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9 avril 2014 - 47e session de la Commission sur la population et le développement - Intervention de Mme Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes

Monsieur le Président,

L’égalité entre les femmes et les hommes est un impératif éthique et politique, c’est aussi un facteur d’efficacité des politiques que la France place en priorité dans ses politiques nationales et dans son action internationale. Cette égalité doit être assurée tout au long de la vie par l’intermédiaire d’une politique sociale sensible au genre.

En France, cela commence par une éducation au respect, à l’égalité et à la sexualité afin de favoriser l’adoption de comportements responsables dès le plus jeune âge. Nos dispositifs visent ensuite à garantir le libre choix des individus en matière de reproduction. Le gouvernement français met en œuvre ce principe fondamental à travers le renforcement de l’accès aux services, aux produits, à l’information en matière de santé sexuelle et reproductive notamment par l’amélioration du remboursement et par la gratuité pour les mineures en matière de contraceptif, la prise en charge à 100% des Interruptions Volontaires de Grossesses, mais aussi par la prise en charge gratuite et anonyme de l’accès aux centres de dépistages des Infections Sexuellement Transmissibles et du VIH-SIDA.

La prévention selon nous joue un rôle déterminant dans l’efficacité de ces dispositifs. Les campagnes de prévention du VIH-SIDA en France ont contribué à modifier largement les conditions d’exercice sexuels. L’augmentation spectaculaire du recours aux préservatifs lors du premier rapport sexuel, ce qui atteste de l’efficacité de ces campagnes. Depuis les années 2000, le taux d’utilisation est maintenu à 80%. Si le recours au préservatif est très élevé lors du premier rapport, il décroit sensiblement avec l’âge. La contraception d’urgence s’est très fortement développée depuis 1999, date à laquelle elle est devenue accessible en pharmacie sans prescription médicale. Aujourd’hui en France, une femme sexuellement active sur cinq déclare avoir eu recours à la contraception d’urgence. Pour les jeunes femmes de 15 à 25 ans, c’est presque une femme sur deux.

Monsieur le Président,

Vous l’aurez compris, il est nécessaire de s’assurer que les individus et particulièrement les jeunes évoluent dès le plus jeune âge dans un environnement favorable à la prise de décision responsable, sensible à l’égalité entre les femmes et les hommes et respectueux des droits. Nos politiques sociales évoluent et essaient de préserver le bien-être des personnes, de garantir leurs droits fondamentaux à l’égalité, à la sécurité et à la dignité.

Les modes de vies familiaux ont connu de nombreux changements durant ces dernières décennies en France, comme partout dans le monde. C’est pourquoi, la France a développé dans le cadre de sa politique familiale des mécanismes qui permettent une meilleure articulation entre la vie privée et la vie professionnelle. Cela passe par une amélioration des modes de garde et de prise en charge des enfants, notamment avec une accélération importante des places en crèches dans les 5 ans à venir.

Dans le cadre du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, nous avons renforcé l’aide économique à destination des familles monoparentales dans lesquelles le chef de famille est, à 90%, une femme.

Enfin, la France est fière d’avoir rejoint les 15 pays qui successivement depuis plus de 10 ans maintenant ont ouvert le mariage aux couples de même sexe. Il s’agit pour nous d’une loi de liberté, d’égalité et de fraternité qui fait écho aux valeurs que notre pays partage avec d’autres.

Pour conclure, je souhaite réaffirmer l’engagement de la France pour la mise en œuvre du programme d’action du Caire. Pour cela, nous devrons aborder de manière plus directe les enjeux auxquels nous n’avons pas su faire face durant ces 20 dernières années. Parmi les défis que la communauté internationale devra relever dans le cadre du programme post-2015, il y en a trois que je considère comme des sujets majeurs :

-  les grossesses non désirées, particulièrement les grossesses adolescentes ;
-  les avortements non sécurisés ;
-  les inégalités d’accès aux informations, aux produits et aux services de santé et de droits sexuels et reproductifs.

Je vous remercie.



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