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19 janvier 2000 - La situation au Burundi : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je mesure, comme chacun des membres ici présents, l’honneur qui nous est fait de saluer la présence parmi nous du Président Mandela ainsi que celle du Secrétaire général et je vous remercie à ce sujet, Monsieur le Président, de l’hommage tout à fait émouvant que vous avez rendu au nom du Conseil au Président Mandela. On ne pouvait dire mieux.

Monsieur le Président, les mots que nous prononçons ne sont, ni de circonstance, ni de convenance. Ce conflit, au Burundi, était interminable, il était sans espoir. Tout peut changer, tout a commencé à changer avec l’arrivée du Président Mandela, grâce à son prestige, grâce à son autorité morale, grâce à son énergie, mais grâce aussi et surtout à sa générosité et à son engagement inlassable en faveur de la démocratie, mais aussi de la réconciliation nationale. Car telle est bien la clé de la solution au Burundi : la réconciliation nationale.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous appuyons entièrement les efforts de M. Mandela dans la ligne de ceux du Président Nyerere. Nous appuyons en particulier la volonté du Président Mandela de faire participer les groupes armés aux négociations inter-burundaises. Il s’agit-là d’un point essentiel. Il faut espérer que l’inclusion de toutes les parties burundaises aux négociations permettra, le plus tôt possible, l’arrêt des hostilités.

Nous saluons aussi le souhait du Président Mandela de se rendre au Burundi comme il l’a annoncé afin de s’assurer que la population, la population tout entière du Burundi, soit bien informée du processus de paix.

A travers l’Union européenne, la France apporte sa contribution au financement du processus d’Arusha. Elle est en outre prête à apporter son aide à des actions concrètes de soutien aux négociations.

Monsieur le Président, nous déplorons les violations des droits de l’homme au Burundi, la reprise des violences qui sont indissociables. Nous condamnons les attaques commises par des groupes armés contre les civils et contre le personnel des organisations humanitaires.

Mais nous sommes préoccupés par le regroupement forcé des populations civiles. Nous observons à cet égard que dans la régoin des Grands lacs africains plusieurs pays ont recours à cette pratique des regroupements forcés pour faire face à des problèmes de sécurité. Nous déplorons cette pratique dans tous les pays de la région où elle est mise en oeuvre et nous appelons à sa cessation immédiate. A cet égard nous prenons note de l’annonce qui a été faite par le gouvernement du Burundi de procéder, je cite, au démantèlement progressif des sites de protection. Nous appelons le gouvernement du Burundi à mettre en oeuvre cet engagement et, dans l’intervalle, à assurer l’accès à l’aide humanitaire.

Monsieur le Président, la reprise du processus d’Arusha et sa poursuite doivent être appuyées par la communauté internationale de manière très concrète. La détresse économique dans la région aggrave les tensions. Il faut sortir de ce cercle vicieux. Il faut donc mobiliser les efforts d’aide de tous pour favoriser la reconstruction économique et la démocracie.

Enfin, comme chacun l’a jusqu’à présent observé, le Conseil doit avoir à l’esprit les liens avec la situation en République démocratique du Congo, dont les conséquences affectent gravement la situation au Burundi. La mise en oeuvre de l’accord de Lusaka pour résoudre le conflit en République démocratique du Congo est nécessaire pour permettre le redressement plein et entier du Burundi. Le processus d’Arusha et le processus de Lusaka doivent mutuellement s’appuyer. Il est difficile de concevoir une paix durable s’il ne s’agit pas d’une paix d’ensemble, compte tenu des interactions qui peuvent exister entre les différents pays de la région et qui devraient nous conduire effectivement, comme vient de le rappeler l’ambassadeur d’Argentine, à envisager comme un aboutissement une conférence internationale sur la paix dans la région des Grands lacs.

Je vous remercie, Monsieur le Président.



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