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23 septembre 2013 - Présentation des résultats des consultations conduites par le PNUD sur l’agenda post-2015 - Intervention de M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Secrétaire général,
Madame l’Administratrice du PNUD,
Mesdames, Messieurs les Ministres
Mesdames, Messieurs, les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,

Je voulais tout d’abord vous dire le plaisir d’être parmi vous cet après-midi.

Lorsque le PNUD nous a proposé de participer à son programme de consultations, nous avons été intéressés à double titre.

Tout d’abord, parce que nous partageons entièrement cette démarche participative. Comment élaborer des objectifs traduisant « l’avenir que nous voulons », si l’on ne donne pas à l’ensemble des citoyens l’opportunité d’exprimer leur vision d’un avenir meilleur ? Nous avons nous même au niveau français construit notre position de manière participative avec les organisations de la société civile.

Cette voie n’est certes pas la plus simple : le processus est long, la synthèse de toutes les idées foisonnantes n’est pas toujours aisée, c’est pourquoi, je tenais à saluer le travail de coordination du PNUD tout au long de ce processus. Je tenais à en remercier dès à présent Madame l’Administratrice. Car les résultats sont impressionnants. Plus d’un million de personnes ont ainsi à travers cette consultation contribué, d’une façon ou d’une autre, à dessiner les contours des futurs objectifs. Vous me direz, c’est bien peu par rapport aux 7 milliards d’êtres humains. Mais comparé aux OMD, négociés tout au plus par quelques centaines de personnes, nous avons progressé de manière considérable.

La seconde raison pour laquelle nous avons décidé de participer à ce processus de consultation, c’est son thème. Le PNUD nous a proposé de parrainer – la durabilité environnementale –, ce n’était d’ailleurs peut-être pas totalement un hasard, car j’ai placé cette question au cœur des priorités de la politique française de développement. Je tenais d’ailleurs à remercier nos partenaires du Costa Rica, « co-parrains » de cette consultation, de leur engagement dans ce processus.

A l’issu de cette consultation, je dois dire que ces conclusions correspondent bien à notre vision de l’agenda post-2015.

Ces conclusions nous les partageons car elles présentent le développement humain et la préservation de la planète comme des objectifs interconnectés. L’approche en silo des OMD – autrement dit « un secteur / un objectif » – n’est plus pertinente. Dans le futur agenda du développement, la durabilité environnementale devra être intégrée de façon transversale.

Ce principe de convergence des agendas, ce n’est pas une nouvelle théorie, une nouvelle mode, mais simplement le reflet des réalités vécues par les hommes et les femmes qui sont aujourd’hui victimes de la dégradation environnementale et du changement climatique. J’étais au Sénégal la semaine passée. J’y ai visité le plus grand programme au monde de réhabilitation de la mangrove du monde. Cette mangrove avait disparu du fait de la déforestation. Elle est aujourd’hui en phase de reconstitution.

Ce type de programme a un triple bénéfice.

Il a un impact climatique. C’est d’ailleurs l’objectif initial, puisque la mangrove absorbe fortement le CO2.

Il a un impact environnemental local, puisque la mangrove prévient l’érosion littorale et la salinisation des sols.

Il a enfin un impact économique et social car les poissons reviennent avec la mangrove et les rizières redeviennent cultivables. Ainsi, le revenu des pêcheurs augmentent et la sécurité alimentaire progresse.

A travers cet exemple très concret, c’est bien l’impératif de convergence qui est démontré. Un monde insoutenable sur le plan environnemental est aussi un monde où nous échouerons à faire reculer la pauvreté.

La seconde grande conclusion qui ressort de ces consultations, c’est la nécessité dans l’agenda du développement après 2015 de mieux prendre en compte les domaines clés suivants : la gouvernance et la redevabilité, l’action locale et l’autonomisation, l’éducation, les dynamiques migratoires, les droits des pauvres et des personnes marginalisés, et enfin le lien entre environnement et santé.

Là encore, il ne s’agit pas de raffiner des indicateurs, des objectifs pour la beauté de l’art, mais de répondre aux demandes des populations les plus pauvres. Ces nouveaux domaines ont été précisément identifiés par ces acteurs habituellement exclus des processus décisionnels – je pense notamment aux jeunes, aux femmes, aux plus pauvres et aux marginalisés.

Nous ne pouvons pas continuer à construire des programmes de lutte contre la pauvreté sans consulter et impliquer ceux qui en sont les destinataires. A ce titre, je tiens à saluer le travail exemplaire de l’ONG française ATD Quart monde qui travaille à accompagner les plus démunis dans la formulation de leurs besoins afin qu’ils soient aussi les acteurs de leur propre développement.

Les conclusions de la consultation que la France a parrainée sont in fine similaires à la position nationale française… Mais n’y voyez aucune ingérence de notre part dans ce processus, sa neutralité a été parfaitement garantie du début à la fin par les équipes du PNUD. C’est la condition d’ailleurs de la légitimité de ces consultations.

Je voudrais d’ailleurs conclure sur cette question de légitimité. Cette question est déterminante. L’agenda unique et universel du développement durable, que nous appelons de nos vœux, impliquera une légitimité renouvelée et renforcée pour être accepté non seulement par les gouvernements mais aussi par l’humanité dans son ensemble. C’est pourquoi, il est essentiel, dans les deux ans qui viennent, de poursuivre et amplifier ce dialogue permanent et ouvert avec la société civile. Nous construirons cet agenda de la soutenabilité que si nous acceptons de regarder ensemble dans la même direction.

Une phrase résume bien cette vision de l’agenda post 2015 :

"Espérer, c’est faire mentir l’avenir"


En savoir plus sur les Objectifs du millénaire pour le développement et l’Agenda pour le développement post 2015.



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