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18 décembre 1998 - Sierra Leone : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je voulais d’abord remercier M. Bernard Miyet pour l’exposé qu’il a fait sur la situation en Sierra Leone, au nom du Secrétariat, et remercier l’Ambassadeur Dahlgren pour l’exposé fait suite à sa visite dans la région en sa qualité notamment de Président du Comité des sanctions sur la Sierra Leone.

Ce que nous observons à la lumière de ces exposés, c’est que subsistent d’importantes difficultés en Sierra Leone, des difficultés graves qui affectent la situation humanitaire de la population. On rencontre encore de nombreuses violations des droits de l’homme. Il y a eu, par ailleurs, ces exécutions que nous avons d’ailleurs tout à fait réprouvées. Sur le plan militaire, il y a toujours — et M. Miyet nous l’a rappelé — un certain nombre d’attaques des parties rebelles.

Cependant, à la lecture du rapport du Secrétariat, nous observons quand même quelques faits nouveaux encourageants et en particulier ce sommet récent qui a rassemblé les Présidents Kabbah, Taylor et Conte, et qui peut permettre d’envisager un rapprochement entre les trois pays, puisqu’il est assez clair effectivement que la situation interne en Sierra Leone dépend aussi du contexte régional. Donc tout ce qui peut être fait pour rapprocher les trois dirigeants des trois pays doit être tout à fait encouragé. Je signale d’ailleurs au passage que les trois Présidents participaient, parmi de nombreux dirigeants africains, au Sommet France-Afrique qui s’est tenu à Paris, il y a quelques semaines.

Sur le plan interne, il est clair qu’il n’y a pas d’autre solution que le dialogue et que la condition de ce dialogue c’est bien sûr l’arrêt des hostilités de la part des rebelles. Reconnaissons d’ailleurs qu’en Sierra Leone, c’est comme dans de nombreux pays d’Afrique où existe une situation de guerre civile : il faut arrêter les hostilités et il faut établir un dialogue entre le Gouvernement et ceux qui contestent parfois son autorité.

La solution passe aussi par l’aide aux initiatives régionales, c’est-à-dire par le soutien au travail et à l’action du Groupe de contrôle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG). C’est ce que nous faisons par nos résolutions. C’est ce que font un certain nombre de pays donateurs qui apportent leur soutien à l’ECOMOG. La France apporte également son soutien sous forme d’aide bilatérale par un soutien aux contingents de la Guinée-Conakry qui participent aux actions de l’ECOMOG en Sierra Leone.

Enfin, je voudrais me référer également à ce qu’a dit notre Président du Comité des sanctions sur la Sierra Leone. Il faut effectivement continuer à s’interroger sur l’efficacité de notre politique d’embargo sur les livraisons d’armes aux parties rebelles en Sierra Leone. Il faut effectivement s’interroger sur l’efficacité de notre politique et sur la possibilité de la renforcer de manière à contribuer ainsi à l’apaisement des tensions et à la fin du conflit en Sierra Leone.

Je vous remercie, Monsieur le Président, d’avoir organisé ce débat public sur une situation qui reste préoccupante même s’il y a quelques signes encourageants.



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