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13 juillet 2000 - La situation au Kosovo : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Le 9 juin dernier, le Conseil recevait M. Kouchner qui lui présentait une évaluation d’ensemble de la situation au Kosovo, un an après l’adoption de la résolution 1244. Un des enjeux principaux, largement évoqué au cours de cette séance, était le rétablissement du dialogue entre les communautés au sein des structures de co-administration. Une délégation de Serbes du Kosovo était présente et ses préoccupations avaient été portées à la connaissance du Conseil. Les représentants des Serbes du Kosovo ont depuis décidé de participer à nouveau aux instances de l’administration conjointe établies par la Minuk. Il faut saluer cette décision et rappeler que toutes les communautés du Kosovo doivent jouir d’une sécurité égale. La coopération entre les représentants de tous les Kosovars et les organisations internationales ne peut qu’y contribuer et permettre la mise en place d’institutions démocratiques dans lesquelles tous se reconnaissent. Bien sûr des difficultés demeurent. Nous avons ainsi pris note des déclarations de M. Thaci. Nous savons que la Minuk et M. Kouchner poursuivent leurs efforts pour trouver une solution et nous les encourageons dans cette voie.

La prochaine étape importante sera la tenue des élections locales. Ces élections peuvent créer au sein de la population kossovare un véritable choc démocratique, positif pour l’évolution de cette société. Il faut pour cela que ce scrutin soit préparé de façon très rigoureuse. Il est essentiel également de continuer à encourager les Kosovars serbes à participer. En créant des entraves à l’enregistrement et donc à la participation aux élections des Kosovars serbes, M. Milosevic les empêche de décider de leur propre destin et montre qu’il n’est pas, comme il le prétend, le défenseur de leurs intérêts.

Le succès de la Minuk ne tient pas uniquement à la mise en place des structures administratives et politiques permettant qu’un avenir de co-existence soit possible au Kosovo. Ce succès tient aussi à son action pour rétablir les services publics essentiels, pour reconstruire les habitations, pour réouvrir les écoles. C’est cela qui compte avant tout aux yeux de la population. Ce succès de la Minuk a été possible grâce aux contributions fournies depuis le début de l’opération, et en particulier grâce à la contribution de l’Union européenne. L’Union européenne reste en effet, de très loin, le principal contributeur au Kosovo avec une contribution de plus de 3 milliards d’euros en 1999 et en 2000 dans le domaine civil. Ses Etats membres fournissent près des deux tiers des troupes de la KFOR, ce qui porte la contribution totale de l’Union européenne à 8 milliards d’euros pour ces deux années.

La Minuk doit continuer à disposer des moyens nécessaires à son action, notamment en personnel. Le Secrétariat pourrait-il nous présenter son évaluation des besoins en personnel et des mesures envisagées pour faire face aux difficultés posées par les relèves et les départs au cours de l’été ?



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