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19 avril 2013 – Consultation durabilité environnementale - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Chers amis,

Mes premiers mots sont des mots pour remercier le PNUD et le PNUE d’abord, qui assurent l’organisation générale de notre consultation. Je remercie également le Costa Rica, qui coparraine avec la France cette consultation et qui en a hébergé la réunion de cadrage à mi-parcours, réunion qui s’est tenue au Costa Rica les 18 et 19 mars.

Cette consultation a commencé en novembre 2012 avec une première phase de consultation en ligne, grâce à laquelle nous avons reçu et analysé des contributions écrites d’experts du monde entier. Ces contributions ont servi ensuite à alimenter, entre autres, les discussions du « Leadership Meeting », qui ont eu lieu au Costa Rica.

Je voudrais maintenant me concentrer sur les conclusions que nous avons tirées de cette phase et de la réunion de San José :

Tout d’abord, l’intégration des problématiques de développement et d’environnement dans un agenda unique de développement durable en 2015 doit être une priorité. Les experts ont appelé à en finir avec l’approche en silo qui avait prévalu lors de l’élaboration des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Une intégration « verticale » est à inventer, afin d’harmoniser les politiques publiques mondiales, régionales et locales de développement durable.

Deuxièmement, cette intégration ne doit pas signifier l’imposition d’un modèle unique de développement. Il nous faut mieux prendre en compte les spécificités de chacun des pays. Les cibles que nous déterminerons ne pourront être que différenciées par objectif général en fonction des trajectoires de développement des États.

La troisième conclusion est qu’ afin de parvenir à l’éradication de la pauvreté, qui reste notre objectif central, et de garantir un développement durable pour tous, la transition vers un nouveau modèle de gouvernance est nécessaire. Ce modèle devra permettre un renforcement des capacités des États pour une meilleure planification et une plus grande transparence des résultats. Ce modèle devra également permettre une meilleure participation de la société civile. La France s’est engagée dans cette voie. Elle a organisé les Assises du développement et de la solidarité internationale de novembre 2012 à mars 2013. Ces Assises ont permis de prendre en compte la voix des parlementaires, des ONG, du secteur privé, des collectivités locales, des syndicats, des universitaires dans la définition de ses stratégies de développement. Afin de prolonger le dialogue avec la société civile sur la durabilité environnementale, la France compte d’ailleurs organiser à Paris un événement de restitution des réflexions que nous menons et allons continuer de mener dans le cadre de cette consultation.

Enfin, des pistes d’élaboration d’objectifs se dessinent. Les premiers échanges laissent penser que la communauté internationale pourrait s’accorder sur des objectifs globaux chiffrés de très long terme concernant les biens publics mondiaux. Ils seraient fondés sur des accords existants pour faciliter leur approbation. Ensuite, chacun des objectifs, qu’ils existent déjà ou qu’ils soient nouveaux, constituant l’agenda post-2015, devra, dans la mesure du possible, intégrer de manière équilibrée les trois dimensions du développement durable. L’exemple qui a été donnée par l’Administratrice du PNUD, Mme Hélène Clark, présente aux réunions de San José, est éclairant à cet égard : comment traiter de sécurité alimentaire sans évoquer la problématique de la dégradation des terres ?

Ces premiers éléments de conclusion, qui sont préliminaires, constituent une étape de cette consultation et la réflexion devra être prolongée au delà même de la consultation.

Pour conclure, il est évident que l’intégration de la durabilité environnementale dans le cadre de développement après 2015 n’est pas encore partagée par tous. Cependant, elle nous semble faire partie intégrante du défi auquel nous devons collectivement faire face.

Le ministre du développement, qui participe aux travaux du groupe sur les Objectifs de Développement Durable créé après la réunion de Rio, l’a rappelé et la discussion qui s’engage dans ce groupe, aux Nations unies, tombe à point nommé, puisqu’il s’est donné comme première mission de discuter de l’articulation entre les OMD et les ODD et de l’intégration des trois dimensions du développement durable. J’aimerais rappeler à cette occasion que les trois priorités de la politique française de développement annoncées par le Président de la République sont le développement économique, la sécurité et la protection de l’environnement et c’est dans ces trois domaines que la France travaillera plus particulièrement à la définition de l’agenda post-2015.

Pour conclure, je encourage donc tous à rester actifs sur notre plateforme de discussion en ligne et si vous ne l’êtes pas encore, de le devenir. Cette consultation se poursuit en ligne depuis lundi et nous espérons que vous serez nombreux à y contribuer et que nous pourrons continuer à progresser dans ce débat, qui est à la fois très ambitieux et très complexe, en termes conceptuels, puisqu’il s’agit de définir les objectifs du développement durable que nous ne pourrons pas inventer seuls, entre diplomates. Nous aurons besoin pour cela de tous nos amis de la société civile.

Je vous remercie.

En savoir plus sur l’agenda post-2015.



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