes, telles que l’espérance de vie en bonne santé – donne une forte direction politique à notre action de développement en santé. Une direction politique qui devra être prise en compte dans le cadre de chacune des futures cibles, que ce soient des cibles verticales (comme la lutte contre la mortalité des femmes et des enfants et la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles) ou que ce soit les indispensables cibles horizontales qui seraient l’accès à des services de santé essentiels, d’une part et la réduction du risque financier liées aux dépenses de santé, d’autre part.

La CSU est en droite ligne avec le mandat que nous a donné Rio+20 pour l’agenda de développement après-2015. Ce mandat, c’est celui, d’une part, de mettre la lutte contre la pauvreté au cœur du développement et, d’autre part, d’assurer un développement durable.

Mesdames et messieurs,

Comment la communauté internationale, comment les Etats, comment la France, pevent-ils soutenir la CSU ?

Le premier point, c’est que la couverture sanitaire universelle relève, au premier chef, de la responsabilité des Etats. Chaque Etat est responsable de la santé de ses citoyens et se doit de mettre en place un système de santé permettant l’accès de tous à des traitements de qualité. Cela nécessite la mobilisation des ressources domestiques. Or, trop peu de pays appliquent aujourd’hui l’engagement qu’ils ont pris à Abuja en 2001 de dédier 15% de leur PIB à leur budget national pour la santé. Il y a une réalité complexe à appréhender sur le terrain et la préparation rigoureuse des pays est essentielle. J’insiste sur ce dernier point. Je me félicite que nous puissions aborder cette question aujourd’hui, celle de la mise en œuvre concrète de la CSU dans les pays.

Le deuxième point, c’est la question de l’action de la communauté internationale, qui a un rôle à jouer, pour accompagner les pays en difficulté. La France soutient la Couverture Sanitaire Universelle de plusieurs manière, via des contributions pour l’aide en santé de près de 800 millions d’euros par an (pour l’année 2013), en tant que 2e bailleur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, premier contributeur à la facilité d’achat de médicaments UNITAID et 4e bailleur souverain à l’Alliance mondiale pour la vaccination et l’immunisation GAVI ainsi qu’à travers notre initiative Muskoka pour la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. La France encourage les Fonds verticaux à agir dans une logique de renforcement des systèmes de santé et d’appropriation nationale. C’est également la logique de notre assistance technique bilatérale, l’initiative 5%, qui aide les pays vis-à-vis du Fonds mondial et axe son action sur l’accès aux soins pour les populations vulnérables et le renforcement des systèmes de santé.

Troisièmement, la communauté internationale peut accompagner les pays à mettre en place des systèmes de financement de la santé. Cette question mériterait d’être une cible à part entière dans le cadre de l’objectif englobant de CSU. Cet accompagnement passe par de l’assistance technique, tant il est important de construire des systèmes durables et responsables. La France a été à l’origine, avec l’Allemagne, de la création de l’initative Providing for Health (P4h), avec le soutien de l’OMS, qui aide techniquement les pays à mettre en place des systèmes de financement de la santé et qui aide les partenaires techniques et financiers des pays à se coordonner. Nous œuvrons également au travers de l’action du groupement d’intérêt public français appelé Santé Protection Sociale Internationale, qui met en œuvre des projets de coopération bilatérale avec des pays partenaires. Enfin, une partie des recettes de la taxe française sur les transactions financières, soit 30 millions d’euros en 2013, est consacré à un programme français nommé l’initiative Santé Solidarité Sahel. Cette initiative vise à accompagner des pays du Sahel africain (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal and Tchad) dans la mise en place de systèmes durables d’accès aux soins pour les enfants de moins de 5 ans.

Mesdames et messieurs,

Permettez-moi de conclure en vous souhaitant d’excellents travaux et en remerciant particulièrement le Japon dont on connaît l’engagement en faveur de la Couverture sanitaire universelle, les représentants du Chili, du Bénin et de la Thaïlande, de la Banque mondiale, de l’Organisation Mondiale de la Santé et de la Fondation Rockfeller d’avoir répondu présent à notre invitation, ainsi que l’ensemble des participants pour leur implication dans la promotion de la CSU dans l’agenda de développement après-2015.

« à vérifier au prononcé ».

En savoir plus sur l’engagement de la France aux Nations unies en matière de santé.



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