Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

15 avril 2002 - Terrorisme : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France s’associe par avance à la déclaration que prononcera, tout à l’heure, au nom de l’Union européenne, le Représentant permanent de l’Espagne et je voudrais, à titre national français, d’emblée adresser mes plus chaleureuses félicitations et les sentiments de gratitude, d’abord à l’Ambassadeur Jeremy Greenstock, et ensuite à tous ceux qui travaillent auprès de lui, dans la mission britannique, comme les vice-présidents qui l’entourent, pour le travail absolument remarquable que le Comité du contre-terrorisme accompli depuis sa création. Ce Comité est un instrument essentiel dont notre conseil s’est doté pour jouer tout son rôle dans la lutte contre le terrorisme. Mais le succès n’était pas garanti d’avance tant la tâche paraît à la fois colossale et tant notre Conseil paraissait, au départ, peu équipé pour faire face à ces responsabilités. Et c’est vraiment un homme, Jeremy Greenstock, qui a su par sa capacité de travail, son dynamisme mais aussi son souci de transparence, faire la différence et je crois que nous devons, aujourd’hui, lui rendre un hommage chaleureux.

La France attache en effet à ce Comité, au travail qu’il accomplit, la plus haute importance car nous avons la conviction que la communauté internationale ne pourra progressivement, lentement éradiquer le fléau du terrorisme que si elle travaille dans l’unité c’est à dire au sein des Nations Unies. Et donc je souscris tout à fait au jugement de l’Ambassadeur de Singapour : c’est un marathon en effet qui s’inscrit dans la durée que notre Conseil à engagé pour convaincre tous les Etats de la communauté internationale de se doter d’un arsenal de moyens législatifs et administratifs qui leur permettront, peu à peu, d’être tous efficaces pour lutter ensemble contre ce fléau.

Aujourd’hui 143 Etats ont transmis leur rapport national. On peut dire que c’est une sorte de record mais c’est l’occasion d’adresser aux 50 autres, qui n’ont pas encore adressé leur rapport, un message d’encouragement. Il est temps, il est plus que temps, qu’ils participent à l’effort collectif de façon à ce que le Comité puisse achever, dans les temps qu’il a lui-même prévu, le travail d’inventaire. C’est, en effet, un inventaire exhaustif et sans précédent qui est en cours, une sorte " d’audit mondial " de l’état du monde dans sa capacité à lutter contre le fléau du terrorisme qui est engagé par le comité. Il faut que chacun comprenne l’importance de cet inventaire, de cet " audit mondial " et apporte sa contribution.

Je voudrais également saluer le rôle du Secrétariat et le rôle des experts indépendants. Comme l’a dit l’Ambassadeur Greenstock, ce sont les efforts conjugués de tous, et notamment du Secrétariat et des experts, qui permettent d’aider le comité à poursuivre ses travaux sans désemparer. Le fait qu’une soixantaine de lettres d’évaluation aient déjà pu être adressées aux ambassadeurs et, au-delà, à leur gouvernement, porte témoignage du respect du calendrier qui avait été fixé et, si tout va bien, vers la fin du mois de mai cette première étape sera franchie avec succès. En juin débutera l’étape suivante, c’est à dire l’examen des premiers rapports complémentaires qui sont d’ores et déjà attendus. Mais je voudrais, après l’Ambassadeur de Singapour, souligner un deuxième aspect du travail du Comité qui nous parait absolument essentiel ; c’est son dialogue avec les organisations régionales. L’Ambassadeur Greenstock a eu raison de souligner la portée de ce travail parce que les organisations régionales sont sans doute mieux placées que notre organisation pour permettre un examen entre les pairs, entre pays voisins, de l’état des législations et nous devons, je crois, encourager ce travail régional de façon à ce que, au-delà de ce que nous faisons ici à New York, il y ait des relais dans chacune des régions du monde pour cette mobilisation générale contre le terrorisme. Il faut également que notre Comité apparaisse comme une sorte d’ombrelle sous laquelle travaille, dans un esprit de cohérence, l’ensemble des organisations techniques concernées et elles sont nombreuses. Je crois qu’elles ont compris l’appel que l’Ambassadeur Greenstock leur a lancé fin d’éviter les doubles emplois. Notre comité doit resté un organe central. Il n’a pas vocation à se substituer aux organisations techniques compétentes ; il a vocation à aider à la cohérence de la lutte d’ensemble.

Enfin je souscris tout à fait à une remarque de l’Ambassadeur François Fall concernant un domaine majeur, celui de l’aide de l’assistance technique ou financière. Un annuaire est mis en place par le Comité pour recenser les offres d’assistance technique ou financière venant à la fois des Etats ou des organisations régionales ou techniques. La France apportera sa contribution à cet annuaire. Il convient, en outre, de procéder rapidement à la nomination, envisagée, d’un expert indépendant du Comité du contre-terrorisme chargé de l’assistance technique. Cette nomination ne pourra, en effet, que renforcer l’action du Comité dans ce domaine important./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU