Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

2 septembre 2004 - Liban : Intervention de M. Jean-Marc de la Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La France se félicite de l’adoption de la résolution importante 1559, qu’elle a co-parrainée.

Le Liban a traversé plusieurs décennies tourmentées. Il a été confronté à la guerre. Sa stabilité intérieure et celle de son environnement régional ont été à de nombreuses reprises gravement menacées.

Sorti de la guerre, le Liban a amorcé sa reconstruction et s’est engagé à affermir l’Etat de droit, fidèle à ses aspirations démocratiques. Après une période fortement troublée, le Liban doit pouvoir retrouver la voie de la confiance et de la prospérité. Cela passe par la pleine restauration de sa souveraineté et le libre exercice de la démocratie.

Le Conseil de sécurité demande, depuis 1978 et bien après qu’il ait constaté le retrait israélien, le respect de l’intégrité territoriale, de l’indépendance politique et de la souveraineté du Liban. Il a régulièrement réaffirmé ces objectifs.

Or, aujourd’hui, des hypothèses graves pèsent sur l’avenir du Liban : l’ingérence syrienne dans la vie politique du pays, et plus particulièrement dans le processus électoral, qui marque la crise actuelle, mais aussi le maintien de l’occupation, la présence persistante des milices armées.

La France est profondément préoccupée par les risques d’un retour en arrière du Liban par rapport aux objectifs constamment réaffirmés par la communauté internationale. C’est pourquoi une mobilisation rapide et une réaction déterminée du Conseil de sécurité nous est apparue indispensable.

Le retrait des forces étrangères de tout le territoire libanais et le démantèlement des milices libanaises et non-libanaises ne doivent plus être différés. Le processus électoral au Liban doit se poursuivre sans aucune interférence étrangère.

Ces demandes que le Conseil de sécurité renouvelle aujourd’hui sont cohérentes avec les positions qu’il a régulièrement prises, depuis plus de vingt-cinq ans. Le Conseil ne commet pas d’ingérence en dénonçant le risque pour la paix et la sécurité internationales de la crise actuelle ; c’est au contraire en s’abstenant que le Conseil cautionnerait l’ingérence inadmissible d’un Etat dans les affaires intérieures d’un autre Etat souverain.

La France estime qu’en réagissant aujourd’hui avec fermeté, le Conseil de sécurité marque sa confiance en l’avenir du Liban. Cet avenir doit passer par la pleine restauration de sa souveraineté et non par l’intensification des ingérences extérieures.

Je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU