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26 novembre 2013 - Evénement parallèle : "Durabilité environnementale dans le Post-2015 : Vers une approche décloisonnée : Approches intégrées aux questions d’environnement durable, de croissance économique inclusive, et de réduction de la pauvreté" - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(Seul le prononcé fait foi)

  Excellence, Mesdames, Messieurs, chers amis,

C’est un grand plaisir pour moi d’être parmi vous aujourd’hui. Et tout particulièrement avec mon ami l’Ambassadeur du Costa Rica et avec d’aussi éminents représentants du PNUD, du PNUE, de la Banque Mondiale, de la Colombie, ainsi que du réseau de l’action contre le changement climatique et de bien d’autres encore.

Autant vous l’avouer tout de suite : je ne suis pas un expert de ces sujets. Cependant, je voulais vous dire ma conviction que le travail que vous accomplissez est important et que ces consultations sur la « durabilité environnementale », dont nous saluons aujourd’hui le succès, est, à beaucoup d’égards, prometteur.

Certes, le titre de notre réunion : « Vers une approche décloisonnée : Approches intégrées aux questions d’environnement durable, de croissance économique inclusive, et de réduction de la pauvreté » peut sembler abstrait.

Mais, en fait, il est au cœur de toute la réflexion qui est conduite actuellement sur l’agenda post-2015 et les « objectifs du développement durable » ; et il désigne une réalité simple et très concrète.

Car nous nous lançons aujourd’hui dans une aventure ambitieuse : nous tentons d’éliminer complètement la pauvreté en nous attaquant non plus seulement à ses symptômes les plus visibles, mais à ses causes profondes ; nous tentons de définir ensemble une feuille de route, avec ses objectifs, ses indicateurs, ses jalons pour y parvenir.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement nous ont fait faire de grands progrès. Ils ont mis en lumière la détresse, la misère de millions d’êtres qui, sans cela, serait passées, hélas, inaperçues ; ils nous ont obligés à réorienter nos politiques, au Nord comme au Sud. Et les Nations Unies ont joué ici un rôle pilote unique.

Mais aujourd’hui, nous le savons, ces objectifs ne suffisent plus ; car notre planète va mal ; le modèle de développement qui a été le nôtre est à bout de souffle ; si nous n’agissons pas à temps, si nous n’apprenons pas à mieux gérer nos ressources, si nous ne protégeons pas davantage notre environnement, nous allons détruire le capital naturel dont nous tirons toutes nos richesses ; les plus vulnérables, les plus pauvres en seront les première victimes.

Il nous faut donc repenser notre modèle de développement ; faire de l’environnement, non la « variable d’ajustement » de nos politiques de croissance et d’emploi ; mais la condition d’un développement durable. Il faut prendre en compte les questions de durabilité environnementale en amont, non en aval, de nos principales politiques.

Mais, pour cela, il faut rassembler des communautés longtemps séparées, celles de l’économie et de la finance, celles du développement, celles de l’environnement.

On a longtemps pensé – et certains pensent encore – que la protection de nos ressources naturelles est un luxe, une chose qui n’a de sens que pour ceux qui peuvent se le permettre.

Nous comprenons aujourd’hui qu’il n’en est rien : ce sont les plus pauvres qui sont touchés les premiers par la négligence de notre environnement. Ainsi, la pollution des eaux contamine et tue chaque jour des milliers d’enfants dans les pays les moins avancés. Le réchauffement climatique désertifie des régions entières d’Afrique subsaharienne, forçant des peuples entiers à l’exode, voire à la famine ; certaines îles en développement, certaines régions côtières jouent désormais leur survie face à la montée inexorable des eaux. La surexploitation des océans réduit à la misère des populations démunies vivant traditionnellement de la pêche. Une déforestation sauvage prive de leur subsistance des peuples entiers. Et les principales victimes des tensions actuelles sur les cours des produits de base, ce sont à nouveau les ménages qui, en raison de leur pauvreté, dépensent la plus grande part de leur budget pour se nourrir.

Il y a d’ailleurs un pays qui a parfaitement compris ce qu’était le développement durable et avec lequel nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler à l’occasion de ces consultations avec le PNUD et le PNUE : c’est le Costa Rica.

L’action que votre gouvernement a mené, Monsieur l’Ambassadeur, dans ce domaine avec courage, détermination, habileté – et je pense par exemple à la lutte réussie contre la déforestation – montre vraiment la voie. C’est un message d’optimisme et de confiance que votre pays envoie à un moment où règne parfois un certain scepticisme… !

Un dernier mot pour vous dire que ces consultations qui ont été conduites par le PNUD sur de très nombreux thèmes – dont celui de la durabilité environnementale – sont exemplaires, non seulement sur le fond, mais aussi sur la méthode : ce sont des consultations larges, ouvertes à l’ensemble de la société civile.

Nous avons grand besoin de cette ouverture, de cette largeur de vues pour faire remonter les bonnes initiatives, adapter les politiques aux besoins locaux, innover ; car le développement durable, ce n’est pas seulement un nouveau modèle économique ; c’est aussi une nouvelle façon, plus équitable, plus égale, de penser la politique et la société.

Je vous remercie.


En savoir plus sur les Objectifs du millénaire pour le développement et Agenda pour le développement post 2015.



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