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8 novembre 2012 - Deuxième commission - « Développement durable » - Intervention de M. Martin Briens, chargé d’Affaires a.i. de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La France s’aligne sur l’intervention de l’Union européenne.

Comme l’a rappelé le Président de la République française lors de l’ouverture de cette 67ème session de l’Assemblée générale, le développement durable est une ambition qui doit nous mobiliser tous ensemble. La Conférence de Rio a été une étape fondamentale mais dont le résultat ne pourra être véritablement mesuré que dans quelques années, une fois que les processus lancés à Rio auront débouché sur des avancées concrètes.

Dans l’immédiat nous devons nous attacher dans le cadre de l’Assemblée générale à être à la hauteur du mandat que les chefs d’Etat et de gouvernement nous ont confié à Rio.

J’insisterai tout d’abord sur deux points qui sont des priorités pour la France

Premièrement, sur la gouvernance en premier lieu

Beaucoup d’entre nous considérons la gouvernance internationale de l’environnement comme émiettée, fragmentée, pas à la hauteur des enjeux et nous avons donc plaidé en faveur d’un rehaussement de cette gouvernance via la création d’une organisation des Nations unies pour l’environnement. Le renforcement du PNUE qui a été décidé à Rio va dans le bon sens et nous le considérons comme une étape positive vers cette gouvernance renforcée, et cette agence que nous souhaitons voir créée dans un avenir proche avec son siège en Afrique, comme l’a souligne le Président de la République. Nous nous félicitons également de l’établissement d’un Forum politique de haut niveau pour succéder à la Commission du développement durable. Il serait bénéfique de l’ancrer au sein du Conseil économique et social dont le mandat ouvert, large et rassembleur est le mieux à même de réaliser une intégration équilibrée des trois dimensions du développement durable.

Deuxièmement, les objectifs de développement durable et le cadre du développement pour l’après 2015

Un des résultats majeurs de Rio + 20 est la décision de définir des Objectifs du développement durable (ODD) universels. Il nous faut saisir cette occasion de rendre plus concret un des messages principaux de la Conférence : la nécessité de traiter conjointement les trois piliers - économique, environnemental et social – du développement durable qui, loin d’être en concurrence, sont interdépendants, et indissociables. Il est fondamental pour nous que les différents processus, engagés dans le cadre multilatéral et lancés par Rio +20, convergent pour donner naissance en 2015 à un agenda unique, intégré et cohérent. Les travaux récents, et en cours, vont dans ce sens, en rappelant que l’élimination de la pauvreté est désormais impossible sans stratégie de développement plus durable. Ils soulignent notamment les défis représentés par l’augmentation des inégalités, les limites de nos modèles de croissance et la dégradation de l’environnement qui risquent de remettre en cause les avancées réalisées par les OMD en matière d’élimination de la pauvreté.

Mener à bien ce processus de définition de l’agenda post-2015 ne sera pas tâche aisée. Cela supposera une réflexion approfondie, et un consensus large sur un agenda universel qui devra prendre en compte les différentes réalités nationales et pouvoir être décliné au niveau local. Il s’agit d’une priorité politique de premier ordre pour la France. Cette tâche ne pourra aboutir sans notre implication au plus haut niveau. C’est pourquoi la France présente son ministre du développement, M. Canfin, pour être candidat au Groupe de travail sur les ODD qui doit permettre un processus inclusif et ouvert de définition des ODD : leur pertinence et leur portée en dépendront. La pertinence du processus dépend également de l’association de la société civile et des experts. C’est pourquoi M. Canfin a lancé le 5 novembre dernier des Assises de la solidarité et du développement par un large débat sur cet agenda après 2015.

La conférence de Rio nous a également permis d’avancer sur d’autres chantiers et je tiens à souligner ici l’importance que la France accorde à leur suivi :

— Sur la mesure du progrès de nos sociétés, Rio + 20 a marqué une réelle avancée au plan international, à laquelle tenait la France, en reconnaissant la nécessité d’élaborer des indicateurs au-delà du seul PIB, et en confiant à la Commission statistique des Nations unies la tâche de bâtir un programme de travail à cette fin. Les recommandations de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, qui fondent le programme de travail français, pourront y trouver un large écho. Nous souhaitons vivement que la Commission statistique puisse maintenant lancer rapidement ces travaux, auxquels la France est prête à contribuer activement. Une appréhension plus large du progrès, intégrant le développement humain comme le capital naturel, sera essentielle à l’agenda pluridimensionnel que nous souhaitons voir définir en 2015.

—  Sur les océans, La France souhaite que soient lancées au plus vite, et au plus tard à l’occasion de la 69ème session de l’AGNU, les négociations d’un accord de mise en œuvre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine situées au-delà des juridictions nationales. Il est temps de passer d’une logique de surexploitation des océans à une économie bleue, source de développement et de réduction de la pauvreté pour les Etats côtiers concernés.

— D’autres chantiers nous attendent comme celui sur la responsabilité sociale des entreprises pour lequel la France s’est engagée en participant, avec d’autres, à la promotion de ce concept suite à l’initiative lancée à Rio. Nous saluons également l’adoption à Rio du cadre décennal pour la consommation et la production durable et souhaitons qu’il soit rapidement mis en œuvre. Enfin, la France se félicite que le texte de Rio + 20 réaffirme et renforce, à de maintes reprises, le rôle de la société civile et de les collectivités, partenaires indispensables à la mise en œuvre du développement durable.

Un dernier mot en ce qui concerne l’énergie, qui est aussi une de nos priorités. Je souhaite exprimer le soutien de la France à l’initiative du Secrétaire général, Energie durable pour tous ; l’énergie est en effet au cœur des problématiques de développement durable et apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur pour atteindre les OMD et pour le futur agenda post- 2015. La France est très impliquée dans les travaux de l’agence IRENA, qui constitue un lieu privilégié de coopération internationale pour la réflexion, le partage des bonnes pratiques, l’accompagnement politique et le renforcement de capacités en matière d’énergies renouvelables. L’aide française au développement dans le secteur de l’énergie s’inscrit dans le cadre de stratégies globales de lutte contre la pauvreté, de promotion de la croissance verte et de protection des biens publics mondiaux. Elle est étroitement liée à notre action contre le changement climatique et ses effets.

Sur l’ensemble de ces chantiers pour un développement plus durable, la France est fortement mobilisée et souhaite approfondir les travaux dans une atmosphère constructive. Nous devons être collectivement à la hauteur des enjeux du 21ème siècle.

Je vous remercie.



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