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17 décembre 2003 - Kosovo : Intervention de M. Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Tout en m’associant à l’intervention que prononcera tout à l’heure la Présidence de l’Union européenne, je souhaiterais souligner trois points :

1 - Je voudrais tout d’abord insister sur l’importance de l’initiative annoncée le 5 novembre pour sortir du blocage que nous constations autour de la question du Kosovo. Cette initiative se situe pleinement, comme le Conseil de sécurité l’a noté dans sa Déclaration présidentielle du 12 décembre, dans le cadre établi par la Résolution 1244 et dans la ligne politique que la communauté internationale a tracée : " les normes avant le statut ". La France se félicite que cette initiative ait été favorablement accueillie à Pristina et à Belgrade. Cette réaction positive a créé un nouvel élan qui devrait permettre, le jour venu, de définir une solution définitive pour le Kosovo.

Dans l’immédiat, nous devons ne pas perdre de temps et veiller à ce que cette initiative se développe exactement comme le Conseil de sécurité l’a décidé :

- un premier pas a été franchi la semaine passée avec la publication par le Représentant spécial du Secrétaire général des " normes pour le Kosovo ".

- un second pas, tout aussi important, doit être franchi rapidement et, nous l’espérons, avant la fin janvier 2004, avec l’adoption du " Plan d’application " de ces normes pour la période allant jusqu’au milieu de l’année 2005. Ce plan doit être établi par le Représentant spécial du Secrétaire général en étroite consultation avec les autorités provisoires autonomes du Kosovo qui vont avoir la responsabilité de sa mise en œuvre. Mais nous souhaitons que cette consultation soit étendue, en tant que de besoin, aux autres parties concernées, y compris aux autorités de Belgrade qui doivent être en mesure d’exprimer leurs vues là où leur responsabilité serait engagée mais sans que cela ne retarde ni bloque le processus d’adoption du " Plan d’application ". Nous souhaitons aussi que les Etats ou les institutions qui ont une responsabilité particulière au Kosovo, y compris l’Union Européenne, soient associés par le Représentant spécial à la préparation de cet important document sur la base duquel se fondera très largement, au milieu de l’année 2005, notre évaluation des progrès accomplis dans l’application des " normes pour le Kosovo ".

2 - Je souhaiterais donc réaffirmer notre plein soutien au Représentant spécial du Secrétaire général. M.Holkeri qui va avoir, plus que jamais, un rôle essentiel à jouer au cours des prochains mois, à la fois pour veiller à l’application des normes pour le Kosovo et pour faire, régulièrement et au moins tous les trimestres, une évaluation des progrès en cours. Il devra prendre des décisions difficiles. Sa présence le plus possible sur le terrain sera nécessaire pour que le " plan d’application " soit établi sans tarder et mis en œuvre sans aucun retard. Dans ces circonstances, il est également important que le Représentant spécial apporte, en tant que Chef de la MINUK, une attention redoublée à la gestion quotidienne des autres affaires du Kosovo.

Nous lui faisons pleinement confiance et nous appelons toutes les parties à coopérer avec lui.

3 - Je voudrais pour terminer ne laisser planer aucune ambiguïté sur ce que la Communauté internationale attend des autorités provisoires autonomes du Kosovo dans la période de 18 mois qui s’ouvre : l’application des " normes pour le Kosovo " repose sur ces autorités et sur elles seules.

Nous nous sommes réjoui qu’elles aient réagi de façon positive à l’initiative annoncée en novembre. Leur attitude constructive à ce moment-là a constitué un pas dans la direction fixée par les Nations Unies.

A l’inverse, nous regrettons vivement la décision qu’elles ont prise le 11 décembre d’essayer de mettre un terme, de façon unilatérale, à une partie du régime de la loi applicable au Kosovo. Comme l’a aussitôt déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général, ce vote du Parlement du Kosovo a été vain et de nul effet. Nous déplorons ce type d’action contre-productif, contraire aux décisions de la Communauté internationale et qui ne fait que compliquer la situation.

Nous rappelons aux institutions provisoires autonomes du Kosovo que nous sommes prêts à les soutenir dès lors qu’elles avancent dans la réalisation des normes. Nous leur rappelons aussi que, pour le bien même du Kosovo et de tous ses habitants, le strict respect des règles établies par le Conseil de sécurité est la condition indispensable et absolue de tout progrès en direction d’une solution définitive.

Nous leur rappelons enfin ainsi qu’aux autorités de Belgrade qu’un " dialogue direct " portant sur des questions techniques d’intérêt commun doit rapidement s’engager entre elles et qu’il devra être mené de part et d’autre de bonne foi. /.



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