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25 septembre 2013 – RCA - Remarques à la presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

L’année dernière nous avions lancé un cri d’alarme sur le Mali. Cette fois-ci la situation est différente mais nous lançons un cri d’alarme, j’allais dire coup de gueule, sur la Centrafrique. La Centrafrique est devenue un Etat néant. Dans cet Etat néant, les ravages sur le plan des exactions se multiplient. Nous avons donc à agir sur le plan humanitaire d’une façon extrêmement rapide, nous devons agir sur le plan sécuritaire - parce que s’il n’y a pas de sécurité rien n’est possible - et sur le plan politique.

J’ai été heureux de voir qu’il y avait beaucoup de pays représentés. Concrètement, sur le plan humanitaire, ça veut dire mettre en place des financements des organisations. La France, pour sa part, a décidé d’apporter 10 millions d’euros. Il y aura au mois d’octobre, fait sans précédent, un transport à Bangui de l’ensemble des organisations internationales, des fonds et des banques qui peuvent traiter ce sujet. L’humanitaire est absolument urgent.

Le sécuritaire aussi. Nous travaillons pour qu’une résolution soit adoptée ici aux Nations unies pour donner un soutien à ce qui se fait sur place en Afrique, à travers la MISCA. Plusieurs pays limitrophes de la Centrafrique ont accepté d’augmenter leurs effectifs, qui vont passer à 3 500 hommes. C’est une bonne chose. Mais tout ceci doit être appuyé par une résolution internationale. Nous espérons pouvoir la faire adopter en octobre quitte à ce qu’il y ait une deuxième résolution de complément.

Il faut également travailler sur le plan politique. Le Premier ministre de la Centrafrique était là. Mais il faut que les autorités de transition respectent le mandat qui leur a été donné dans les réunions précédentes, notamment à Libreville.

Pour sa part, la France a un contingent sur place qui assure essentiellement la protection de l’aéroport, mais est tout à fait prête à augmenter ses moyens pour aider les Africains, car il faut passer d’abord par les Africains et l’Union africaine.

Le dernier mot, c’est qu’il faut réfléchir à ce qui s’est passé hier et avant-hier au Kenya, à Nairobi. J’ai parlé d’un Etat néant. La nature, comme je le disais avec les évêques qui sont là, a horreur du vide. Et dans le vide peuvent venir toutes les exactions. La Séléka multiplie les exactions, d’autres bandes encore. Il faut absolument arrêter ce qui est une triple tragédie : sur le plan humanitaire, sécuritaire où les choses ne sont pas encore menées à bien, et puis sur la dimension politique. Nous sommes engagés avec la communauté internationale pour le faire.

Q : La résolution devait être votée il y a déjà quelques semaines. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui ? Est-ce que vous avez des financements ? Est-ce que les américains sont avec vous ? On a l’impression que vous êtes un peu isolé.

J’ai parlé ce matin de cette question avec John Kerry. Ce n’est pas parce que les Américains pourraient bloquer que nous sommes isolés. Il faut faire attention, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Je pense qu’une grande majorité des membres du Conseil de sécurité sont en faveur de cela, simplement il y a encore à expliquer les modalités. Mais la France s’y emploie et je ne doute pas que nous allons y remédier. Peut-être les choses se feront en deux fois, d’une part une résolution, dans les meilleurs délais pour donner un support à l’action de la MISCA. Et enfin une deuxième résolution four fixer le cadre d’une opération de maintien de la paix (inaudible) car si on laisse cette zone de non-droit sans aucune action, et bien ça peut devenir le repère de tous les terroristes.


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