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13 août 1998 - Angola : Intervention de M. Thiebaud

(Résolution 1190 (1998))

La situation en Angola a témoigné, dans les derniers mois, d’une profonde dégradation, marquée en particulier par la multiplication d’actes de violence et de banditisme, l’absence de tout dialogue entre le Gouvernement et l’UNITA du fait de ce mouvement, la réapparition d’un climat général de peur au sein de la population civile et le déplacement forcé de plus de 120 000 personnes depuis le mois de mars 1998. Le rapport du Secrétaire général souligne également que l’insécurité croissante a fortement entravé les activités de la Mission d’observation des Nations Unies en Angola (MONUA).

La délégation française déplore profondément cette évolution qui va à l’encontre des efforts de paix et de réconciliation conduits avec un dévouement inlassable par Me Beye. La délégation française tient à rendre ici, une nouvelle fois, hommage à l’action de Me Beye et de ses collaborateurs et à saluer la nomination du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général, M. Diallo, que nous assurons de notre appui.

Nous déplorons, en particulier, l’attitude de l’UNITA qui n’a toujours pas respecté les engagements principaux pris dans le Protocole de Lusaka, à savoir la démobilisation totale de ses troupes et l’acceptation de l’extension de l’administration de l’Etat à l’ensemble du territoire national. L’UNITA, en multipliant les atermoiements, en manquant aux obligations et aux échéances que ce mouvement s’était pourtant engagé à respecter, porte la responsabilité primordiale dans le cours des événements actuels.

Le projet de résolution qui est mis aux voix aujourd’hui exige que l’UNITA se conforme sans plus de délai à ses obligations au titre du Protocole de Lusaka et mette un terme à toutes les activités qui portent atteinte au processus de réconciliation nationale.

Dans ce contexte, nous nous félicitons de l’engagement du Gouvernement angolais, encore réitéré aujourd’hui devant ce Conseil, de continuer à faire prévaloir la recherche d’une solution politique et pacifique et d’assurer la pleine mise en oeuvre du Protocole de Lusaka et nous assurons le Gouvernement angolais de l’appui de la France dans l’oeuvre de reconstruction et de réconciliation nationale qu’il conduit.

Nous escomptons que la mission en cours de l’Envoyé spécial du Secrétaire général, M. Brahimi, nous permettra de disposer d’une évaluation complète de la situation sur le terrain, des moyens de donner une nouvelle impulsion au processus de paix et d’apprécier ainsi, en pleine connaissance de cause, le rôle futur des Nations Unies. C’est dans cet esprit que nous appuyons la prorogation pour un mois du mandat de la Mission d’observation des Nations Unies en Angola et que la délégation française votera pour ce projet de résolution qui nous est soumis.

russe) : La Fédération de Russie estime que les derniers événements qui se sont produits en Angola sont particulièrement alarmants. Au cours des derniers mois, la situation n’a cessé de s’aggraver et l’on voit s’accroître le risque d’une reprise des hostilités dans ce pays. La raison de cette aggravation de la situation s’explique par le fait que l’UNITA refuse avec obstination de se conformer aux obligations qui lui incombent de parvenir à un règlement pacifique, qu’elle empêche l’extension de l’administration de l’Etat et qu’elle renforce activement son potentiel militaire.

On assiste à une escalade dangereuse des attaques armées contre les représentants du Gouvernement, le personnel de la Mission d’observation des Nations Unies en Angola (MONUA), le personnel international et la population civile. Au lieu de procéder à une transformation complète de l’UNITA en parti politique conformément au Protocole de Lusaka, les dirigeants de l’UNITA, en dépit de toutes les promesses qu’ils ont faites, ne font que présenter de nouvelles exigences et invoquer de nouveaux prétextes. En agissant de la sorte, l’UNITA porte non seulement atteinte à la cause de la réconciliation mais elle ignore également de manière flagrante les avertissements répétés du Conseil de sécurité. Le comportement de l’UNITA est d’autant plus inadmissible que ses activités accentuent l’instabilité non seulement en Angola, mais également dans les pays limitrophes ; ce qui risque d’étendre le conflit à l’ensemble de cette sous-région de l’Afrique.

La communauté internationale a déployé des efforts considérables pour promouvoir un règlement politique en Angola. Nous sommes convaincus qu’il importe de poursuivre dans cette voie. Cependant, les parties angolaises elles-mêmes doivent également reconnaître que si la paix n’est pas respectée en Angola, cette aide ne pourra pas être efficace.

Nous exigeons que l’UNITA se conforme immédiatement et sans conditions aux obligations qui lui incombent en vertu du Protocole de Lusaka. Nous exigeons également que le Gouvernement angolais continue d’honorer de bonne foi les engagements qu’il a pris à l’égard de l’accord de paix.

Le projet de résolution qui doit être adopté aujourd’hui par le Conseil de sécurité a dans une certaine mesure un caractère intérimaire, étant donné que nous envisageons de proroger le mandat de la MONUA pour une période de 30 jours, dans l’attente de nouvelles recommandations importantes et fondamentales que devrait faire le Secrétaire général de l’ONU et qui, au moment de leur préparation, devraient nous permettre de repenser le rôle futur de l’ONU en Angola. Nous nous félicitons de la mission accomplie par l’Envoyé spécial du Secrétaire général, M. Brahimi, et nous attendons avec impatience son rapport.

Nous estimons qu’il est important que le Secrétaire général continue de jouer un rôle dans le processus de paix. L’application du Protocole de Lusaka et les progrès qui seront accomplis sur la voie de la réconciliation nationale constitueront le meilleur hommage rendu à la mémoire du Représentant spécial du Secrétaire général, Me Beye, qui a disparu de manière si tragique en accomplissant sa mission. Nous exprimons tout notre appui à son successeur, M. Diallo, et nous espérons que les parties angolaises coopéreront pleinement avec lui. Le Conseil de sécurité doit continuer de suivre l’évolution de la situation en Angola.



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