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11 mai 2004 - Kosovo : Intervention de M. Jean-Marc de la Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je m’associe par avance à la déclaration qui sera faite dans quelques instants par l’Ambassadeur d’Irlande au nom des Etats membres de l’UE. Je me contenterais donc de quelques remarques.

1. Je voudrais en introduction dire un mot des violences de mars dernier et de leurs conséquences :

. Comme l’a indiqué le Secrétaire général, les responsables Kosovars albanais, en tant que représentants de la plus grande communauté du Kosovo, ont une obligation claire de protéger et promouvoir les droits de toutes les communautés. Le faible engagement des dirigeants kosovars en matière de prévention et le caractère tardif de leur condamnation des violences ethniques suscitent des interrogations, même si nous notons qu’ils ont diffusé une lettre plus encourageante le 2 avril. Clairement, la charge de la preuve repose sur eux.

. Ces violences n’ont fait que renforcer notre détermination à voir les normes rapidement mises en œuvre pour que la question du statut puisse être tranchée. Nous serons en particulier attentifs aux progrès en matière de multi-ethnicité et de réconciliation, de retours des personnes déplacées, de dialogue avec Belgrade, de déontologie des médias et de décentralisation. C’est d’ailleurs ce que vient d’affirmer le Conseil de sécurité dans sa déclaration du 30 avril dernier. Je note que l’examen trimestriel des progrès, dans le dernier rapport du Secrétaire général, confirme un recul sur toutes les normes.

2. Je souhaiterais maintenant mettre l’accent sur deux sujets particuliers, le rôle des médias et la décentralisation.

. Le rapport du nouveau représentant de l’OSCE pour la liberté des médias confirme que les médias du Kosovo ont joué un rôle très négatif dans les violences de mars. M. Haraszti a notamment relevé le manque de professionnalisme, le caractère biaisé des reportages, l’absence de pluralité des médias. Avec l’OSCE, la Communauté internationale doit chercher à créer les conditions pour que les médias du Kosovo respectent les règles déontologiques de base. La MINUK, pour sa part, doit prendre sans tarder des mesures contre les organes de presse qui ont incité à la haine et à la violence inter-ethnique.

. Le Représentant spécial a indiqué avec raison que la décentralisation constituait une priorité pour l’action de la communauté internationale. La décentralisation pourrait permettre une cohabitation apaisée entre les différentes communautés du Kosovo. Il existe plusieurs modèles, y compris celui inspiré des accords d’Ohrid. Nous notons que Belgrade vient de faire des propositions et nous nous réjouissons de constater sa volonté de dialogue sur cette question cruciale.

3. En conclusion, je voudrais dire un mot sur la méthode et insister sur la transparence et la concertation.

. Nous sommes tous conscients qu’il faudra avancer sur plusieurs fronts pour progresser dans le règlement de la question du Kosovo et la protection de toutes les communautés. Des réflexions sont en cours au sein des Nations unies, y compris à la MINUK, ainsi que dans les capitales des pays les plus concernés. Toutes ces réflexions sont bienvenues. Il faudra le moment venu comparer les propositions des uns et des autres. En tout état de cause, il conviendra de travailler en pleine transparence et en pleine concertation afin que les membres du Conseil de sécurité puissent prendre les décisions nécessaires en pleine connaissance de cause./.



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