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17 novembre 2003 - SIDA : Intervention de M. Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Le Secrétaire général l’a marqué avec force : la lutte contre le SIDA doit rester au centre de nos préoccupations. Nous appuyons sans réserve l’action déterminée qu’il mène pour que les Nations Unies s’y consacrent par tous leurs moyens.

Depuis l’adoption de la résolution 1308 en juillet 2000, le SIDA a malheureusement continué a décimer des populations entières. Des générations de femmes et d’hommes ont été arrachées à la vie, d’innombrables enfants sont devenus orphelins, des sociétés sont profondément meurtries et déstabilisées. Nous connaissons les conséquences de la pandémie sur l’organisation sociale, l’administration, les infrastructures, y compris sanitaires et médicales, la production agricole, l’éducation. Dans certaines régions, en particulier en Afrique, la situation est devenue tragique.

Et pourtant des signes d’espoir sont apparus, qui nous laissent penser que la progression du SIDA n’est peut-être plus une fatalité insurmontable. La prise de conscience des enjeux est désormais universelle, comme l’a montré la réunion de haut-niveau de l’Assemblée générale en septembre dernier. Nous commençons à en voir les effets, dans nos politiques nationales, dans les progrès que nous réalisons dans les enceintes internationales. Je pense en particulier à la mise en place du Fonds mondial pour la lutte contre le HIV/SIDA, la tuberculose et le paludisme ou encore aux décisions de l’OMC en faveur de l’accès des plus pauvres aux médicaments.

Ce combat exige cependant une mobilisation exceptionnelle, dont nous partageons tous la responsabilité. Nous devons redoubler d’efforts pour tenir les engagements pris ensemble aux Nations Unies en 2001. Vous connaissez l’engagement de la France et des Européens dans cet effort. Le Président de la République française en a rappelé le sens devant l’Assemblée générale en septembre dernier. Il vise à répondre à ce qui est désormais, comme l’a déclaré le Directeur général de l’OMS, une urgence sanitaire mondiale.

Dans cette action collective, le Conseil de Sécurité doit continuer à jouer tout son rôle. Nous avons en mémoire la réunion importante du 10 janvier 2000 consacrée à l’impact du SIDA sur la paix et la sécurité en Afrique. La résolution 1308 s’inscrit dans la suite de ce débat. Notre première responsabilité est de l’appliquer rigoureusement.

Il est donc utile de faire le point régulièrement et je remercie à cet égard le Docteur Piot, dont nous saluons les efforts inlassables, et Jean-Marie Guéhénno pour leurs exposés très complets. La France se réjouit naturellement des mesures prises et des actions mises en œuvre, ainsi que de la coordination de tous les acteurs. Elles doivent être poursuivies sans relâche.

Nous y travaillons également pour ce qui nous concerne. La lutte contre l’infection par le HIV/SIDA est l’une des priorités des armées françaises, qui, comme vous le savez, sont présentes sur de nombreux territoires particulièrement touchés par la pandémie. La France est associée aux directives et aux programmes développés par le DOMP. Elle a élaboré des programmes nationaux fondés sur des stratégies à long terme, dans la logique de la résolution 1308. La prophylaxie s’appuie sur un ensemble de mesures collectives et individuelles, qui reposent essentiellement sur l’efficacité de la formation, la prévention, le dépistage et les conseils volontaires et confidentiels. Elles forment désormais l’un des volets importants de la préparation des forces armées aux opérations de maintien de la paix.

La France poursuivra cette action et continuera bien entendu d’appuyer celle d’ONUSIDA, du DOMP et de tous ceux qui sont concernés. Elle est prête à partager son expertise et son expérience si cela peut contribuer à l’amélioration et à la coordination de nos efforts. Il est important que le Conseil de sécurité pour sa part continue à suivre la mise en œuvre de la résolution 1308.

Au-delà, nous sommes tous conscients de l’enjeu géostratégique qu’est devenu la pandémie du SIDA. Il s’agit sans aucun doute de l’une des menaces les plus fondamentales et les plus pressantes auxquelles notre monde doit faire face. Dans plusieurs régions, elle obère non seulement le progrès et le développement mais la paix et la sécurité elles-mêmes. En retour, la violence et l’instabilité accroissent les risques d’exposition à la maladie. La lutte contre le SIDA doit donc devenir un volet important des actions que nous menons pour prévenir les conflits et pour assurer l’avenir des sociétés qui en sortent.

Nous savons que les agences des Nations Unies ont déjà le plus souvent intégré cette priorité dans leurs activités et leurs programmes. Elle doit devenir systématique, en fonction naturellement des spécificités de chaque situation. Nous devons également approfondir notre travail sur les liens entre le SIDA et la paix et la sécurité. Le Secrétaire général pourrait inclure un chapitre particulier dans ses rapports annuels. Je note aussi la proposition de notre collègue britannique de rapport formel du Secrétariat en 2004 sur la résolution 1308. Je suggère que le Conseil de sécurité pour sa part réfléchisse, avec le Conseil économique et social, aux moyens de répondre plus efficacement à ces enjeux. Nous complèterions ainsi notre contribution à l’indispensable mobilisation de tous./.



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