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19 septembre 2011 - Symposium du Secrétaire général sur le contre-terrorisme international - Intervention de M. Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes

Monsieur le Directeur exécutif,

Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,


Permettez-moi de remercier le Secrétaire général et l’équipe spéciale en charge de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies d’avoir organisé ce symposium.


Les tragiques attentats qui ont endeuillé la Norvège et les récentes attaques perpétrées en Iraq, en Afghanistan et en Inde nous le rappellent : aucun peuple, aucun Etat ne peut désormais se considérer comme définitivement à l’abri de la menace.


La communauté internationale doit donc être plus que jamais unie et solidaire. La lutte contre le terrorisme est l’affaire de tous, c’est le combat de la démocratie contre la violence aveugle et lâche, d’où qu’elle vienne. Les Nations unies sont un cadre naturel pour cet engagement collectif. Leurs organes et leurs agences ont un rôle fondamental à jouer pour faciliter la coopération sur le terrain.


Depuis le 11 septembre 2001, dans une large mesure, la menace terroriste a changé. Ben Laden est mort. Ce qui ne signifie pas malheureusement que la menace d’Al Qaida ait complètement disparu. Elle s’est régionalisée, et la nébuleuse d’organisations locales qui s’en réclament affecte lourdement la sécurité et le développement de régions entières, notamment au Sahel, dans la Corne de l’Afrique, au Yémen ou à la frontière pakistano-afghane.


Nous devons donc redoubler d’efforts.


La solution ne pourra venir que d’un engagement déterminé de tous les Etats des régions concernées et d’une meilleure coopération internationale. En disant cela, je pense tout particulièrement au Sahel, je tiens à saluer la tenue de la conférence qui a été organisée les 7 et 8 septembre à Alger par les ministres des Affaires étrangères d’Algérie, de Mauritanie, du Mali et du Niger avec leurs principaux partenaires internationaux c’est je crois un très bel exemple de coopération internationale.


Mais nous devons aussi nous attaquer aux racines du terrorisme, en menant une action résolue en matière d’aide au développement et de renforcement de la gouvernance.


C’est dans cet esprit que la France s’engage tout particulièrement aux côtés de ses partenaires du Maghreb pour les soutenir dans la lutte contre Al Qaida au Maghreb islamique. C’est aussi le sens de la Stratégie de l’Union Européenne sur le Sahel, dans laquelle la France est bien entendu pleinement impliquée.


Nous pouvons agir dans trois directions :


— D’abord, lutter contre la dissémination des armements - ce sera une priorité des efforts de reconstruction en Libye dont nous parlerons demain lors de la conférence des amis de la Libye.


— Ensuite, renforcer les capacités des Etats les plus fragiles, pour les aider à contrôler l’ensemble de leur territoire, à y déployer les services publics et à exercer l’autorité de l’Etat partout où cela est nécessaire. A cet égard, la promotion de l’Etat de droit est fondamentale. La France croit à une approche judiciaire de la lutte contre le terrorisme. Juger les terroristes est la meilleure façon de les discréditer. Le respect des droits de l’Homme est, sur le long terme, la meilleure garantie - et peut-être la seule- de l’efficacité de notre combat contre le terrorisme.


— Troisième direction : accroître nos efforts dans la lutte contre les situations qui risquent d’être instrumentalisées par les mouvements terroristes. Trop souvent ces mouvements élargissent leur audience en exploitant le sentiment d’abandon vécu par les populations plongées dans une misère quotidienne inacceptable. Face à cette situation, l’aide au développement est indispensable. Nous ne devons pas renoncer à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, que nous nous sommes fixés en 2000.

Le combat contre le terrorisme passe enfin, et peut-être avant tout aujourd’hui, par des actions en faveur du soutien à la transition démocratique.


Les révolutions qui ont eu lieu dans le monde arabe au cours des derniers mois constituent un bouleversement historique. Ensemble, nous devons apporter notre soutien aux aspirations des populations au changement et à la liberté, car des espoirs déçus se traduiraient par un retour à la tentation de la violence et de l’extrémisme, c’est ce que nous verrons cette semaine même ici à New York lors de la réunion du Partenariat de Deauville qui manifestera notre solidarité avec les pays en transition - l’Egypte, la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et la Libye.


Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. C’est maintenant ou jamais que nous devons nous tenir aux côtés de ces jeunes démocraties. Sachons rester unis autour de nos valeurs de paix et de démocratie pour assurer ensemble la sécurité de nos citoyens partout dans le monde./.



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