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24 septembre 2010 - Réunion de haut niveau sur le Soudan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président

Un très large consensus s’est dégagé dans cette salle qui part du constat simple qu’il y a 5 ans, la signature de l’accord global de paix, le " CPA " (Comprehensive Peace Agreement) a mis un terme à deux décennies de guerre meurtrière entre le Nord et le Sud. Une des guerres qui avait couté la vie à sans doute au moins deux millions de personnes. Le maintien de la paix aujourd’hui tient au respect intégral de cet accord qui doit être mis en œuvre.

Les Sud-Soudanais devront décider de leur avenir par référendums le 9 janvier 2011, c’est-à-dire dans moins de 4 mois. Nous sommes ici réunis pour rappeler que rien ne doit empêcher la tenue de ces référendums le 9 janvier. Dans le cas contraire, nous le savons tous, la guerre peut reprendre. Elle déstabiliserait le Soudan, mais aussi la région et le continent tout entier.

La responsabilité première incombe aux parties et nous saluons tous la création des instances de concertation entre partenaires du Nord et du Sud pour discuter des questions post-référendaires.

Mais la question doit aussi être posée ici de savoir si les conditions sont aujourd’hui réunies pour que les référendums se déroulent à temps et de façon crédible.

Certains intervenants l’ont dit, beaucoup reste à faire. Il faut rattraper le retard qui a été pris dans la préparation technique des référendums. Nous devons tous, les parties mais aussi l’ensemble de la communauté internationale, nous engager résolument dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent pour permettre la tenue des référendums.

A cet égard, le travail fourni par la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) pour appuyer les parties est essentiel. La France, de son côté, est aussi prête à apporter tout son soutien aux parties et aux commissions référendaires pour que les scrutins se déroulent dans les meilleures conditions possibles, le 9 janvier.

Ensuite, quel que soit le résultat de ces référendums, la communauté internationale dans son ensemble doit se tenir aux côtés des Soudanais pour les accompagner au mieux vers la fin de la période intérimaire. Et nous saluons naturellement tous l’action conjointe de l’Union africaine et des Nations unies, animée par le Président Mbeki, Messieurs Menkérios, Gambari et Bassolé, pour mobiliser et coordonner les efforts internationaux.

Mais l’avenir du Soudan, ce n’est pas seulement les référendums sur le Sud, c’est également le Darfour. Le Soudan ne connaîtra pas la paix tant que la question du Darfour n’aura pas été résolue. Nous continuons donc à soutenir le processus de Doha.

Mais nous devons souligner qu’aujourd’hui encore les populations civiles sont victimes au Darfour des affrontements entre les forces armées et les mouvements rebelles. Nous devons souligner que l’accès aux camps de réfugiés n’est pas assuré. Il est plus que temps de mettre fin au calvaire que subissent depuis plus de sept ans les populations civiles du Darfour. Il n’y a pas de solution militaire. Les offensives militaires actuellement menées ne serviront à rien si ce n’est à amener de nouvelles souffrances.

Mais nous le savons tous également : la paix ne pourra véritablement se faire sans justice pour les victimes. La France entend leur souffrance et partage leur exigence de voir donner aux crimes qu’elles ont subit les suites que leur gravité exceptionnelle appelle. Je rappelle le ferme engagement de la France dans la lutte contre l’impunité et son soutien inconditionnel à l’action de la Cour pénale internationale. Ses décisions ne doivent pas demeurer sans réponse. Tous les Etats, et tout particulièrement ceux qui ont souscrit au Statut de Rome, doivent coopérer activement avec elle.

Monsieur le Président, je vous remercie./.



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