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13 juin 2000 - La situation en Bosnie-Herzegovine : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(Rapport du Secrétaire général sur la situation en Bosnie-Herzegovine (S/2000/529))

L’existence d’autres crises régionales ne doit pas conduire à consacrer moins d’énergie, moins d’attention à la Bosnie-Herzégovine. Une stabilisation durable de la Bosnie-Herzégovine est essentielle pour l’avenir de la région. Cette stabilisation n’est pas encore définitivement acquise. Beaucoup reste à faire pour que les responsables locaux, la population de Bosnie-Herzégovine, "s’approprient" le destin de leur pays. Pourtant le temps presse. L’aide internationale ne pourra pas toujours demeurer au niveau actuel. C’est maintenant qu’il faut consolider l’acquis pour tirer les bénéfices de l’énorme investissement international réalisé en Bosnie-Herzégovine. Les quelques annés qui viennent seront déterminantes pour obtenir des progrès importants dans quelques secteurs clés : le retour des réfugiés et des déplacés, la consolidation des institutions centrales, le pluralisme de la vie politique et les réformes économiques.

La France reste fortement engagée en Bosnie-Herzégovine, plus de quatre ans après les accords de paix signés à Paris. Elle demeure l’un des plus importants contributeurs de la SFOR et du groupe international de police des Nations unies. La France s’est également engagée à veiller tout au long de sa prochaine présidence de l’Union européenne à ce que la Bosnie-Herzégovine conserve toute sa place dans la stratégie de l’Union européenne pour les Balkans en gardant à l’esprit que ceci suppose, bien sûr, des efforts partagés. L’Union européenne et ses Etats membres, il faut à nouveau le rappeler, sont les contributeurs de loin les plus importants en Bosnie-Herzégovine. Depuis 1991, l’Union européenne a fourni plus de 2,5 milliards d’Euros à la Bosnie-Herzégovine. Elle est donc en mesure de jouer un rôle central dans l’avenir de ce pays. En raison de cet effort financier, mais aussi parce que les perspectives européennes constituent le levier décisif pour faire évoluer la Bosnie-Herzégovine.

L’action de la MINUBH et de sa composante principale, le Groupe international de police, est essentielle pour établir un véritable Etat et un Etat de droit en Bosnie-Herzégovine. Derrière les chiffres en eux-mêmes impressionnants que vient de nous donner M. Klein sur la formation des personnels de police, sur le recrutement de policiers issus de groupes minoritaires, derrière les données sur le système judiciaire, il y à la fois la réalité d’hier et le projet pour demain : la réalité d’hier, c’était celle d’une police trop nombreuse, partiale, aux mains du groupe majoritaire, c’était celle aussi d’une justice soumise aux pressions. Le projet pour demain, que M. Klein et la MINUBH transforment peu à peu, chaque jour, en réalité, c’est que chaque habitant de Bosnie-Herzégovine puisse se rendre dans un commissariat en toute confiance, qu’il puisse être défendu quelle que soit son origine et qu’il puisse obtenir un procès équitable. C’est que l’Etat de Bosnie-Herzégovine existe sur le terrain, par un contrôle exercé sur ses frontières. C’est que le système judiciaire de Bosnie-Herzégovine puisse être réformé. L’expérience et les connaissances acquises par le programme d’évaluation du système judiciaire mené par la MINUBH doivent être préservées dans le cadre de la succession de ce programme. Il nous semble qu’une solution satisfaisante pourrait être trouvée, par exemple, en confiant les suites de cette opération au PNUD.

En conclusion, la déclaration française souhaite renouveler son entier soutien à M. Jacques Klein et à la MINUBH dont l’action réussie mérite d’être saluée.



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