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21 septembre 2001 - République centrafricaine : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je voudrais remercier le Représentant du Secrétaire général, le Général Lamine Cissé, de son exposé sur la situation en République centrafricaine et de ses propositions d’action. Depuis son arrivée à Bangui le 29 juillet, en compagnie du général Amadou Toumani Touré, il a accompli un travail remarquable pour aider la Centrafrique et les Centrafricains à surmonter les conséquences désastreuses de la tentative de coup d’Etat du 28 mai.

Je tiens aussi à souhaiter la bienvenue au Représentant de la Banque mondiale, M. Robert Calderisi. Il est essentiel que les institutions de Bretton Woods soient associées précocément aux réflexions du Conseil afin qu’un plan global puisse être élaboré pour le redressement de la RCA. Je crois que c’est un exemple que nous devrions suivre en d’autres occasions. Le Conseil de sécurité doit être, de façon croissante, le lieu d’élaboration de stratégies intégrées de consolidation de la paix.

Comme le souligne le Secrétaire général, les problèmes de la RCA sont en partie des problèmes de développement. De ce point de vue, la réunion qui s’ouvre à Paris le 24 septembre entre le Premier ministre centrafricain et les bailleurs de fonds multilatéraux aura une importance cruciale.

Je limiterai mon intervention à quelques remarques puisque la présidence de l’Union européenne prononcera ensuite une intervention à laquelle la France s’associe pleinement.

Je voudrais reprendre quelques éléments de l’intervention du général Cissé qui me paraissent d’une importance particulière :

- La dimension régionale. Les crises que traverse la région ont des répercussions politiques, sociales et économiques durables dans l’ensemble des pays frontaliers. La présence en RCA de réfugiés congolais, rwandais, tchadiens ou encore soudanais, constitue un facteur supplémentaire d’instabilité. La fermeture des axes routiers ou fluviaux (je pense à l’Oubangui) rend aléatoire l’acheminement des marchandises. Il faut donc tenir compte de l’environnement régional dans l’analyse et la recherche de solutions à la crise centrafricaine.

- Le rôle de la communauté internationale. L’extrême précarité de la situation économique en RCA a sans conteste constitué un facteur déclenchant, même si ce n’est pas le seul, des événements du mois de mai. Elle joue également un rôle un rôle dans la persistance de tensions. Seule la définition et la mise en oeuvre, en concertation avec les institutions financières internationales, d’une politique économique réaliste et de long terme, peut contribuer à une amélioration de la situation.

- La responsabilité des autorités centrafricaines. Il convient cependant de souligner que seul un réel engagement du gouvernement centrafricain en en faveur de la réconciliation nationale et d’une politique économique réaliste, privilégiant, en concertation avec les bailleurs, la lutte contre le pauvreté et la bonne gouvernance, permettra à la RCA de surmonter la crise actuelle.

C’est pourquoi, tout en saluant les progrès déjà réalisés, par exemple la reprise du dialogue avec les syndicats, nous encourageons les autorités à donner des signes politiques forts susceptibles à la fois de rassurer la population centrafricaine et de permettre le retour des réfugiés. L’instauration d’un réel dialogue avec l’ensemble des forces politiques, l’achèvement du processus de désarmement et la poursuite de la restructuration des forces armées sont à cet égard indispensables.

- Le rôle des Nations Unies. La France soutient le renforcement proposé du BONUCA, notamment dans les domaines de la surveillance des droits de l’homme et de l’alerte rapide. L’une des leçons des événements en RCA est que les Nations Unies ne doivent pas se retirer trop tôt et trop brutalement. Ce sont quatre années d’efforts intenses qui sont en jeu : efforts de la MISAB d’abord, jusqu’en avril 1998 ; efforts de la MINURCA ensuite ; enfin, efforts du BONUCA, depuis février 2000. Il faut relancer le processus de paix civile et de réconciliation nationale entamé voilà quatre ans avec la conclusion, en janvier 1997, des accords de Bangui.

Je tiens enfin à souligner l’importance d’un appui au programme de restructuration des forces armées et de collecte des armes.

Un accord assez large se dessine sur les principales recommandations du rapport et les principales propositions du général Cissé. Pour les mettre en oeuvre, une décision du Conseil sera nécessaire. A la lumière des discussions de ce jour, la France a l’intention de soumettre en début de semaine prochaine un projet de déclaration présidentielle./.



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