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4 mars 2013 - 57ème session de la Commission de la Condition de la femme - Intervention de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement

Concertation francophone de haut niveau sur les violences faites aux femmes et aux filles

De gauche à droite : Mme Fatou Bensouda, Procureure de la Cour pénale internationale ; M. Nelson Messon, Président du groupe des Ambassadeurs francophones ; Mme Geneviève Inagosi, ministre du genre, de la famille et de l’enfant de République démocratique du Congo ; Mme Michelle Bachelet, Directrice exécutive d’ONU Femmes ; Mme Chantal Compaoré, Première Dame du Burkina Faso ; Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement français- New York - 4 mars 2013
Crédits photos : France ONU / Caroline Fréchard


Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

C’est un très grand honneur pour moi de participer, au nom du gouvernement français, à cette concertation francophone qui va permettre d’adopter à New York, le tout premier plan d’action sur les violences faites aux femmes et aux filles dans notre espace francophone.

Ce plan d’action est essentiel à plusieurs titres.

Tout d‘abord parce qu’il vient rappeler la permanence des violences commises à l’égard des femmes et des filles, souvent très jeunes.

Il souligne aussi l’urgence à ce que les gouvernements s’engagent pleinement pour prévenir ces violences et lutter contre toutes les formes de violences et contre l’impunité de leurs auteurs.

Il nous rappelle enfin la responsabilité collective qui est la nôtre, dans chacune de nos sociétés, dans chacun de nos pays, pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit une priorité des politiques.

Ce plan nous en avions besoin car les violences faites aux femmes sont une réalité universelle. Pas une de nos sociétés n’y échappe. Ces violences sont à la fois à la racine et l’une des conséquences les plus cruelles des inégalités entre les hommes et les femmes.

Ces violences, c’est l’organisation même de nos sociétés qu’elles interrogent. C’est ces rapports de force historiquement, structurellement inégaux entre les hommes et les femmes dont on sait bien qu’ils ne se résorberont pas naturellement, mais par une action volontariste des pouvoirs publics.

Ce que dit ce plan d’action est qu’il est de notre devoir à tous au sein de la Francophonie de travailler d’abord à promouvoir une société plus juste et égalitaire. Cela dès le plus jeune âge. Nous y arriverons par une véritable éducation à l’égalité dès le plus jeune âge, puis une éducation à la sexualité fondée sur le respect. C’est ainsi que nous serons le plus efficaces possibles pour prévenir les violences faites aux femmes. C’est ainsi aussi que nous favoriserons l’égal accès aux opportunités, que ce soit des opportunités de vie ou des opportunités professionnelles pour les filles comme pour les garçons.

Ce que dit ce plan d’action est qu’il est de notre devoir au sein de la Francophonie de permettre aux filles et aux femmes d’accéder à des services de santé de manière globale, notamment à travers des services de santé sexuelle et reproductive de qualité et de proximité.

Ce que dit ce plan d’action est qu’il est de notre devoir de redoubler nos efforts partout où nous sommes pour que chaque fille puisse compléter son cycle d’éducation qui contribuera à son émancipation et à son autonomie. Parce que nous ne pouvons plus tolérer qu’une fille soit forcée d’interrompre son éducation parce qu’elle est mariée de force avant l’âge de 18 ans. Oui le mariage forcé est une violence aussi.

Ce plan est essentiel pour toutes ces raisons. Son adoption est particulièrement importante car c’est une étape remarquable de l’engagement politique de la Francophonie en faveur de la lutte contre toutes les formes de discriminations et pour la défense et la promotion des droits de l’Homme.

Je voudrais rappeler le message du Président de la République lors du sommet de la Francophonie à Kinshasa il y a quelques mois : le français est une langue de culture, une langue de liberté ; au-delà des mots, le français véhicule les valeurs de la démocratie et de respect de l’autre qui sont aujourd’hui l’essence même de la Francophonie. C’est pourquoi alors même que les droits des femmes sont régulièrement mis en question, y compris dans les enceintes internationales - cela n’aura échappé à personne, la Francophonie a un rôle majeur à jouer. Elle doit être à l’avant-garde du combat pour les droits de l’Homme et pour l’égalité qui fait partie des droits universels.

Je suis convaincue que dans un espace certes riches de différences culturelles et religieuses, nous faisons face malgré tout aux mêmes défis et nous pouvons défendre les mêmes combats. La promotion et la défense des droits des femmes et de l’égalité est l’un de ces combats.

C’est cette promotion et cette défense des droits des femmes qui nous ont guidés, par exemple dans notre intervention au Mali et qui continuera à nous guider dans la situation post-conflit.

C’est cette promotion et cette défense des droits de l’Homme, des droits des femmes qu’il faut que nous ayons toujours à l’esprit.

C’est ce que nous avons en tête lorsque nous préparons pour le 20 mars prochain, comme l’a annoncé le Président de la République, le premier Forum mondial des femmes francophones qui se tiendra à Paris. Ce Forum devrait réunir quelque 500 femmes issues de la société civile de toute la Francophonie. Il sera à la fois un lieu de réflexion et d’action en direction des femmes et des filles, un lieu de débat, un lieu où l’on travaillera ensemble à rehausser encore davantage le socle des protections offertes aux femmes sur l’espace francophone. Un des thèmes majeurs du Forum sera la question de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Le plan d’action que nous adoptons aujourd’hui est un formidable outil pour nous préparer le terrain. Sans doute pouvons-nous espérer aller encore plus loin. Il y a sans doute des marges de manœuvre pour nous entendre, trouver des convergences sur une question qui n’est pas indifférente à l’autonomie réelle des femmes, qui est la question des droits sexuels et reproductifs, la question du droit des femmes à véritablement disposer de leur corps.

Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureuse d’être parmi vous ce soir. Vous avez compris que cela n’est qu’une étape parmi nos rendez-vous à venir. Au-delà de ce sommet des femmes francophones, nous nous retrouverons avec certains d’entre vous pour une autre échéance en juillet prochain puisque la France organisera la 3ème réunion ministérielle de l’Union pour la Méditerranée sur le renforcement du rôle des femmes dans la société. Cette rencontre qui réunira 43 ministres de l’UpM se tiendra les 3 et 4 juillet prochains. Bon nombre de pays partenaires de la Francophonie y participeront. Elle permettra un suivi de la mise en œuvre des engagements pris lors de la conférence de Marrakech en 2009. Là encore la lutte contre toutes les violences faites aux femmes sera l’un des enjeux majeurs de ce partenariat euro-méditerrannéen.

Plus généralement, nous avons vocation à dépasser les frontières nationales si nous voulons mieux défendre les droits des femmes et mieux protéger les femmes victimes de violences. C’est une nécessité absolue parce que les violences traversent les frontières, parce que l’application du droit international privé est tel aujourd’hui que les filles, les femmes, les familles emportent généralement avec elles, et malgré elles, les inégalités qui les frappent lorsqu’elles changent de pays de résidence. Ce combat contre les violences faites aux femmes ne peut être mené en réalité de façon efficace qu’au niveau international.

C’est pour cela que ce plan d’action francophone, je le redis, est un très bon outil et qu’il faut veiller à ce qu’il nous permette de monter encore le niveau d’exigence et d’ambition. Ensemble, je vous remercie de l’avoir permis.

En savoir plus sur la protection des femmes et la Francophonie.



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