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7 novembre 2012 - "L’Holocauste par balles" - Intervention de M. Martin Briens, chargé d’Affaires a.i. de la France auprès des Nations unies



Monsieur le Sous Secrétaire Général,

Monsieur le Directeur,

Père Desbois,

Mesdames, Messieurs,

Il est particulièrement important pour la France d’être présente aujourd’hui car notre pays a connu cette année une tragédie.

Le 19 mars 2012, devant une école juive, « Ohr Tora », dans la ville de Toulouse, un terroriste tuait Jonathan SANDLER, ses deux enfants Arieh et Gabriel ainsi que Myriam MONSONEGO, et blessait grièvement un adolescent de 16 ans, Aaron BIJAOUI.

Tous les Français ont été saisis d’effroi devant ce drame. Le 1er Novembre 2012, le Président de la République française, et le Premier ministre d’Israël, ont célébré, ensemble, la mémoire des victimes et ont partagé, ensemble, la peine des familles.

M. François Hollande a réitéré à cette occasion la détermination de la République Française à combattre sans relâche l’antisémitisme. , dans toutes ses manifestations, les actes mais aussi les mots, y compris je cite « derrière toutes les causes qui lui servent de prétextes ou de masques. L’antisémitisme sera poursuivi par tous les moyens, partout où il se diffuse, en particulier sur les réseaux sociaux qui accordent l’anonymat à la haine ».

Contre le racisme, l’anti sémitisme, le terrorisme, nous devons être sans faiblesse et briser le plus tôt possible les engrenages. Permettez-moi d’évoquer à cet égard l’importance du travail du Père Desbois.

Son œuvre est essentielle.

Pourquoi ?

L’Holocauste s’est produit au siècle dernier.

Il y a près de 70 ans.

Nous entrons dans une période où les derniers témoins directs de la Shoah auront bientôt disparu, nous laissant seuls avec la responsabilité d’en perpétuer le souvenir.

Sans les survivants.

Quelle part de cette mémoire, de leur mémoire, saurons-nous préserver pour la transformer en histoire ? Quels enseignements universels pouvons-nous tirer de la Shoah ? Et comment pouvons-nous mettre en valeur cette universalité sans atténuer ce qui constitue la singularité de ce crime ?

L’Association du Père Desbois Yahad-in Unum travaille sur le recensement des charniers de victimes juives et roms et le recueil de témoignages des derniers témoins oculaires.

Le Père Desbois nous apprend que nous pensions savoir ce qu’avaient subi les Juifs et les Roms pendant la Deuxième guerre mondiale et que nous ne le savions pas vraiment. Il nous apprend que la société de l’information, immatérielle par nature, peut s’accommoder de l’oubli, et du déni.

C’est une leçon. « Les morts, pour reprendre l’expression de Robert Badinter devant le Vel d’Hiv en 1992, les morts nous écoutent ».

C’est vrai en Europe, c’est vrai au Rwanda, au Darfour, c’est vrai en Syrie aujourd’hui encore, c’est vrai partout où les gouvernements cherchent à anéantir les communautés pour ce qu’elles sont.

Pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme, le terrorisme, qui se nourrissent de l’ignorance et du déni, notre principale force, c’est notre unité.

Encore aujourd’hui, c’est dans l’unité que nous devons lutter contre le fanatisme et que nous devons refuser tous les amalgames. L’islamisme radical n’est pas l’Islam. Nous devons faire en sorte que chacun puisse être protégé et garanti dans ses droits fondamentaux, quelles que soient ses origines, quelles que soient ses croyances, quelle que soit sa religion. L’Organisation des Nations unies s’est dotée d’instruments à cet égard.

La communauté internationale se retrouve aussi unie désormais sur les résolutions présentées à l’Assemblée Générale concernant la lutte contre l’intolérance religieuse. Cette unité doit être préservée. Le Secrétaire Général nous a mobilisés aussi sur l’éducation, et notamment par son initiative « Education pour tous » Nous avons créé les mécanismes qui doivent permettre à la formule consacrée « plus jamais ça » de devenir plus qu’une formule, un concept opérationnel.

Je salue la présence ce soir du représentant du nouveau conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du Génocide, M. Adama Dieng, et celle de Mme Karen Mosoti ; représentante de la Cour pénale internationale, cette Cour dont la création était attendue depuis 1948 et qui, aujourd’hui, est une réalité. Le Procureur de la CPI Fatou Bensouda intervenait aujourd’hui même au conseil de sécurité. Avec de tels instruments, nul ne peut plus plaider l’ignorance. L’inaction n’est plus acceptable.

C’était le message que je souhaitais apporter, au nom de la France. Merci



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