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19 janvier 2001 - Le VIH/SIDA et la sécurité internationale : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France s’associe par avance à la déclaration que l’ambassadeur de Suède, président en exercice de l’Union européenne, va prononcer plus tard dans notre débat au nom de l’Union européenne. Je voudrais néanmoins, au nom de la France, remercier M. Jean-Marie Guéhenno ainsi que le Docteur Piot de leurs interventions. Je voudrais également les remercier de leur action. La France s’inscrit parmi les délégations qui reconnaissent les progrès accomplis, qui les saluent, et nous avons entendu à l’instant l’annonce de nouveaux progrès. D’autres progrès sont nécessaires, je le reconnais, mais saluons ceux qui ont déjà été accomplis.

Nous sommes confrontés à la plus grave épidémie frappant l’humanité depuis, probablement, le Moyen Age. Cette épidémie, au-delà de ses effets sur la santé de populations entières, a provoqué le recul du développement et des menaces sur la stabilité et la sécurité de pays entiers, voire même de régions entières. Des progrès, trop lents, dans la recherche, la mise au point de médicaments ont permis de bloquer le progrès de l’épidémie dans les pays du nord. Aujourd’hui, le problème principal auquel nous sommes confrontés est le suivant : les malades, par millions, par dizaines de millions, sont essentiellement au sud ; les médicaments, désormais disponibles pour sauver des millions de vies, sont essentiellement au nord. Dans ce divorce, il y a quelque chose d’inacceptable, de moralement inacceptable. Le devoir de la communauté internationale est d’apporter une réponse à cette situation. Comment faire ?

Lors du premier débat qu’à l’initiative de l’ambassadeur Holbrooke le Conseil de sécurité a tenu, il y a un an, sur ce dossier majeur, la France a proposé la tenue d’une réunion internationale consacrée à l’accès aux traitements ; une conférence internationale qui associerait les pays donateurs, les pays bénéficiaires, l’industrie pharmaceutique et les associations de patients. L’objet de cette réunion sera de trouver des solutions durables au problème de la prise en charge globale des malades dans les pays en développement, au moyen de projets concrets, au moyen d’accords de partenariats précis en faveur de ces millions de malades qui aujourd’hui n’ont rien, pour les aider à vivre. Pour la France, cette réunion internationale devrait constituer l’une des conclusions opérationnelles de la prochaine session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le Sida.

La réunion internationale que la France propose se tiendra les 30 novembre et 1er décembre de cette année. Le deuxième comité de pilotage pour préparer cette réunion internationale se tiendra à Genève dès le 24 janvier. Permettez-moi de remercier le Directeur exécutif d’ONUSIDA, mais aussi Mme Brundtland, Directrice générale de l’OMS, pour leur aide constante dans la préparation de cette réunion. En conclusion, je voudrais émettre le voeu que cette première année du nouveau millénaire soit marquée, enfin, par la traduction de nos paroles en actes, pour sauver des millions de vies en sursis, aujourd’hui, dans les pays en développement. La France ne ménagera aucun effort dans la poursuite de cet objectif./.



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