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21 septembre 2010 - Sommet sur les OMD - Evènement parallèle du Fonds mondial : "Champions de la santé mondiale" - Intervention de M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’agence,

Mesdames et Messieurs,

A la fin des années 1990, dans les pays du Sud, être atteint du SIDA, c’était être condamné à mort. L’idée même de faire bénéficier à tous les malades, où qu’ils se trouvent, des traitements indispensables à leur survie était impossible. Traiter les malades était impossible.

Comme vous le savez, la France a été pionnière dans ce combat, avec la mise en place du premier fonds de solidarité thérapeutique, en 1998. Preuve que l’accès aux traitements contre les trois pandémies SIDA-paludisme-tuberculose étaient non seulement un devoir moral, mais aussi un objectif réalisable.

Le Fonds mondial, un outil révolutionnaire par ses ambitions, par son fonctionnement, a été créé en 2002. Nous étions quelques uns, dont votre prédécéceur, M. Ban Ki-moon, quelques uns seulement à y croire. Rappellez vous, les autres n’y croyaient pas, il s disaient " c’est impossible " et presque " vous n’avez pas le droit ". Quand on vous dit que vous n’avez pas le droit, c’est une raison supplémentaire pour le faire.

Que s’est-il passé depuis 8 ans ? Des programmes de prévention, de traitement et de soins à grande échelle contre les trois maladies ont été mis en place dans 144 pays. Le Fonds mondial leur a consacré près de 20 milliards de dollars. Plus de 5 millions de vies ont ainsi été sauvées et près de 3 millions de personnes infectées par le VIH-SIDA ont été traitées. Qui aurait pu penser, il y a dix ans, que nous parviendrions à de tels résultats ?

L’un des principaux obstacles au traitement était alors le prix des médicaments, inabordables pour 90 % des malades. Cette situation était tout simplement inacceptable. Là aussi, l’action de la France a été décisive, avec la création d’UNITAID, facilité de paiement visant à réduire les prix des médicaments.

Aujourd’hui, la France renforce son engagement auprès du Fonds mondial. Nous sommes, depuis sa création, le 2ème donateur mondial. Dans quelques jours, Monsieur le Secrétaire général, vous présiderez à New York la conférence de reconstitution du Fonds pour les années 2011-2013. La France sera fidèle à ce rendez-vous : le Président de la République l’a annoncé hier dans son discours au sommet sur les Objectifs du Millénaire, notre pays augmentera à hauteur de 20% sa contribution, qui passera ainsi de 900 millions d’euros à 1,08 milliard d’euros pour la période 2011-2013.

Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs,

Nous avons tous consenti à un effort important ces dernières années, mais, nous le savons, beaucoup reste à faire. Ce n’est qu’ensemble que nous parviendrons véritablement à atteindre les objectifs que nous nous sommes collectivement fixés en 2000 en matière de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.

Nous appelons donc tous nos partenaires à renouveler leurs efforts aux côtés du Fonds mondial. Les pays récipiendaires, en renforçant leurs systèmes de santé. Donner de l’argent pour combattre le sida, la tuberculose et la malaria doit se comprendre avec parallèlement un renforcement des systèmes de santé et des systèmes d’assurance maladie. En renforçant les systèmes d’assurance maladie on traitera beaucoup mieux le sida, la tuberculose et la malaria. Ce n’est pas contradictoire, c’est complémentaire. Il faut que les pays consacrent les moyens nécessaires conformément aux engagements d’Abuja (15% du budget des Etats pour les dépenses de santé). Les pays donateurs traditionnels, en maintenant ou en accroissant leurs efforts financiers, malgré les contraintes budgétaires que nous connaissons tous. Les pays émergents, enfin, qui portent aujourd’hui une bonne part de la croissance mondiale, doivent prendre toutes leurs responsabilités dans l’effort commun pour la réalisation des OMD.

Je voudrais vous dire un dernier mot, concernant les financements innovants. Tout l’effort public ne suffira pas. Bien sûr il faut faire comprendre aux pays récipiendaires, aux pays africains en particulier, que ce que nous souhaitons de la part des financements innovants va s’ajouter à l’effort public, il ne va pas se soustraire. Nous avons eu une conférence de presque tous les pays africains qui croyaient que les financements innovants allaient nous permettre de retirer notre effort public. Pas du tout, c’est un financement complémentaire dont nous avons besoin.

Il y a un groupe au côté duquel la France a travaillé, composé de 60 pays. C’est à propos d’une petite contribution, très petite : 0,005% sur les transactions financières qu’on pourrait réunir suffisamment de dizaines de milliards de dollars ou d’euros pour continuer la tâche.

Monsieur le Secrétaire général, je salue votre engagement pour la santé mondiale, et notamment pour la santé des femmes et des enfants. Vous pouvez compter sur le plein soutien de la France.

Je vous remercie./.



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