Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

1er février 2012 - ECOSOC - 50ème session de la Commission du développement social - Intervention de Mme Marie-Christine Coënt, chef du bureau des affaires internationales du travail, de l’emploi, des affaires sociales et des droits de l’Homme au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé

Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration qui a été prononcée hier au nom de l’Union européenne.

La France se félicite que l’éradication de la pauvreté constitue le thème prioritaire de la 50ème session de la Commission du développement social. Lutter contre la pauvreté, c’est favoriser l’inclusion sociale pour tous, partout dans le monde. Une telle inclusion passe par l’accès à un emploi de qualité et à un système de protection sociale.

A Cannes, en novembre dernier, les Chefs d’Etats et de Gouvernements du G20 se sont rassemblés sur ces objectifs essentiels, en s’engageant notamment en faveur d’une stratégie mondiale pour la croissance et l’emploi. Ils ont ainsi reconnu que « Notre objectif final est de créer des emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité pour nos concitoyens, de promouvoir la solidarité sociale dans tous les pays et de favoriser le développement et la réduction de la pauvreté en particulier dans les pays les moins avancés de la planète ».

Monsieur le Président,

L’inclusion sociale passe d’abord par l’emploi. Or, partout dans le monde, la crise a aggravé les difficultés d’accès à l’emploi, notamment pour les jeunes et pour les autres groupes les plus vulnérables face au risque de chômage comme les femmes, les handicapés, ou encore les travailleurs âgés.

La question de l’emploi est cruciale dans les pays développés, mais elle l’est également dans les pays en développement. Comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport, de nombreux travailleurs exclus de l’emploi formel se tournent vers l’économie informelle où les salaires sont plus faibles et les conditions de travail moins favorables. Il rappelle que la situation est critique pour les jeunes qui sont particulièrement affectés par le chômage et sur-représentés, tant dans le secteur informel que parmi les travailleurs pauvres.

Dans certains pays, on parle d’ores et déjà de générations sacrifiées. C’est inacceptable du point de vue humain et cela constitue, à terme, un risque pour la stabilité sociale et politique des Etats.

Face aux défis posés par le chômage des jeunes et des personnes les plus vulnérables, nous devons agir à tous les niveaux : local, national, régional et mondial.

En France, le Président de la République vient ainsi d’annoncer la mise en œuvre d’une série d’initiatives. Elles visent à faciliter l’emploi des jeunes et à développer l’emploi partiel plutôt que le licenciement. Cette dernière mesure doit aussi permettre la formation pendant les périodes d’activité partielles. Il est aussi prévu d’appuyer les dispositifs de formation en alternance, qui combinent apprentissage en entreprises et enseignements académiques.

Au niveau européen, favoriser l’emploi pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale est au cœur de la stratégie Europe 2020 mentionnée par la représentante de l’Union européenne.

A l’échelle internationale, l’adoption du Pacte mondial pour l’emploi à l’Organisation Internationale du Travail en 2009 concrétise la mobilisation des Etats, aux côtés des employeurs et des travailleurs, pour mettre l’emploi et la protection sociale au centre des réponses à apporter à la crise.

Parallèlement à l’emploi et à la protection sociale, deux grands autres domaines constituaient les quatre priorités de l’agenda social du G20 : le respect des droits sociaux et du travail et la cohérence entre les organisations internationales, notamment économiques et sociales. La création d’une « task force » sur l’emploi, qui s’est déjà réunie à l’initiative de la présidence mexicaine du G20, témoigne de la volonté de concrétiser les engagements pris en aboutissant à des outils concrets et opérationnels.

Monsieur le Président,

Permettez-moi d’insister sur la protection sociale qui constitue naturellement un puissant facteur d’inclusion. Il faut que les ménages aient une sécurité suffisante pour tirer parti des opportunités économiques. Nous savons également que la protection sociale joue un rôle d’amortisseur des crises tout en contribuant à soutenir la croissance.

De surcroît, comme le rapport du Secrétaire général le souligne, l’inégalité croissante des revenus constitue aujourd’hui un défi majeur, y compris dans des pays qui ont réussi à réduire la pauvreté.

Dans ce contexte, la concrétisation d’un objectif de protection sociale accessible à tous, à partir du développement de socles de protection sociale, constituerait un progrès majeur. Le rapport du Groupe consultatif mondial sur le socle de protection sociale, présidé par Madame Bachelet, nous a permis d’apprécier l’intérêt d’une démarche qui s’adapte à toutes les situations nationales, quel que soit le niveau de développement d’un pays. La France souhaite que la prochaine Conférence internationale du travail de juin 2012 permette de progresser avec l’examen d’un projet de Recommandation en la matière.

L’Etat a également un rôle clé à jouer dans le développement de ces socles. Il pourra utilement s’appuyer sur les partenaires sociaux et les autres acteurs pertinents de la société civile. Sous l’impulsion de la France, la déclaration du G20 de Cannes a également insisté sur l’extension dans les pays en développement des socles de protection sociale.

Naturellement, dans tous les pays, il est nécessaire de mettre en œuvre des financements durables pour la protection sociale. Pour autant, la recherche de l’équilibre financier, ce n’est pas simplement dépenser moins, mais dépenser mieux. C’est un enjeu de pérennité pour nos systèmes sociaux.

La question du financement de la protection sociale, et plus largement du développement social, se pose également dans les pays en développement. La France a souhaité contribuer à donner corps, pendant sa présidence du G20, à la mise en œuvre du plan d’action pluriannuel pour le développement de Séoul, y compris sur les questions de la croissance résiliente qui inclut la protection sociale. Le nouveau partenariat pour l’Afrique constitue, pour sa part, une contribution essentielle de la communauté internationale pour la lutte contre la pauvreté et au service du développement de l’Afrique. La France soutient par ailleurs des projets en faveur du développement social et de la protection sociale, y compris en finançant des programmes de coopération et d’assistance technique mis en œuvre par le Bureau international du travail.

Le défi n’est pas toujours simple à relever dans le contexte du vieillissement démographique. La France souligne, à cet égard, la pertinence du plan d’action international de Madrid sur le vieillissement et l’importance des suivis opérés à tous les niveaux.

Monsieur le Président,

Promouvoir une société pleinement inclusive passe par le soutien apporté aux plus vulnérables, y compris aux personnes âgées ou handicapées, mais également par l’attention portée aux familles, y compris aux familles monoparentales.

La France est résolument engagée à ce que soit garantie aux plus vulnérables la pleine jouissance de tous leurs droits humains et libertés fondamentales. Je souhaite en particulier souligner l’importance de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, et saluer l’adhésion de l’Union européenne à cet instrument novateur. La France se propose d’œuvrer à l’universalité de la Convention et de son protocole facultatif en incitant les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier ces deux instruments, notamment dans le cadre de la procédure de l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’Homme.

Pour conclure, je voudrais rappeler l’importance d’une action coordonnée et concertée, aux niveaux national, régional et international, mais également en associant pleinement les organisations non-gouvernementales, les partenaires sociaux et tous les acteurs de la société civile. Nous devons agir, ensemble, en faveur d’une croissance économique au service du développement humain et non l’inverse.

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU