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22 mars 2001 - Balkans : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Le représentant permanent de la Suède prendra la parole plus tard au nom de l’Union européenne. Ma délégation souscrit naturellement à la déclaration qu’il fera. Je souhaite simplement souligner ici quelques points plus spécifiques.

La formation récente du gouvernement de M. Matic, sur la base des résultats des élections générales du 11 novembre, est une illustration d’une atmosphère nouvelle en Bosnie-Herzégovine. Après les cinq années de domination nationaliste qui ont suivi la signature des accords de Dayton, l’alternance en faveur d’une coalition de partis pluriethniques, démocratiques et modernes vient de se concrétiser. Tout doit maintenant être fait pour que les espoirs nés dans les urnes ne soient pas déçus. C’est dans cet esprit que le Ministre Védrine s’est rendu à Sarajevo, le 9 mars dernier, pour évaluer les premiers changements intervenus depuis les dernières élections et encourager les nouvelles autorités dans la voie des réformes et de la coexistence des communautés qu’elles prônent.

Monsieur le Président,

Il est essentiel, en effet, que toute l’aide nécessaire soit apportée au nouveau gouvernement de Bosnie-Herzégovine pour qu’il puisse surmonter les défis qui lui sont lancés.

Le plus récent et le plus important de ces défis a été la dissidence des dirigeants du HDZ, qui ont choisi de violer les accords de Dayton. A cet égard, la France a appuyé la décision du Haut Représentant, M. Wolfgang Petritsch, de destituer le membre bosno-croate de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, M. Ante Jelavic. Cette mesure s’imposait. Vu les équilibres institutionnels délicats qui caractérisent la Bosnie-Herzégovine, il est d’autant plus nécessaire de marquer clairement, aux yeux de tous, la nécessité de ne pas dévier du cadre fixé par l’accord de paix. Pour les citoyens bosniens d’origine croate, comme pour les autres ressortissants du pays, il n’y a pas d’alternative à un dialogue démocratique dans le respect des institutions légales.

L’essentiel maintenant est que les nouvelles autorités consolident leur pays et mènent à bien les réformes économiques et sociales dont il a besoin.

La priorité en Bosnie-Herzégovine est la situation économique. L’économie sera déterminante dans les prochaines élections générales de l’automne 2002. Dans ce domaine, les autorités bosniennes doivent être soutenues dans leur détermination à s’impliquer dans les réformes indispensables qui ont été définies à Bruxelles par la réunion ministérielle de la PIC en mai 2000 et dans la feuille de route de l’Union européenne. La lutte contre la corruption doit se trouver au premier rang de ces réformes. D’une manière plus générale, il convient de favoriser tout ce qui peut améliorer l’environnement économique pour susciter la confiance dont les investisseurs ont besoin pour miser sur l’avenir du pays.

Les réformes sont d’abord de la responsabilité des autorités de Bosnie-Herzégovine. Nous les encourageons à poursuivre dans la voie qu’elles se sont tracées. Il faut tenir le cap. La communauté internationale, quant à elle, devra accompagner ce processus. A cet égard, l’Europe a un grand rôle à jouer.

C’est ce que l’Union européenne entreprend, notamment dans le cadre du processus de stabilisation et d’association. Le rythme du rapprochement de la Bosnie-Herzégovine avec l’Union européenne, dans le cadre du processus de stabilisation et d’association, dépendra néanmoins des progrès réalisés dans le respect des critères fixés par l’UE. La France invite donc les autorités de Bosnie-Herzégovine à poursuivre, sur la base des progrès accomplis, leurs efforts.

Les changements démocratiques intervenus en Croatie et en RFY renforcent les chances de la réconciliation et de la coopération des pays des Balkans occidentaux entre eux, malgré la persistance de foyers de tension. Dans ce contexte, la Bosnie-Herzégovine a désormais noué des relations diplomatiques avec l’ensemble de ses voisins. Parallèlement, les entités ont elles-mêmes établi des relations spéciales avec les Etats voisins, ce qui est conforme aux accords de Dayton./.



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