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2 février 2001 - RDC - Intervention du Président Joseph Kabila devant le Conseil de sécurité : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je voudrais remercier le Président Joseph Kabila de sa présence parmi nous aujourd’hui et de son intervention. Je vous présente, au nom de mes autorités, les condoléances des autorités françaises à la suite de la tragique disparition de votre père, le Président Laurent-Désiré Kabila. Le choix fait par le Président Joseph Kabila, de venir à New York s’exprimer devant le Conseil de sécurité, quelques jours à peine après sa prise de fonction officielle, est particulièrement significatif et encourageant. Ce geste marque assurément le désir d’une véritable relation de confiance et de partenariat entre l’ONU et la République Démocratique du Congo. Nous espérons que cette relation pourra se poursuivre et s’approfondir.

Le Président Joseph Kabila vient de nous confirmer dans son intervention une démarche générale de dialogue et de réconciliation que nous saluons. Le discours qu’il avait prononcé lors de son investiture devant la nation congolaise en contenait déjà les prémisses. Le Président Kabila s’en était entretenu avec le Président Chirac à Paris il y a deux jours.

Monsieur le Président, le Président Chirac vous a déclaré qu’il soutenait votre démarche de paix et de dialogue.

Nous relevons comme un encouragement particulier les engagements pris par le Président Joseph Kabila en faveur de la paix et du rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, par la mise en oeuvre de l’accord de Lusaka et la relance du dialogue intercongolais. Autre motif d’encouragement, le Président veut faciliter le déploiement de la Mission d’observation des Nations unies, conduite excellement par M. Morjane. Le rôle de la communauté internationale est bien, dans ce contexte, d’encourager et de soutenir résolument les autorités congolaises dans la voie de la paix et du dialogue, en leur laissant toutefois, naturellement, le temps de développer ces nouvelles orientations. La communauté internationale doit aussi inciter les autres signataires de l’accord de Lusaka à répondre sans tarder aux ouvertures faites par le nouveau Président congolais.

La position de la France sur la résolution de la crise congolaise est clairement reflétée dans les conclusions du Conseil affaires générales de l’Union européenne. Ma délégation voudrait ici rappeler quelques principes simples qui devraient guider la mise en oeuvre du processus de paix en République Démocratique du Congo :

- Il est essentiel en premier lieu que toutes les parties mettent en oeuvre les engagements qu’elles ont contractés dans le cadre de l’accord de Lusaka et qu’elles respectent les différentes résolutions adoptées par notre Conseil. Le retrait des forces étrangères de la RDC, en particulier le retrait des forces non invitées, est un impératif. Sans ce retrait, il ne pourra pas y avoir de paix durable en RDC.

- Le pillage des ressources naturelles de la RDC doit cesser, comme vient de le dire le Président Kabila. Cette atteinte continue à la souveraineté de la RDC est inacceptable. Ceux qui se livrent à de telles activités devraient être, le moment venu, sanctionnés par la communauté internationale. La France attend à cet égard avec impatience le rapport final du groupe d’experts sur l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC.

- Le mouvement de retrait des forces étrangères de la RDC doit être accompagné par un déploiement rapide de la MONUC. L’observation par la MONUC du désengagement et du retrait des forces ainsi que les rapports réguliers qui en seront faits au Conseil de sécurité constituent pour les parties une garantie et une incitation à mettre en oeuvre leurs engagements. Toutes les parties concernées doivent effectivement assurer la sécurité et la liberté de mouvement de la MONUC. La France est aussi bien consciente des problèmes de sécurité qui peuvent se poser à la frontière de certains pays voisins de la RDC. Elle continue à soutenir le principe d’un déploiement de la MONUC dans les zones frontalières, en particulier à Goma ou à Bukavu.

- Quatrième point : la relance du dialogue national, dans un cadre qui peut sans doute être adapté, devrait faciliter la résolution des difficultés politiques propres aux Congolais. La porte du dialogue intercongolais doit être ouverte à tous, sans préalable, ni exclusive, comme vient de l’indiquer le Président Kabila.

La France encourage enfin le Président Joseph Kabila à poursuivre, comme il vient de nous le dire, les discussions constructives entreprises depuis quelques mois avec le Burundi. La paix dans la région doit être une paix globale et durable pour laisser enfin la place à la mise en oeuvre des politiques de développement, de croissance et de démocratie tant attendues par les populations dans l’ensemble des pays de la région des Grands lacs.

Cette rencontre inaugure une série de réunion qui comprendra, notamment, la venue ici du Comité politique de l’accord de Lusaka les 21 et 22 février. Il faut saisir l’occasion qui se présente pour relancer avec vigueur le processus de paix et hâter le règlement d’un conflit qui n’a que trop meurtri les populations civiles. C’est dans cet esprit que la France travaillera dans les semaines à venir que nous souhaitons décisives./.



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