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22 juin 2001 - Kosovo : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie tout d’abord M. Jean-Marie Guéhenno pour ses commentaires. Ceux-ci complètent utilement le rapport trimestriel du Secrétaire Général sur les activités de la MINUK, que nous avons trouvé excellent.

Le représentant permanent de la Suède exprimera plus tard la position de l’Union européenne. La France y souscrit naturellement. Je ferai simplement quelques observations, à titre national, sur des questions sur lesquelles nous souhaitons plus particulièrement mettre l’accent.

Comme les membres du conseil l’ont tous constaté pendant la mission de la semaine dernière au Kossovo et à Belgrade, il est absolument indispensable que le processus politique en cours au Kossovo se poursuive : le statu quo ne serait ni acceptable, ni soutenable. A cet égard, la promulgation par M. Hans Haekkerup du cadre constitutionnel de l’autonomie provisoire et l’annonce de la tenue d’élections générales le 17 novembre, en application de la résolution 1244, ont ouvert une perspective politique essentielle pour la stabilité du Kossovo.

Il est essentiel de préparer soigneusement ces élections, afin qu’elles contribuent au processus démocratique au Kossovo et que toutes les communautés, notamment les Serbes du Kossovo, puissent y participer. Tout devra être fait pour qu’aucune communauté, à commencer par la communauté serbe, ne reste à l’écart : c’est décisif pour l’avenir du Kossovo. Il appartient aux Serbes du Kossovo de prendre leurs responsabilités. Il est de leur intérêt et de celui des autres communautés de participer aux élections et aux institutions provisoires de l’autonomie qui seront mises en place. Les dispositions prévues dans le cadre constitutionnel pour la représentation des minorités et la défense de leurs intérêts leur permettront de faire valoir leurs droits et de prendre toute leur part dans l’avenir du Kossovo. Nous les appelons à s’enregistrer et à voter.

Je souhaite exprimer par ailleurs notre entier soutien aux mesures énergiques de M. Haekkerup en vue de faire prévaloir la loi et l’ordre au Kossovo. La promulgation par le représentant spécial, le 24 mai, du règlement sur le franchissement illégal des frontières et, le 14 juin, d’un règlement contre le terrorisme, comme le Groupe de Contact notamment l’avait appelé de ses voeux, va dans le bon sens. Le renforcement des contrôles de la KFOR aux frontières et aux limites du Kossovo participe de cet effort. La création par le représentant spécial du nouveau pilier "justice et police" permettra de rendre plus efficace la lutte contre les réseaux de criminalité organisée, la traque des extrémistes et la répression des violences au Kossovo. C’est pourquoi nous appuyons résolument la demande de création d’un nouveau poste de sous-secrétaire général à l’intention du chef de ce nouveau pilier. Plus généralement, il convient que cette nouvelle structure soit dotée d’urgence des moyens nécessaires, sur le plan budgétaire et humain, pour s’acquitter de sa mission.

L’amélioration de la sécurité pour tous, et en particulier pour les minorités, représente un enjeu majeur dans la perspective des prochaines élections. Les extrémistes ne doivent s’attendre à aucune complaisance de notre part. Leur isolement est de l’intérêt de tous. Tous, y compris les membres de la communauté albanaise, doivent condamner vigoureusement la violence et isoler les extrémistes qui restent au Kossovo et à son pourtour.

A Mitrovica, pour favoriser la coexistence des communautés, il est nécessaire de définir et de mettre en oeuvre une stratégie globale et durable, comprenant des mesures d’ordre économique, politique, et sécuritaire. Je me félicite de ce qu’à la suite de la visite du conseil de sécurité au Kossovo, la MINUK ait marqué son intention d’élaborer une telle stratégie.

L’une des recommandations contenues dans le rapport de la mission du conseil de sécurité porte sur la poursuite de l’intensification du dialogue entre la MINUK et Belgrade. Nous y souscrivons sans réserve. Nous saluons l’appel du Président Kostunica en faveur de l’enregistrement de la communauté serbe du Kossovo aux élections générales du 17 novembre. Nous nous réjouissons de la multiplication des contacts entre M. Haekkerup et les autorités yougoslaves, ainsi que de l’ouverture officielle du bureau de la MINUK à Belgrade. Le représentant spécial a soumis aux autorités de Belgrade des propositions visant à favoriser des retours organisés de Serbes déplaces du Kossovo. Ceci va dans le bon sens. Nous sommes convaincus des avantages d’une coopération plus étroite, sur les questions d’intérêt commun, entre les Nations Unies et la Yougoslavie./.



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