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17 juillet 2000 - Le VIH/sida et les opérations internationales de maintien de la paix : Intervention de M. Pascal Teixera da Silva, conseiller politique de la mission permanente de la France auprès des Nations unies, au nom de l’Union Européenne

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de m’exprimer au nom de l’Union Européenne.

Les pays d’Europe centrale et orientale associés à l’Union Européenne, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, la Slovquie et la Slovénie et les pays ssociés Malte, Chypre et la Turquie se rallient à cette déclaration.

Le débat auquel nous participons aujourd’hui fait suite à la réunion du Conseil de Sécurité du 10 janvier 2000, consacrée à l’impact du sida sur la paix et la sécurité en Afrique et placée sous la présidence du Vice Président Al Gore. Cette réunion constituait un événement majeur auquel le Conseil de Sécurité se devait d’assurer un suivi.

Le sida présente des caractéristiques particulières qui font que cette catastrophe humaine et médicale est aussi une des plus grandes causes de régression économique et sociale que le monde en développement ait eu à affronter depuis des décennies. L’impact de la pandémie est particulièrement inacceptable dans ces pays, où des décennies d’efforts et de progrès sont anéanties, comme le montre le recul brutal de l’espérance de vie, revenue dans certains pays d’Afrique au niveau du début des années 1970.

Le sida tue massivement (il a fait dix fois plus de morts l’année dernière en Afrique que n’ont fait de victimes l’ensemble des conflits du continent). Et, en entraînant la disparition de personnels formés et qualifiés, il déstabilise des secteurs entiers de la société, de l’éducation à la santé, du secteur productif à celui des forces de sécurité. Enfin, il est clair que les conflits, qui bouleversent les modes d’organisation sociale et qui détruisent les infrastructures, notamment sanitaires et médicales, constituent malheureusement des terreaux propices à la propagation de la pandémie - quand les exactions et les violences sexuelles commises par les combattants eux-mêmes ne contribuent pas directement à l’expansion de la maladie.

Il faut donc favoriser la mobilisation et la coordination de toutes les instances concernées, chacune devant tenir son rôle en fonction de la nature des problèmes et des enjeux abordés.

Monsieur le Président,

Les efforts de tous sont nécessaires et je crois qu’il convient une nouvelle fois de souligner l’importance de l’action engagée par ONUSIDA et par son Directeur exécutif, le docteur Peter Piot que nous remercions pour être revenu devant le Conseil et nous avoir informé des efforts menés depuis le mois d ejanvier dernier. 34,3 millions de personnes infectées dans le monde, dont 24,5 millions en Afrique, c’est autant de morts en sursis et la menace d’une catastrophe humaine sans précédent dans l’histoire récente si nous ne trouvons pas rapidement des solutions.

La mobilisation progresse et l’Union Européenne la France se félicite de la tenue de la 13ème Conférence Internationale sur le sida à Durban, sur une terre africaine si durement meurtrie par la maladie.

Monsieur le Président,

Le Conseil s’est à nouveau réuni aujourd’hui pour adopter une résolution. Ce texte se concentre sur la question de l’impact de la pandémie sur les opérations de maintien de la paix, et de la santé des personnels, civils et militaires, qui participent à ces opérations. Cette résolution montre que le Conseil de Sécurité s’efforce de veiller à ce que soit protégée la santé de ces personnels, et celle de leurs proches. Elle incite également au développement d’actions de prévention de la maladie dans le cadre des opérations de l’ONU.

Les personnels des OMP sont en effet, comme les autres, soumis au risque d’exposition au sida, qu’il s’agisse des personnels opérationnels eux-mêmes, notamment les effectifs militaires, ou encore des équipes de soutien, médical ou dentaire, qui assurent leurs soins.

L’Union Européenne se félicite de l’adoption de cette résolution qui montre que, dans son domaine de compétence, le Conseil de Sécurité s’efforce de prendre en compte cette grave question. Aucun effort ne saurait être négligé pour mener le difficile mais essentiel combat contre le sida.



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