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19 juin 2003 - Guinée Bissau : Intervention de M. Michel Duclos, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour la tenue de la présente séance publique. Le fait de réunir ainsi la plupart des acteurs impliqués en Guinée-Bissao me paraît particulièrement opportun, tant il est clair qu’une approche globale des problèmes du pays est nécessaire pour résoudre ceux-ci. Je voudrais ensuite remercier le Représentant du Secrétaire Général, Monsieur David Stephen, pour sa présentation du rapport du Secrétaire Général et pour son exposé très complet sur la situation en Guinée-Bissao.

Malheureusement, il n’y a pas lieu de se réjouir des éléments qui viennent de nous être présentés. La situation en Guinée-Bissao est en effet préoccupante. Depuis notre dernière séance de consultations sur la Guinée-Bissao, en mars dernier, elle ne s’est pas améliorée.

C’est vrai tout d’abord de la situation politique, qui reste instable. La date des élections législatives vient encore d’être reportée. Le recensement électoral, indispensable au caractère juste et transparent du scrutin, n’a toujours pas commencé. Le climat politique est extrêmement agressif et violent. Le financement des élections et des partis politiques n’est pas assuré. La France souhaite dire ici son attachement à ce que les autorités bissao-guinéennes, et notamment le Président Kumba Yala, fassent le nécessaire pour que ces élections se tiennent dans les meilleurs délais, pour qu’elles soient libres, justes et transparentes, en un mot, pour qu’elles soient démocratiques. La France fait également sienne la position européenne selon laquelle, au plus tard trois mois après la fin des élections, le Président et le Vice-Président de la Cour Suprême devront enfin être élus. La tenue des élections, suivie de ces élections à la Cour Suprême, seraient la preuve concrète de ce que le Gouvernement de Guinée-Bissao s’engage sur le chemin de l’Etat de droit. Il va sans dire qu’une implication de la communauté internationale sera également nécessaire pour garantir le bon déroulement et le caractère démocratique de ces élections et la stabilisation de la situation politique. Les donateurs doivent se mobiliser pour assurer les financements nécessaires, et il convient de préciser les modalités d’envoi d’observateurs pour ces scrutins.

La situation des Droits de l’Homme n’est guère plus satisfaisante. A ce sujet, le rapport du Secrétaire Général parle de la persistance d’atteintes à la liberté d’opinion et des arrestations d’opposants et de contestataires. La France condamne de telles atteintes aux Droits de l’Homme avec la plus grande fermeté, et en appelle aux responsabilités du Gouvernement pour faire cesser cette situation.

Le même constat vaut pour l’économie du pays, qui peine à trouver le chemin de la croissance et du développement. La responsabilité en incombe d’abord au Gouvernement de Guinée-Bissao. Les autorités du pays doivent opter pour un dialogue constructif et adopter pleinement la logique du partenariat avec la communauté internationale, préconisée par le groupe de travail ad hoc du Conseil Economique et Social. Elles devront consentir d’importants efforts en termes de bonne gouvernance, et prendre des engagements clairs afin de rétablir la confiance avec la communauté internationale, notamment avec les institutions de Bretton Woods. Ce n’est qu’à cette condition que la communauté des donateurs pourra peser de tout son poids dans la reconstruction du pays.

Monsieur le Président, je pense que la Mission que l’Ambassadeur du Mexique conduira prochainement dans le pays, et à laquelle le Conseil Economique et Social sera représenté, démontrera l’intérêt du Conseil à la solution des nombreux problèmes que le pays doit affronter aujourd’hui. Lors de la Mission que je viens de conduire en Afrique centrale, j’ai en effet pu constater l’impact qu’avait notre Conseil lorsqu’il était d’accord sur un nombre réduit messages forts à faire passer à ses interlocuteurs et qu’il parlait d’une seule voix.

Monsieur le Président, je vous remercie.



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