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9 janvier 2014 - Groupe de travail ouvert sur les ODD - "Changement climatique et réduction des risques de catastrophes dans l’après-2015" - Intervention de M. Pascal Canfin, Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères chargé du Développement

Messieurs les Présidents, Excellences, Chers collègues,

C’est avec un grand plaisir que je suis parmi vous aujourd’hui pour cette session particulièrement importante. J’ai l’honneur de m’exprimer également au nom de l’Allemagne et de la Suisse. Je tiens tout d’abord à remercier l’équipe des Nations unies pour un document thématique qui nous donne un aperçu très éclairant des enjeux fondamentaux que sont le changement climatique et la réduction des risques de catastrophes.

Comme vous le savez, la France a une responsabilité toute particulière en tant que pays hôte de Paris Climat 2015. Cette conférence devra, nous l’espérons, voir l’adoption d’un nouvel accord ambitieux, applicable à toutes les parties et juridiquement contraignant sur le climat, sans lequel nous ne pourrons pas atteindre notre objectif commun de limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels.

Le Docteur Rajendra Pachauri qui préside le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat nous a rappelé en septembre dernier qu’ « il est minuit moins cinq pour le climat ». Et j’ajouterai qu’il est également minuit moins cinq pour les femmes et les hommes – notamment dans les pays en développement exposés au risque climatique. Nous ne pouvons plus ignorer le constat scientifique alarmant présenté dans le cinquième rapport du GIEC. Ce dernier n’exclut pas une augmentation de la température moyenne de presque 5°C, scénario dramatique qui anéantirait la majeure partie de nos efforts en matière de développement.

L’impact du changement climatique est une réalité d’une telle ampleur, qu’il nous est impossible de concevoir des objectifs de développement durable pour l’agenda après 2015 sans en tenir compte. Nous devons tracer la voie d’un développement compatible avec notre objectif de limiter le réchauffement à 2 degré Celsius. Nous ne pourrons pas éradiquer la pauvreté et garantir un développement durable à l’humanité sans intégrer dans la définition de notre futur agenda des réponses aux impacts du changement climatique, et, notamment à l’augmentation des risques de catastrophes. Ces réponses sont d’autant plus indispensables que les premiers et principaux pays touchés seront les plus pauvres, et notamment ceux dont les populations dépendent largement de l’agriculture. Faute d’efforts suffisants pour atténuer le changement climatique et pour s’y adapter, ce sont également tous les pays littoraux qui seront confrontés à une hausse du niveau de la mer, allant jusqu’à 1 mètre si la température augmente de 4°C, hausse qui menace l’existence même des petits pays insulaires. La fréquence accrue des catastrophes naturelles menace des vies humaines et compromet les progrès accomplis pour les Objectifs du millénaire pour le développement, que cela soit par la destruction des habitats humains et des infrastructures, la plus grande récurrence des crises alimentaires, ou l’accroissement des risques de pandémies et d’insécurité. Nous considérons également que la réduction des risques de catastrophes doit être intégrée dans l’agenda post-2015, notamment en promouvant des politiques adéquates pour renforcer les capacités d’adaptation des sociétés eu égard aux pertes humaines et économiques. Les politiques de réduction des risques de catastrophes contribuent en effet à l’éradication de la pauvreté et à atteindre la durabilité environnementale.

Vous l’aurez compris il ne s’agit pas ici de dupliquer la négociation climatique. Si la définition d’un objectif qui serait uniquement consacré au changement climatique n’apporterait pas nécessairement une valeur ajoutée, il est indispensable d’introduire des cibles qui répondent à cet enjeu. Il en va de la pertinence et de l’efficacité de nos futurs objectifs. Il en va également réciproquement de notre capacité à atteindre nos engagements en matière climatique.

-  La recherche d’infrastructures résilientes au changement climatique et aux catastrophes naturelles devrait, par exemple, être une priorité. Le coût initial sera bien inférieur à ceux de reconstructions successives. Il en va également de la sécurité des populations.
-  L’énergie durable pour tous, incluant le développement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, devrait également nous permettre de déconnecter croissance et aggravation de l’empreinte carbone.
-  Plus transversalement, largement, des mesures doivent être prises pour garantir un environnement durable, notamment à travers la préservation des sols, la protection des forêts et du milieu marin, des modes de consommation et de production durable ou encore une ville durable – sujets qui ont été au cœur des discussions lors des deux premiers jours de cette session -sont autant de cibles qui contribuent à la lutte contre le changement climatique. Comme indiqué dans le rapport du SGNU, la sécurité alimentaire et l’agriculture, l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement ou encore la santé sont également des thématiques qui ne peuvent de toute évidence être appréhendées sans tenir compte de l’enjeu climatique.

Nous espérons ainsi que la lutte contre le changement climatique et la réduction des risques de catastrophes seront traités de manière transversale et ambitieuse dans l’agenda post-2015. Les futurs objectifs de développement durable devront encourager tous les États à s’engager dans des trajectoires de développement sobres en carbone et résilientes au changement climatique et aux catastrophes naturelles et humaines.

Je vous remercie pour votre attention.

En savoir plus sur le développement durable : http://www.franceonu.org/la-france-...



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