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24 septembre 2013 - Evénement parallèle du Groupe Pilote sur les financements innovants pour le Développement - Intervention de M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement

M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement, lors de l’événement parallèle du Groupe Pilote sur les financements innovants pour le Développement
New York - 24 septembre 2013 - Franceonu photo / Martin Loper


Mesdames, Messieurs les Présidents,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,

Je souhaitais tout d’abord au nom de la France et du Secrétariat permanent du Groupe pilote, vous remercier d’être présents aujourd’hui pour faire avancer cet agenda, ô combien essentiel, des financements innovants.

Notre objectif partagé, c’est de définir un nouvel agenda du développement après 2015. Ce nouvel agenda impliquera de nouveaux financements, des financements innovants. C’est l’enjeu des discussions que nous avons au sein du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable.

Nous aurons bien évidemment besoin de maintenir notre engagement en matière d’aide publique au développement. L’aide publique restera essentielle pour faire reculer la pauvreté, notamment dans les pays les moins avancés.

Mais, nous le savons, l’aide publique seule ne pourra répondre aux enjeux de l’agenda unique et universel du développement durable que nous appelons de nos voeux. Nous aurons besoin d’inventer et mettre en oeuvre de nouveaux types de financements. C’est la mission que s’est fixée le Groupe Pilote, et je voulais remercier la Présidence nigériane de porter le projet de résolution dédiée aux financements innovants, qui sera présentée lors de cette 68e Assemblée générale des Nations unies.

Dès aujourd’hui, nous pouvons lever de nouvelles ressources pour le développement. Nous le faisons en France. Nous avons affecté 10 % de notre taxe sur les transactions financières au financement du développement, en particulier à la santé et à l’environnement. Grâce à ces fonds, nous lançons dès cette année une initiative pilote pour permettre un accès gratuit aux soins pour deux millions d’enfants au Sahel. L’année prochaine, nous revalorisons notre taxe de solidarité sur les billets d’avion. Enfin, nous travaillons également à la mise en place d’une taxe sur les transactions financières au niveau européen dont nous souhaitons qu’une partie des recettes soit affectée au développement. Voilà les outils que nous avons, nous la France, décidé de mettre en oeuvre aujourd’hui.

J’insiste d’ailleurs sur la vocation de ce Groupe qui est de garder un esprit ouvert à toute initiative innovante permettant de lever de nouvelles ressources financières pour le développement. Nous avons besoin d’élargir notre palette d’outils de financement. C’est pourquoi, je me félicite que la deuxième session de cet événement soit consacrée au financement privé. Si nous nous contentons de nous intéresser aux financements publics, nous échouerons à construire un monde durable. Car les financements publics sont limités au regard des besoins. Car les investissements privés excèdent largement les financements publics. L’enjeu aujourd’hui est d’orienter ces financements privés vers des solutions durables. Nous pouvons le faire justement par l’innovation financière. Car, les projets durables sont rentables dès aujourd’hui. L’énergie renouvelable est d’ores et déjà compétitive en Afrique. Mais ces projets nécessitent pour être rentabilisés un horizon de temps que malheureusement les investisseurs privés ne peuvent envisager. C’est ici qu’à travers des garanties, des mixages de prêts et de dons, nous pouvons permettre dès à présent de faire émerger par le secteur privé ces projets durables. C’est essentiel car ces choix d’investissements déterminent la trajectoire énergétique et d’émissions pour les 20, les 40 prochaines années. Au-delà du carbone, nous devons également inventer les nouveaux mécanismes pour valoriser notamment le capital naturel. Nous avons commencé à le faire en matière de finance carbone, même si aujourd’hui la faiblesse du prix du carbone pénalise ces mécanismes. Nous devons également avancer pour mieux valoriser la préservation de la biodiversité et des écosystèmes. La France soutient dans ce contexte des initiatives visant à mieux comptabiliser le capital naturel, comme le projet WAVES de la Banque Mondiale, par exemple.

Avant de donner la parole aux panélistes, je souhaite souligner que le premier des financements pour le développement doit être les ressources propres des Etats. La transparence des revenus tirés des matières premières et la lutte contre l’évasion fiscale sont indispensables pour permettre de financer le développement. La ministre des Finances du Nigeria, Mme Ngozi Okonjo-Iweala, en parlera mieux que moi. L’obligation de transparence doit ainsi devenir un principe clé du financement du développement dans l’agenda post-2015. La transparence est aujourd’hui encore trop souvent l’exception, même si beaucoup d’avancées ont été réalisées cette année, exceptionnelle à cet égard, elle doit devenir la règle.

Cette approche globale, je crois que nous sommes déjà nombreux à la promouvoir, en particulier à travers notre adhésion au Groupe Pilote sur les financements innovants qui s’attache depuis sa création à rassembler toutes sortes d’acteurs issus du Nord comme du Sud et représentant les autorités publiques comme la société civile. J’invite tous ces partenaires à s’impliquer, même à titre d’observateurs, dans les travaux du Groupe Pilote qui est tout simplement un espace unique d’échange d’informations et de bonnes pratiques sur toutes les solutions innovantes, permettant de compléter les flux traditionnels d’aide au développement.

Je vous remercie.

En savoir plus sur les financements innovants pour le développement.



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