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9 juillet 2013 - Présentation des engagements des candidats au Conseil des droits de l’Homme - Intervention de M. François Zimeray, ambassadeur de la France pour les droits de l’Homme

(Traduction non officielle)

Crédit photo : Marie Afara


Mesdames et Messieurs,

C’est un privilège de venir de Paris afin de participer à cet événement et je tiens à féliciter sincèrement les organisateurs de cette initiative. Quand je dis que c’est un privilège, ce n’est pas par courtoisie diplomatique, j’espère que vous en conviendrez, au moins pour deux raisons. La première, c’est parce que nous considérons que le partenariat avec les ONG telles que Amnesty International est un élément clé de notre politique de défense et de promotion des droits de l’Homme. La seconde, c’est parce que nous vivons dans un monde ouvert au sein duquel chacun se définit par le regard de l’autre. Cela est vrai pour un individu, comme pour un État.

Pour revenir à votre question : si je devais résumer la ligne conductrice de l’engagement de la France pour les Droits de l’Homme, je mentionnerais la défense de l’universalité de ces Droits. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a été adoptée à Paris en Décembre 1948. D’aucuns pensent que ses principes sont à jamais gravés dans le marbre. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Plus je parcours le monde en ma qualité d’ambassadeur pour les Droits de l’Homme, plus je vois que cette universalité est en danger. Les ennemis de l’universalité sont le relativisme, le culturalisme, les deux poids/deux mesures et le choc des civilisations. En tant que membre du Conseil des droits de l’Homme, nous considérons la défense et l’incarnation de cette universalité, ainsi que la transformation de cet idéal noble en une réalité concrète, comme objectifs primordiaux.

L’EPU (Examen Périodique Universel) est une procédure très importante, au cours de laquelle chaque pays doit rendre compte publiquement de la situation qui prévaut sur son propre territoire. Je tiens à faire une brève confession. La France est souvent considérée comme le pays des droits de l’Homme. C’est une expression que je n’apprécie guère et que je ne l’utilise pas. Toutes les civilisations et tous les pays ont contribué historiquement à la défense et à la promotion de la dignité humaine. Je sais également que nous avons tous des faiblesses ; la France a aussi des points faibles. Nous accueillons les critiques et les considérons comme un élément productif et nécessaire en vue d’améliorations.

Nous considérons également que le Conseil des droits de l’Homme, qui s’est trouvé dernièrement confronté à des crises majeures telles qu’en Syrie ou en Libye, évolue de manière positive ces dernières années. Il est plus réactif qu’avant, comme le montrent les 19 sessions extraordinaires ou spéciales ou encore la création de commissions d’enquête spécifiques, notamment pour la Corée du Nord récemment. Nous saluons également la possibilité de création de mandats d’experts indépendants et de rapporteurs spéciaux. Les modalités d’élection des membres du Conseil ont également gagné en crédibilité. La possibilité de suspendre les membres du Conseil contribue à cette crédibilité.

Mais nous sommes conscients que, et c’est la raison pour laquelle nous sommes tant engagés, il reste beaucoup à accomplir. Chaque jour, c’est la crédibilité de l’Organisation des Nations Unies qui est en jeu. Des améliorations substantielles restent à réaliser, en termes de réactivité notamment. Il y a d’un côté le rythme des États et des institutions, et de l’autre celui de la réalité des droits de l’Homme, et un conflit subsiste entre ces deux temporalités. Nous devons être plus réactifs.

Nous devrions également avoir un contrôle plus universel. Nous devons faire preuve de plus de constance au sein du Conseil. Il ne devrait pas y avoir une distinction entre les mauvaises causes et les bonnes causes, entre les bonnes victimes et les victimes qui devraient être oubliées, entre les auteurs de crime qui devraient être arrêtés et ceux qui devraient être relâchés.

En conclusion, je dirais qu’aucune institution n’est parfaite. Il faut condamner les erreurs du Conseil des droits de l’Homme au nom des valeurs des Nations Unies, et non pas condamner le Conseil des Droits de l’Homme au nom de ses erreurs.

Merci beaucoup.

En savoir plus sur les droits de l’Homme.



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