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23 mars 2010 - ECOSOC - Dialogue de haut niveau sur le financement du développement : Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies

" Le consensus de Monterrey et de Doha : bilan de mise en œuvre et travaux à prévoir "

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Je tiens tout d’abord à m’associer à la Déclaration de l’Union européenne.

Nous partageons, depuis 2002, une vision commune du financement du développement, autour de deux principes essentiels qui doivent continuer à guider notre action :

— le premier est la nécessité d’une approche globale dans le cadre d’une exigence de cohérence et de coordination au sein du système économique, financier et commercial international.

— le deuxième est le partenariat qui a été établi et réunit, au-delà des Gouvernements, tous les partenaires intéressés, qu’il s’agisse des ONG, du secteur privé, des fondations etc…

Aujourd’hui, toutefois, la mise en oeuvre du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha intervient dans le contexte d’une crise qui n’a épargné personne. Pour nos partenaires en développement, elle risque en outre de peser sur la mise en œuvre des OMD - notamment dans les domaines de la lutte contre la pauvreté et la faim, la mortalité maternelle et infantile, l’accès à l’éducation primaire et à l’eau.

A ces conséquences dramatiques s’ajoutent les nouveaux besoins de financement des biens publics mondiaux, en particulier le financement de l’adaptation au changement climatique, de la sécurité alimentaire, de la lutte contre les pandémies…

Dans ce contexte et pour que les promesses auxquelles nous avons tous souscrit à Monterrey et à Doha se réalisent au service du développement, nous devons jeter les bases d’une croissance inclusive, durable et plus équilibrée, facteur essentiel de la lutte contre la pauvreté. Je souhaiterais souligner quatre axes nécessitant notre action :

— premièrement, mobiliser la première ressource du financement du développement, à savoir les ressources nationales des pays eux-mêmes. Ceci suppose notamment la mise en place de systèmes fiscaux efficaces, la lutte contre la corruption et la création d’un environnement permettant le développement de l’initiative privée sans lesquels il ne peut y avoir de développement possible à long terme.

— deuxièmement, accroître la contribution des flux financiers privés au développement. Il faut, par exemple, aller de l’avant dans la réflexion sur la facilitation et la sécurisation des transferts financiers des migrants en encourageant leur orientation dans l’investissement productif des pays de destination.

— troisièmement, au-delà de la réaffirmation de nos engagements pris dans le domaine de la coopération financière et technique, poursuivre la recherche de financements additionnels, stables et prévisibles prélevés sur les flux de la mondialisation. Aux côtés de ses partenaires du Groupe pilote, la France s’est engagée pleinement dans la recherche de financements innovants pour le développement. Elle a été à l’origine du groupe de travail sur les transactions financières internationales pour le développement. Il faut aller plus loin.

— quatrièmement, construire une " mondialisation coopérative " favorisant le développement durable. L’action déterminée du G20 a permis d’éviter un effondrement du système. Une accélération de la réforme de la gouvernance économique et financière internationale a été décidée, passant notamment par une meilleure représentativité des institutions financières. Des mesures sont prises en vue de résorber les déséquilibres macroéconomiques avec le concours du FMI. Nous devons poursuivre notre action en faveur d’un traitement coordonné et efficace des nouveaux défis mondiaux et renforcer la complémentarité des actions engagées au niveau international.

Monsieur le Président,

Les Nations Unies, du fait de leur universalité, leur capacité à aborder tous les sujets de la mondialisation - notamment dans le domaine social et de l’environnement, sont un acteur majeur à cet égard ; elles doivent aussi poursuivre leurs réformes au service de leurs Etats membres.

Je vous remercie./.



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